Sécu : controverses autour du coût des arrêts maladie

Sécu : controverses autour du coût des arrêts maladie

Le président de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), Michel Régereau, a vivement réagi aux données sur l'évolution « préoccupante » des dépenses liées aux arrêts maladie, communiquées cette semaine par la Mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (Mecss) de l’Assemblée nationale.
Les dépenses d'indemnités journalières au titre de la maladie ont connu une « progression dynamique », à savoir une hausse de près de 50% passant de 4,3 Md€ en 2000 à 6,3 Md€ en 2011, indiquait la Meccs, dont le rapport d’information n’est pas encore édité.

La Mission, qui a conduit ses travaux sur la base d’un rapport de la Cour des Comptes, critiquait notamment la politique de contrôle menée par l'Assurance maladie, « Elle est perfectible », car ces contrôles « s'avèrent peu sélectifs et ne jouent pas forcément leur rôle de dissuasion », estime la rapporteure de la mission sur les arrêts de travail, Bérengère Poletti (UMP). Alors que 90% des contrôles concernent des arrêts longs (plus de 45 jours), elle préconise de les étendre aux arrêts de moins de sept jours.

Une présentation en trompe l’œil

Dans un communiqué diffusé jeudi soir, Michel Régereau, prend ses distances avec la présentation de la Meccs, qui estime que cette « présentation insiste spectaculairement sur l’augmentation des montants consacrés à l’indemnisation des arrêts (+ 47 % de 2000 à 2011) ».

« Il se trouve que cette augmentation est du même ordre de grandeur que l’évolution, sur la même période, de la masse salariale et du smic horaire, deux données qui influent mécaniquement et fortement  sur le paiement des indemnités. Si l’on s’intéresse non pas aux montants mais au nombre de journées d’arrêt indemnisées, celui-ci a diminué de - 3 % entre 2002 et 2012 », rectifie-t-il.

Il ajoute que l’assurance maladie continue un « travail pédagogique » vis-à-vis des médecins prescripteurs d’arrêts de travail, une action qui a « largement contribué à la sous exécution de l’Ondam soins de ville en 2012 ».

Un objectif irréaliste

Par ailleurs, des médecins ont  critiqué sur Twitter la proposition de la Meccs d’étendre les contrôles aux arrêts de moins de sept jours. Ils soulignent qu’un tel objectif est impossible à atteindre sans dématérialisation, comme pour les feuilles de soins électroniques qui tendent à remplacer les feuilles de soins papier pour les consultations médicales. Compte tenu des deux jours qu’à un assuré pour envoyer son arrêt de travail à la Sécu et des délais postaux, cet objectif est en effet irréaliste.

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