Santé : Agnès Buzyn lance cinq nouveaux chantiers

Santé : Agnès Buzyn lance cinq nouveaux chantiers
Agnès Buzyn, ministre des Affaires sociales et de la Santé

La ministre des Affaires sociales et de la Santé a ouvert vendredi 9 mars les travaux de la stratégie de transformation du système de santé. Les premières orientations sont attendues fin mai.

Moins d’un mois après l’annonce par le Premier ministre Édouard Philippe d’une stratégie de transformation du système de santé, la ministre des Affaires sociales et de la Santé Agnès Buzyn a présenté, vendredi 9 mars, les cinq chantiers qui la déclineront : qualité et pertinence des soins, financement et rémunération, numérique, ressources humaines et formation, organisation territoriale.

Des thématiques qui se situent aussi en droite ligne de la stratégie nationale de santé présentée en septembre 2017 et répondent à une volonté de réformer une sécurité sociale qui « fait partie de notre patrimoine » pour « l’adapter aux exigences de notre temps ». Il ne s’agit donc « pas d’une énième réforme de l’hôpital » ni « de faire des économies », a poursuivi Mme Buzyn, qui souhaite mettre en place un système davantage orienté vers le parcours du patient.

Objectif fin mai

Chacun des cinq chantiers sera conduit par des pilotes nommés par Agnès Buzyn et chargés de coordonner les consultations. Ces dernières dureront jusqu’à fin mai et se dérouleront selon trois formats : des groupes qualitatifs patients et professionnels ; des consultations territoriales et thématiques sous l’égide des Agences régionales de santé (ARS) ; des consultations nationales institutionnelles nationales impliquant les syndicats, fédérations et associations.

Des mesures dès le PLFSS

A l’issue de ces consultations sera formalisée, pour chaque thématique, une « feuille de route opérationnelle » qui sera soumise à son tour à une « concertation ». Les mesures qui sortiront de ce processus ne se traduiront pas dans une nouvelle loi santé. « Faire une loi n’est pas un objectif en soi », a commenté Mme Buzyn. Si un véhicule législatif est nécessaire pour certains sujets, cela pourrait être le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019, a-t-elle précisé.

La T2A en question

C’est notamment le cas du chantier du financement et de la rémunération. Son enjeu est de traduire les nouvelles organisations de soins et l’effort de prévention dans les modes de rémunération. Il passera, en particulier, par un plafonnement à 50% de la très décriée  tarification à l’activité (T2A) des hôpitaux, comme Emmanuel Macron l’avait promis pendant sa campagne électorale.

Les complémentaires oubliées

Signe de l’urgence de ce chantier, la création d’une « task force » chargée de repenser ces modes de financement. Mais tous les financeurs du système n’y seront pas représentés : les organismes complémentaires n’en feront pas partie, mais seront consultés. Des propositions visant à améliorer la régulation de l’Ondam (objectif de dépenses d’assurance maladie par le Parlement dans le cadre du PLFSS) devront être formulées avant l’été et des propositions de nouveaux modèles de financement seront intégrées dans le PLFSS 2019.

Mesurer la qualité

Ce chantier du financement est aussi étroitement lié à celui de la qualité et de la pertinence des soins. Aujourd’hui, avec la T2A, « un chirurgien qui décide de ne pas opérer n’est pas valorisé », ce qui « ne favorise pas la pertinence », a observé Mme Buzyn. Dans le cadre de ce chantier, « l’idée est de définir ce qu’est un parcours de soins pertinent », a-t-elle précisé. Ce chantier recouvre de nombreux autres enjeux, comme la mesure de la qualité, l’information des patients, le développement de la qualité et de la sécurité des soins. « La qualité des soins n’est pas également répartie sur le territoire », a souligné la ministre, rappelant qu’elle dépend, en matière de chirurgie, du nombre d’actes pratiqués par les équipes. Dans cette logique, le maintien de certaines activités chirurgicales dans des établissements de proximité n’est donc pas au bénéfice du patient, a-t-elle encore expliqué.

Le DMP généralisé

Au chapitre du numérique, Mme Buzyn a évoqué la nécessité d’adopter une « vraie stratégie » pour placer le patient au cœur de l’organisation. Cela devrait se traduire par des objectifs précis, comme l’accessibilité en ligne, pour chaque patient, de ses données médicales, la dématérialisation de l’intégralité des prescriptions ou encore la simplification du partage de l’information entre tous les professionnels de santé. Concrètement, ces objectifs doivent s’incarner dans la généralisation du Dossier médical partagé (DMP), attendue depuis plus de dix ans, ou encore de la télémédecine. Sur ce sujet, Mme Buzyn a fait un aparté sur les négociations conventionnelles en cours, pour lesquelles elle souhaite « un accord rapide », avec une « signature avant l’été » pour pouvoir mettre des mesures à l’automne compte tenu des délais de recours.

Décloisonner ville et hôpital

Quant à l’organisation territoriale des soins, elle recouvre essentiellement des enjeux de décloisonnement du système de santé et de virage ambulatoire. Pour Agnès Buzyn, qui souhaite continuer à structurer les soins de ville, «l’exercice isolé devra devenir l’exception». La concertation devra déboucher, d’ici la fin de l’année, sur quelques expérimentations territoriales de « modèles totalement nouveaux transcendant les clivages actuels ville/hôpital/médico-social ».

Enfin, le chantier des ressources humaines et de la formation devrait s’attaquer en priorité à la crise du monde hospitalier, puisqu’il est question d’un travail de fond sur le dialogue social et de gestion du changement et des organisations du travail au sein des établissements publics ou privés.
 

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