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Patrick Evrard, président d'Agéa : «Si on veut que la fédération reste vivante, peut-être faut-il envisager des réformes profondes»

Patrick Evrard, président d'Agéa : «Si on veut que la fédération reste vivante, peut-être faut-il envisager des réformes profondes»
Patrick Evrard, élu nouveau président de la fédération nationale des syndicats d'agents généraux depuis le 10 juin dernier.

Après une campagne électorale disputée, le nouveau président de la fédération nationale des syndicats d’agents généraux d’assurance, Agéa, engage des travaux qui pourraient conduire à une modernisation de la fédération.

Quelle analyse faites-vous de la campagne électorale ?

Personnellement j’ai vécu cette campagne comme un bien. Michel Picon et moi avions des points de vue différents sur certains sujets. Mais cette confrontation a permis de mettre en exergue des questions que l’on ne se serait peut-être pas posées s’il n’y avait pas eu deux candidats. Et ce qui est fondamental à mes yeux, c’est que l’unité de la fédération a été préservée.

Comment abordez-vous ce mandat de trois ans ?

Je veux mettre en place une politique commune à l’ensemble des syndicats et des structures de cette fédération. C’est essentiel si nous voulons construire pour cette profession une identité forte qui puisse être portée auprès des compagnies, mais aussi partout en France et en Europe. N’oublions pas qu’il y a sur le plan réglementaire des dossiers importants pour la profession. Avec l’entrée en application prochaine de Solvabilité 2, les compagnies pourraient être amenées à prendre des mesu­res qui auront un impact sur nos agences. Sans parler de la transposition à venir de la ­directive sur la distribution d’assurance. Il est important que nous soyons associés aux travaux de la direction générale du Trésor, en amont, et que nous fassions des propositions, en matière de formation continue ou de devoir de conseil, par exemple.

Comment construire cette politique commune ?

Les réponses aux problé­matiques qui se posent à la profession ne doivent pas être issues des seules décisions du comité directeur. L’ensemble de nos structures doit s’emparer des sujets qui auront des conséquences sur l’avenir des agents généraux. Nous sommes donc en train de mettre en place des groupes de travail qui seront composés de membres des bureaux des syndicats de ­sociétés. Leur mission consistera à réfléchir à des problématiques majeures et à présenter leurs travaux aux différentes instances afin que la fédération fasse des propo­sitions fortes. Un exemple : le digital est en train de transformer nos métiers, à tous les niveaux ; ­rémunération, relation avec les clients,?etc. Mais sur ce sujet, les réseaux avancent en ordre dispersé. Je pense qu’il ­serait plus utile de bâtir des propositions qui soient partagées par tous. J’ai confié la respon­sabilité de ce groupe sur le numérique à Pascal Chapelon, président de Réussir, le syndicat des agents généraux Axa qui, après avoir composé son équipe, s’apprête à démarrer les travaux.

Sur quels sujets vont travailler les autres groupes ?

Le groupe intermédiation va s’attacher à la réglementation, à ses conséquences sur le métier et à tout ce qui touche au statut d’agent général. Nous allons également créer un groupe communication pour intensifier les actions de la fédération au niveau national et local. Un autre va travailler sur deux dossiers internes à Agéa : les aides à apporter aux syndicats, soutien juridique pour les uns, aide financière pour les plus petits, et l’évolution de l’organisation de nos instances régionales. Avec la réforme territoriale se pose, en effet, la question de l’adaptation de nos structures. Adopter le même schéma d’organisation que celui qui sera en vigueur en France demain permettrait de constituer des instances régionales dotées de plus de moyens… Par ailleurs, les syndicats, les chambres locales et régionales travaillent aujourd’hui de manière très cloisonnée. Une évolution de notre fonctionnement permettrait d’encourager la concertation, de favoriser l’élaboration de positions communes et de faciliter leur diffusion.

Irez-vous jusqu’à revoir la gouvernance de la fédération ?

À ce stade, rien n’est décidé. L’objectif de ce groupe est d’ouvrir les débats. Par exemple, est-il normal que le président d’Agéa, qui peut être amené à signer des ­accords structurants, ne soit élu que par de grands électeurs ? Agéa est une belle maison mais elle vit sur un modèle qui n’a pas évolué depuis des dizaines ­d’années. Si l’on veut que la ­fédération reste vivante et demeure le centre politique qu’elle est aujourd’hui, peut-être faut-il envisager des réformes profon­des. Le groupe de travail n’en arrivera peut-être pas à cette conclusion, mais les questions sont posées. Rien n’est tabou ! Je souhaite que ce chantier avance vite et si possible le terminer avant la fin de mon mandat.

