Pas de Happy end pour l'union

Cette fin d'année 2014 aura marqué la remise en question complète du projet de fusion des syndicats de la CSCA. Cette nouvelle union syndicale n'a pas vu le jour ce 1er janvier et rien ne laisse supposer que sa naissance soit possible d'ici à fin 2015.

Rien ne change en 2015 pour la chambre syndicale des courtiers d'assurances. Le projet de nouvelle union syndicale, amenant les syndicats membres à fusionner, n'a finalement pas vu le jour ce 1er janvier. Suite à l'assemblée générale extraordinaire qui s'est déroulée le 30 décembre, le président actuel de la CSCA, Hervé Houdard, a en effet constaté que les deux dernières conditions nécessaires à l'union, n'étaient pas encore remplies, à savoir que l'ensemble des syndicats favorables à l'union représentent au moins 700 000 € de cotisations au 31 décembre et, également, plus de deux tiers des adhérents de la chambre syndicale. Bien que huit des dix syndicats membres étaient en accord avec ce projet.

Une union bien trop fragile pour aboutir

Mais face au refus annoncé à la mi-décembre du Sycarif d'adhérer à cette union, cette issue est en réalité une demi-surprise. Le syndicat parisien n'avait en effet pas hésité à parler d'un projet « ni sérieux ni crédible qui ne prenait pas la mesure des enjeux nouveaux ». « D'une certaine façon, il maintient les courtiers dans le doux rêve que la profession peut fonctionner sans rien changer, sans examiner ses performances dans un monde de plus en plus concurrentiel », expliquait Damien Vieillard-Baron, président du syndicat d'Île-de-France.

Pourtant il y a quatre ans, ce projet était porté, certes par le président de l'époque Dominique Sizes, mais également poussé par le syndicat parisien, aujourd'hui réfractaire à cette même union syndicale. « C'est l'incompréhension qui prédomine. Je m'étonne en effet que ce blocage arrive si tardivement et sans sollicitation officielle de la base des adhérents du Sycarif », confie Dominique Sizes, actuel coprésident du syndicat nordiste, le Scan. Une vision que ne partage bien évidemment pas le principal intéressé, le président du syndicat parisien, qui parle, lui, d'un « projet final très éloigné de celui imaginé initialement ».

Mais au-delà de toutes ces considérations, il reste néanmoins à savoir si la fusion des syndicats sera effective un jour. Pour sa part, Hervé Houdard, ne compte pas refermer ce dossier épineux. « Nous ne pouvons que vivement regretter ce résultat, qui met un terme au projet d'union tel qu'il avait été conçu. Pour autant, tout projet de regroupement est loin d'être définitivement abandonné ; de nouvelles modalités pourraient être examinées », confirme le président de la CSCA, qui se laisse quelques mois pour trouver une issue favorable. Mais ce chantier risque bien d'être très difficile à mener pour la présidence en place.

Une union en déshérence

Ce nouveau retournement ne devrait effectivement pas rester sans effet au niveau des syndicats membres initialement favorables. On peut légitimement s'attendre à voir le Syndicat 10, organe représentatif du courtage grossiste, repenser son positionnement alors qu'il s'est rallié à ce projet en septembre avec l'intime conviction que celui-ci était réellement sur de bons rails. Quelle sera aussi l'attitude des syndicats régionaux en accord avec ce projet et qui se sentent en quelque sorte désavoués ? Seront-ils prêts à se remettre en ordre de marche ? Tant de questions sans réponse qui mettent néanmoins en exergue le manque d'unité au sein d'une chambre syndicale où les avis ne cessent de diverger.

Mais pour certains, l'heure n'est pourtant plus aux tergiversations mais bien à la mobilisation, et surtout pour faire face aux évolutions réglementaires qui vont secouer le marché du courtage en 2015. Tel est le cas de Richard Restuccia, président du SMCAR et président délégué de la chambre syndicale, qui invite les syndicats « à mobiliser en interne nos adhérents sur les sujets qui préoccupent la profession et notamment les plus petits d'entre nous (loi « Hamon », le digital, la perte des contrats santé salariés, l'ANI, la DIA 2 ...) ». Il juge en effet que «tous ces sujets font planer sur les courtiers un air d'instabilité.»

SYCARIF : DEUX EXIGENCES FONT DÉBAT

  • Le maintien des règles de majorité des votes dans le cadre du bureau national, qui auraient dû passer dans la nouvelle mouture, pour la plupart des résolutions, d'une majorité simple à une majorité qualifiée « des deux tiers plus une voix ».
  • 70% des cotisations des syndicats membres à remonter auprès de l'organe national de la CSCA, contre 50% prévu dans la nouvelle mouture qui ne verra finalement pas le jour.

Leurs réactions...

Nous ne pouvons que vivement regretter ce résultat, qui met un terme au projet d’union tel qu’il avait été conçu. pour autant, tout projet de regroupement est loin d’être abandonné.

Hervé Houdard, président de la CSCA

La profession a besoin de s’appuyer sur une offre syndicale lisible et sur des représentants unis. l’image que cette issue véhicule n’est pas la meilleure chose qui pouvait arriver au courtage.

Dominique Sizes, coprésident du Scan

Même si le temps n’est plus à savoir qui est responsable de cet échec, le président du syndicat de province que je suis peut légitimement exprimer son sentiment de colère vis-à-vis de l’attitude de certains.

Richard Restuccia, président délégué de la CSCA et président du Syndicat méditerranéen des courtiers en assurances et réassurances (SMCAR)

Cette situation ne sonne pas le glas de l’unification des syndicats du courtage. il faudra bien réaliser ce changement, car le quotidien nous rappelle que la CsCa doit être impliquée, unie et efficiente pour faire entendre la voix du courtage.

Alain Morichon, président du Syndicat français des assureurs conseils (Sfac)

Nous invitons la CsCa et les syndicats partenaires à retrouver la sérénité nécessaire pour une négociation constructive début 2015, et à se retrouver à travers les travaux structurants des commissions métiers.

Damien Viellard-Baron, président du Syndicat des courtiers d’assurance et de réassurance d’Île-de-France (Sycarif)

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