Sécurité routière : alerte sur les équipements routiers !

Sécurité routière : alerte sur les équipements routiers !
Un million de km de routes à entretenir et de moins en moins de budget selon le SER...

Les équipementiers de la route tire la sonnette d'alarme, avec le soutien de Gilles de Robien, ancien ministre de l’équipement et des transports, sur le rôle non négligeable, mais négligé de l'infrastructure en matière de sécurité routière. Outre le véhicule et le comportement du conducteur, les équipements routiers (signalétique, état des routes) aussi peuvent être améliorés.

« Nous ne sommes pas des agitateurs, mais là … », confie Jean-Bernard Conrad, président du Syndicat des équipements de la route (SER) à l’Argus de l’assurance, en marge de la conférence de presse qui s’est tenue le 22 septembre 2015 à Paris. Mais là… les chiffres sont trop mauvais, devine-t-on. Selon le baromètre de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr), le nombre de tués sur les routes a, en effet, augmenté de 4,3% sur les 12 mois glissants de 2015/2014, sachant qu’il avait déjà cru de 3,5 % en 2014 après 10 années de baisse continuelle et qu’il convient d’ajouter à ce funeste score le nombre de blessés (+ 3,5 %) et d'accidents corporels (+ 2,4 %), également en courbe ascendante.

Bientôt le Conseil interministériel de sécurité routière

Ainsi, à J-10 jours du Conseil interministériel de sécurité routière qui promet, le 2 octobre 2015, l’officialisation de mesures coups de poing, le SER - qui n’y est pas convié – a fait entendre sa position, soutenu par Gilles de Robien. L'ancien ministre de l’équipement et des transports (2002 à 2005), a pour lui d’avoir présenté, en 2003, un bilan assez exceptionnel : - 14,5 % d'accidents corporels, -15 % de blessés légers, - 20 % de blessés graves et - 20,9 % de tués sur les routes.

La fin d’un cycle basé sur le « tout répressif »

« Je bous d’impatience de voir les pouvoirs publics se ré-emparer du sujet !, déclare l'homme politique, de droite comme de gauche, la question de la sécurité a, jusqu’ici, trop souvent été réduite au radar ». Lui-même, une fois que l'on épluche son bilan de l'année 2003, a obtenu ses résultats en instituant une pluralité d'actions (aggravation des sanctions pour non-port de la ceinture de sécurité ou du casque, pour l'utilisation du téléphone portable au volant ou pour conduite en état d'alcoolémie, contrôles notamment automatisés accrus de la vitesse etc.) visant quasi-exclusivement le comportement du conducteur ...

Mais aujourd'hui, c’est bien cette politique unique du « tout répressif » que dénonce le SER, avec Gilles de Robien.

« Il faut ouvrir un nouveau débat dans notre pays sur la sécurité routière, nous sommes au bout d’un cycle », assure Jean-Bernard Conrad qui a commandité à Opinion Way un sondage destiné à sensibiliser l’opinion sur l’impact, sur la sécurité routière, de l’infrastructure et de l’équipement routier.

Résultat : les 1043 Français interrogés fin août dernier estiment que :

  • les travaux sont mal signalés (76%)
  • les routes sont étroites, non rénovées (73 %)
  • les routes de montagne n’ont pas de barrières (72 %)
  • les routes sont insuffisamment signalées au sol et via les panneaux (69 %)
  • la visibilité est insuffisante la nuit sur les axes secondaires (65 %)*
  • la rénovation des routes les rendront plus sûres (88%)
  • une harmonisation de la signalisation en Europe serait bienvenue (78 %)

Le conducteur, le véhicule, l'infrastructure... et les équipements

Si la sécurité routière revêt trois composantes : le conducteur (avec le levier répressif du contrôle de la vitesse, de la drogue et de l’alcool et la nécessité constante d'être vigilant sur les comportements), le véhicule (la sécurité embarquée étant en constante progression), et l’infrastructure, quid de l’état des routes et de la signalisation ? La question vaut d'être posée puisque sur 1 million de km à entretenir, 25 % de la signalisation verticale seraient obsolètes. « Ils sont le parent pauvre du débat », regrette le président du SER qui insiste sur la nécessité de préserver le patrimoine routier national.

Patrimoine clairement à deux vitesses… 35 % des Français jugent d'ailleurs que l’état des routes départementales a empiré ces dernières années contre 13 % qui posent ce constat pour les autoroutes. Or, l’Onisr stipule que les  départementales ont concentré 65 % du nombre de tués en 2014 contre 8 % pour les autoroutes. Il paraît utile de rappeler que les autoroutes ne représentent que 0,7 % du réseau routier contre 23 % pour les départementales... Et que sur les routes et chemins communaux (76 % du tissu routier national !), ce serait pire. Des axes secondaires sans péages que, dans un contexte de pouvoir d'achat réduit, de plus en plus d'automobilistes empruntent.

Un budget peau de chagrin

La faute, entre autres, selon le SER au budget consacré à l’entretien des équipements routiers qui décline dangereusement, ne représentant plus que 1 % de la fiscalité routière nationale, soit une enveloppe de 330 M€ contre 470 M€ en 2009. « Où passent les 99 autres pourcents ? », interroge Jean-Bernard Conrad.

Plus de la moitié des Français estiment que les pouvoirs publics ne consacrent, en effet, pas assez de moyens à l’amélioration de la signalisation et des dispositifs de sécurité. Or, comme plus de 65 % des accidents mortels interviennent sur le réseau secondaire, la causalité ne fait guère doute pour le SER. « Il est grand temps de faire un new deal », conclut Gilles de Robien.

*Le pic d’accidents en et hors agglomération a lieu vers 18H (Onisr).

C'est quoi, le SER ?
Le Syndicat des Équipements de la Route (SER) regroupe les principales entreprises des équipements de la route. Avec plus de 60 adhérents (3M, distriroute, Ouest Signalsiation, IsoSign, Thales...) le syndicat représentent un chiffre d'affaires de 1.5 milliards d'euros et plus de 5 000 emplois non délocalisables.

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