Avez-vous rencontré la FFSA depuis votre élection ?

J’ai sollicité un rendez-vous avec Matthieu Bébéar, le président de la commission distribution dès mon élection. Nous nous sommes rencontrés mi-septem­bre et nous nous sommes mis d’accord pour fixer un program­me de rencontres plus régulières. Compte tenu de l’importance des sujets qui nous ­attendent – sur le plan réglementaire notamment – il est important que nous ­puissions échanger, voire réfléchir ensemble à l’avenir de la profession, de façon à pouvoir prendre des positions communes, si cela s’avérait nécessaire un jour.

Vous parliez de position commune au niveau européen, par quel moyen ?

Au sein du Bipar qui réunit les familles d’intermédiaires euro­péens, la commission des agents généraux a réalisé un excel­lent travail de lobbying sur la directive intermédiation. Je pense qu’il y a moyen de renforcer encore les échanges et de faire-valoir des valeurs communes, par le biais de chartes, par exemple. Le monde politique en Europe connaît mal notre métier parce qu’il n’est pas exercé dans tous les pays. C’est en parlant d’une seule voix en Europe, comme en France, que nous pourrons défendre nos spécificités et, pourquoi pas, exporter notre modèle de distribution.

Avez-vous d’autres projets en perspective ?

Nous envisageons de créer un service social pour nos adhérents, c’est-à-dire une structure qui réaliserait pour leur compte des prestations telles que la gestion de la paie, l’animation d’un comité d’entreprise pour leurs salariés, voire le recrutement de collaborateurs. Nous n’en sommes qu’au stade de la réflexion, il faudra faire un certain nombre d’études préalables avant de lancer ce service mais je pense que cela pourrait répondre aux attentes des agents généraux, et leur permettre de dégager du temps pour se consacrer à leur cœur de métier.

Composition du comité directeur et des groupes de travail d'Agéa

Fédérer après une campagne disputée

Sa posture de candidat de la continuité aurait pu laisser penser que rien n’allait bouger au sein d’Agéa. Ce n’est pas ce qui ressort des premières mesures prises par celui qui a été élu le 10 juin à la présidence de la fédération nationale des syndicats d’agents généraux. ­Patrick Evrard, qui entend favoriser la coopération entre les différentes instances de la fédération, vient de créer des groupes de travail ouverts aux membres des bureaux des syndicats de sociétés. Le pilotage d’un de ces groupes a même été confié à une personne qui ne figure pas parmi les membres ou les proches du comité directeur : Pascal Chapelon, président de Réussir, le syndicat des agents généraux Axa. Cette décision du nouvel élu peut s’interpréter comme un signal de fin de confrontation et la volonté de rassembler après le scrutin du mois de juin qui l’opposait à ­Michel Picon, du réseau Axa.

Cette campagne électorale, très disputée, comportait, en effet, un risque : celui de voir apparaître au sein de la fédération voire de la profession, des fractures qui auraient mis à mal les ambitions du nouveau président. C’est «une politique commune» que Patrick Evrard veut bâtir au cours de son mandat de trois ans. D’où la décision de créer des groupes de ­travail chargés de faire des propositions sur des sujets de fond – intégration du digital dans les réseaux, conséquences de la réglementation sur le métier, évolution de la communication – qui puissent être défendues par le plus grand nombre, en France et au-delà.

L’un de ces groupes va se concentrer sur le fonctionnement et l’organisation de la fédération. À ce stade, il s’agit surtout de plancher sur le devenir des structures régionales dans le cadre de la réforme territoriale, mais ­Patrick Evrard n’exclut absolument pas d’aller plus loin : «Rien n’est tabou !» Le président d’Agéa pose donc des bases propices à une transformation radicale de la maison des agents généraux… Réforme de la Fédération, évolution numérique, donne réglementaire : l’avancée des ­travaux sur ces ­sujets sera l’occasion de vérifier que la campagne ­électorale n’a pas laissé de traces et de mesurer le degré de cohésion de la profession.

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