Sécurité routière : le Sénat vent debout contre le plan du gouvernement

Sécurité routière : le Sénat vent debout contre le plan du gouvernement
DUARTE Laetitia DUARTE FILET Laetitia

Les sénateurs réclament à Matignon les résultats de l’expérimentation de la limitation de la vitesse sur les routes à 80 km/h. 

Le monde de l’assurance plébiscite la mesure. Mais elle ne convainc pas tous les parlementaires. Pour atteindre l’objectif de diviser par deux le nombre de morts sur les routes d’ici 2020, le Premier Ministre Edouard Philippe a annoncé une série de mesures, parmi lesquelles la limitation de la vitesse sur les routes secondaires à 80 km/h à partir du 1er juillet 2018.
Sans surprise, les sénateurs, qui disposent électoralement d’une forte base dans les territoires ruraux, sont vent debout contre cette mesure dont ils doutent de l’efficacité. Mercredi 24 janvier, la commission des lois et la commission de l’aménagement du territoire de la chambre haute ont ainsi auditionné le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe qui s’est trouvé quelque peu malmené.


Commission d’enquête
En effet, malgré les demandes nombreuses et insistantes du Sénat - et notamment les courriers de son président Gérard Larcher (LR) et du sénateur Michel Raison (LR, Haute Saône) – Matignon n’a jusqu’ici pas transmis aux parlementaires les résultats de l'expérimentation à 80 km/h menée sur 3 tronçons routiers entre 2015 et 2017.

« Nous attendons toujours de connaître les résultats et la valeur scientifique des études et de l’expérimentation que nous avons demandés par courrier au Premier ministre, dès le jeudi 11 janvier. Si cela s’avérait nécessaire, les commissions pourraient demander les prérogatives d’une commission d’enquête pour obtenir communication de ces documents. La sécurité routière est un enjeu essentiel, qui mérite davantage que des effets d’annonce », mettent en avant les commissions des lois et de l’aménagement du territoire. Ces dernières ont créé un groupe de travail sur la sécurité routière - composé de trois membres, Michel Raison (Haute-Saône – Les Républicains), Michèle Vullien (Rhône – Union Centriste) et Jean-Luc Fichet (Finistère – Socialiste et républicain) – en vue de mener une table ronde ouverte à l’ensemble des sénateurs.


Débat sur les causes de la mortalité
Le délégué interministériel a défendu la mesure, arguant que la vitesse est le principal facteur dans l'accidentalité routière. Selon lui, cela aurait été démontré en France entre 2002 et 2005, alors que les vitesses moyennes constatées avaient diminué de 7% en même temps que le nombre de décès sur les routes avait baissé de 37%. Des statistiques faussées selon les sénateurs, qui s’interrogent sur la possibilité de moduler les limitations de vitesse en fonction de l'infrastructure et de l'accidentalité constatée sur les différents tronçons routiers au lieu d’instaurer une baisse généralisée. D’autres pointent l’absence de travaux d’amélioration du réseau routier. Pour le gouvernement, le travail de pédagogie reste entier.

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