Rapports SFCR, les assureurs peuvent mieux faire !

Rapports SFCR, les assureurs peuvent mieux faire !
kiddy0265 / Getty Images / iStockphoto

Les acteurs de l’assurance maîtrisent mal la forme et le contenu de ces rapports narratifs, passant ainsi à côté de l’enjeu de communication financière d’un tel exercice.

Le compte à rebours est lancé. Il reste aux assureurs trois à quatre mois avant la publication de leurs deuxièmes rapports SFCR, destinés à informer le public de leur solvabilité et de leur situation financière. « Cette seconde année d’exercice va être un vrai test : soit la profession s’améliore, soit elle fait moins bien car les délais sont plus courts », commente Guillaume Rosenwald, directeur général épargne retraite de la MACSF, qui a réalisé un benchmark des SFCR de la place.

Imposé par la directive européenne Solvabilité 2, l’exercice a, en effet, été très diversement suivi l’an dernier, tant sur la forme que sur le contenu. « Il faut rouvrir la question : s’agit-il d’un instrument de conformité réglementaire ou bien d’un instrument de communication financière ? Beaucoup de SFCR sont cachés ou ne sont pas mis en valeur », pointait Actuaris devant un parterre de professionnels en décembre dernier. Sur l’échantillon de 80 rapports qu’il a passés au crible, moins de 10 d’entre eux sont jugés simples et accessibles par le cabinet d’actuariat. Et enco­re, certains ne sont ni téléchargeables ni imprimables, voire cachés dans les mentions légales des sites Internet des acteurs concernés… Bref, de l’aveu de nombreux experts, c’est une occa­sion manquée en termes de communication financière.

Glossaire

  • SFCR (Solvency and financial conditions report) le rapport sur la solvabilité et la situation financière destiné au public, devant être mis en ligne sur les sites des assureurs chaque année. Il doit comporter une synthèse « concise et claire » suivie de cinq chapitres (activité et résultats, système de gouvernance, profil de risque, valorisation et gestion du capital) ainsi que les QRT (états quantitatifs) en annexes.
  • RSR (Regular supervisory report) le rapport régulier destiné au contrôleur envoyé à l’ACPR en France. Il peut être remis tous les trois ans, sauf pour les assureurs ayant un taux de couverture du SCR compris entre 100 et 150 %.

S’adapter au destinataire…

Ces rapports narratifs se heurtent à un écueil. Le public auquel ils sont destinés est hétérogène : assurés, prospects mais aussi investisseurs, concurrents. Or, celui-ci ne dispose pas toujours des clefs pour appréhender un contenu parfois complexe. En matière de pédagogie, les efforts restant à fournir sont à l’image des rapports indigestes atteignant parfois plus de 200 ou 400 pages : immenses ! Autre piège ? Éviter la tentation du « copier-coller ». Plutôt que de rédiger un rapport en bonne et due forme, certains se sont contentés de faire des renvois systématiques vers leur rapport annuel. D’autres ont carrément dupliqué le contenu de leur rapport RSR destiné au régulateur. Des documents tellement détaillés qu’ils en deviennent illisibles.

Les principales lacunes

  • Absence de synthèse ou de QRT
    Sur un échantillon de 70 rapports SFCR étudié par Galea & Associés, 10 % des documents passés au crible n’ont pas présenté de synthèse, comme l’impose pourtant le règlement délégué de Solvabilité 2. En outre, 20 % des assureurs n’ont pas communiqué les états quantitatifs QRT et, lorsqu’ils les publient, 10 % d’entre eux le font dans un document séparé et non en annexes comme demandé.
  • Trop de théorie sur l’activité et la gouvernance
    Dans la partie A du SFCR « activité et résultats », beaucoup d’assureurs ont tout simplement recopié le règlement. Seul un tiers a mentionné leur résultat global, selon Galea & Associés. Guillaume Rosenwald, directeur général épargne retraite de la MACSF, regrette en outre l’absence d’éléments sur la stratégie ou la transformation digitale des groupes d’assurance. Ces rapports pourraient pourtant constituer l’occasion d’expliciter le pilotage et le plan de développement des assureurs. Quant à la partie B « systèmes de gouvernance », généralement la plus détaillée (21 pages en moyenne), elle reste, selon Actuaris, « très théorique », manquant de précisions sur l’organisation interne, les fonctions clefs et leur rattachement hiérarchique.
  • Un tableau incomplet du profil de risque
    Ce sont les trois dernières parties des rapports SFCR qui donnent le plus de fil à retordre aux assureurs, car elles nécessitent de compiler de nombreux chiffres. La partie C consacrée au « profil de risque » est victime de la « rédaction obscure et sujette à interprétation du règlement délégué », juge Actuaris. Ainsi, les sous-modules de risques du SCR ne sont pas mentionnés et la moitié des rapports ne présentent pas de tests de sensibilité. Un assureur sur deux dans le panel étudié par Actuaris n’a pas mentionné l’utilisation de mesures de correction pour volatilité. De même, certains omettent de préciser l’utilisation et l’impact des mesures transitoires sur les provisions techniques, alors que ces dernières permettent de gagner des points de solvabilité. « Quasiment aucun rapport ne quantifie l’incertitude sur les provisions techniques », ajoute même Galea & Associés.
  • Une solvabilité mal appréciée
    Sur les 80 rapports passés en revue par Actuaris, 10 % des assureurs ne fournissent pas le ratio de couverture du SCR (capital de solvabilité requis), qui détermine leur capacité à faire face à un choc, et 33 % ne donnent pas le ratio de couverture du MCR (minimum de capital requis), permettant d’être considéré comme « non défaillant ». Les rapports SFCR ne permettent pas, en outre, d’apprécier le « besoin global de solvabilité ». Cette estimation interne du besoin en fonds propres, qui tient compte de tous les risques (liquidité, cyber...) hors formule standard, est, en revanche, présente dans les rapports Orsa (évaluation interne des risques et de la solvabilité).

… dans le style et le contenu

Cette année, les assureurs vont donc devoir revoir leur copie. « Il faut d’abord effectuer une revue de conformité de vos rapports », martèlent les responsables d’Actua­ris. Les manquements sont, en effet, nombreux (lire encadré). « Beaucoup n’ont pas mis certai­nes informations par manque de temps ou de volonté », souligne Norbert Gautron de Galea & Asso­ciés. Pour « réintroduire du sens », Actuaris conseille de faire du rapport SFCR « un outil de communication interne comme externe » en soignant la forme et en associant le service communication à sa rédaction. Pour la première année d’exercice, beaucoup de conseils d’admi­nistration ont ainsi préféré ne pas lire ces rapports et exigé un powerpoint leur présentant une explication d’ensemble. Il n’est pas nécessaire que tous les administrateurs s’y mettent… « Il faut que quelques-uns, seulement, s’emparent du sujet », juge Norbert Gautron. Ces experts seront-ils entendus ? On le saura dans quelques mois, les résultats étant attendus le 6 mai pour les entités solos et le 17 juin pour les groupes.

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