Quand la FED dicte la stratégie des assureurs

Quand la FED dicte la stratégie des assureurs

Une étude conduite par BlackRock en partenariat avec The Economist Intelligence Unit pointe une évolution du comportement des assureurs dans leur stratégie de gestion d'actifs, en réponse aux incertitudes relatives à l'évolution des politiques monétaires menées par les banques centrales.

90%

La proportion des assureurs français à citer la faiblesse des rendements comme le principal facteur de changement affectant le secteur.

«Le thème de l'incertitude va nous accompagner jusqu'en 2014. » La sentence, prononcée par Patrick Liedtke, responsable pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique de l'entité « institutions financières » au sein du gestionnaire d'actifs BlackRock, n'est pas anodine : elle reflète un profond mouvement à l'oeuvre chez les assureurs en matière d'allocation stratégique d'actifs. C'est du moins l'un des enseignements de l'enquête conduite par BlackRock, en partenariat avec The Economist Intelligence Unit, auprès de 206 assureurs mondiaux (dont 14 français), en mai et en juillet derniers. La précision calendaire a son importance. Si la faiblesse persistante des taux d'intérêt a largement conduit les assureurs à adapter leurs stratégies de gestion d'actifs, les incertitudes relatives à l'évolution des politiques monétaires menées par les banques centrales - la FED américaine en tête - les poussent aujourd'hui à faire évoluer leur comportement. C'est ce glissement subtil que décèle l'étude menée par BlackRock.

Les Principales évolutions en matière de stratégies d’investissement

En mai 2013, 80 % des sondés avaient reconnu la nécessité de profondes évolutions de façon à dégager des rendements satisfaisants  dans les 3 ans à venir. Le complément d’enquête réalisé en septembre révèle un glissement dans la stratégie, les assureurs diversifiant leurs portefeuilles pour anticiper une hausse des taux, plus de volatilité
et moins de liquidités, en particulier dans le domaine des titres obligataires.

Les taux bas, défi numéro 1

Officiellement, l'ère des taux bas n'est pas totalement révolue. Elle reste d'ailleurs encore le défi numéro 1 du secteur de l'assurance - cité comme tel par 73% des assureurs globalement, et même 90% des Français -, devant des régulations contraignantes (graphique 1). La FED souffle d'ailleurs le chaud et le froid sur le sujet. Après avoir insinué au début de l'été qu'elle pourrait mettre fin à la politique monétaire accommodante qui prévaut depuis quelques années (le fameux quantitative easing, ou assouplissement quantitatif, qui se traduit par un afflux de liquidités et par des taux d'intérêt historiquement bas), la Réserve fédérale américaine a décidé, le 18 septembre dernier, de ne pas modifier sa politique. Pour l'instant.

Les Principaux facteurs de changement pour le secteur de L’Assurance Mondial

La faiblesse des rendements et des réglementations contraignantes
sont identifiés comme les deux principaux facteurs d’évolution
pour le secteur de l’assurance. Même si des divergences subsistent
sur le calendrier, la fin attendue de la politique monétaire accommodante
de la Banque centrale américaine (FED) commence à pousser
les assureurs à revoir leurs stratégies.

Si l'on en croit l'étude de BlackRock, dans l'esprit des assureurs, la remontée des taux d'intérêt ne fait pourtant guère de doute. Reste à savoir quand. Sur ce point, les avis divergent : si 13% des sondés s'attendent à un arrêt du quantitative easing dans l'année qui vient, 52% tablent sur un horizon de un à deux ans, et 35% n'envisagent pas une politique monétaire plus restrictive avant deux ans. Seule certitude aujourd'hui : la nécessité de s'adapter... à l'incertitude, et de commencer à anticiper la future nouvelle donne.

Les stratégies d'investissement changent

De fait, la bascule s'est déjà produite. Lors de la première salve de l'enquête, en mai, 80% des sondés admettaient que leur activité - et notamment leur stratégie d'investissement - devrait s'adapter de façon à dégager une rentabilité adéquate au cours des trois prochaines années. Avec, en tête des mesures citées, une augmentation des allocations à des instruments obligataires plus risqués et à plus fort rendement, tels que les prêts bancaires ou la dette moins bien notée (73% de taux de réponse), et l'adoption de stratégies moins liquides (68%). Des réponses cohérentes avec une poursuite du quantitative easing.

De façon intéressante, la même question posée après l'esquisse, par la FED, d'une inflexion de sa politique, a donné lieu, en juillet, à des réponses moins tranchées et logiquement assez différentes (graphique 2). Les assureurs ne sont plus que 33% à déclarer vouloir prendre davantage de risque et 17% à rechercher des primes d'illiquidité, afin de grappiller du rendement. L'heure est en revanche à la diversification, soit via de nouvelles classes d'actifs obligataires (52%), soit sur l'ensemble de leurs classes d'actifs (48%). Et 47% évoquent des allocations d'actifs plus tactiques que stratégiques. « La seule stratégie possible aujourd'hui est de jouer la carte de la diversification des portefeuilles, de façon à anticiper une hausse des taux, plus de volatilité et moins de liquidités, en particulier dans le domaine des titres obligataires », commente Patrick Liedtke.

Intention d’investir sur des classes d’actifs illiquides

Les assureurs peuvent se permettre d’augmenter leur exposition
sur les classes d’actifs illiquides, de façon à gagner du rendement
tout en réduisant leur exposition à la volatilité des marchés financiers
et aux risques liés aux politiques monétaires.

Miser sur les actifs peu liquides

Pour jouer la carte de la diversification dans ce contexte incertain, les assureurs semblent, pour la moitié d'entre eux, prêts à miser sur des classes d'actifs illiquides comme l'immobilier, les infrastructures ou le private equity (graphique 3). L'objectif ? Gagner du rendement grâce aux primes d'illiquidités, certes, mais aussi et surtout en profiter pour réduire l'exposition à la volatilité des marchés financiers et aux affres des politiques monétaires.

« On observe désormais de la part des assureurs des stratégies de private equity avec des programmes sur plusieurs années. Ce type d'investissement permet une diversification des facteurs de risque et une moindre volatilité, comparé aux actions cotées. Et si dans Solvabilité 2 la charge en capital est facialement élevée (49%), les effets de diversification peuvent permettre d'aboutir à une charge en capital effective inférieure à 30% », relève Patrick Liedtke.

Quant à la dette d'infrastructure, très en vogue actuellement, elle présente aussi des atouts par rapport à de la dette « classique » : diversification, facteurs de risque également décorrélés des décisions de politiques monétaires, cash-flow prévisibles, recovery rate élevé en cas de faillite. « Attention cependant, car derrière les déclarations d'intention sur un thème à la mode, ce type d'investissement nécessite une véritable expertise », prévient Sylvain Favre-Gilly, directeur de la clientèle institutionnelle, BlackRock France.

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