Sommet mondial – Davos – Crise : L’horizon reste incertain

 

À Davos, politiques et économistes étaient en désaccord. Certains croient à une reprise, d’autres en des temps difficiles. Les risques, eux, se multiplient.

L’avis de l’invité : Gilbert Canameras, président de l’amrae

 « L’instabilité financière, fiscale et politique des États »

les rapports annuels du Foruméconomique de davos sur les risques globaux ont le mérite de mesurer, d’une année sur l’autre, l’évolutiondes préoccupations des grands dirigeants du monde. au-delàdes considérations conjoncturelles, il est notable de constater –et cela devrait faire réfléchir les grands décideurs de la planète– quedeux risques majeurs persistent d’une année sur l’autre : les risques liés à l’environnement avec les conséquences en matière de catastrophes naturelles et de développement durable; et les risques liés à la grande mobilité des populations et l’interconnexion des risques entraînant, par exemple, des possibilités de pandémie oudes désastres informatiques. À ces deux risques s’ajoute un troisième, nonnégligeable puisqu’il prend lapremière place, celui de l’instabilité financière, fiscale et par voie de conséquencepolitique des états avec toutes les conséquences possibles pour ledéveloppement économique. Or, ce risquedit politique, qui ne concerneplus seulement les pays émergents, a été identifié commemajeur par l’amrae depuis plus de deux ans déjà.

 

Si l’atmosphère était nettement moins anxiogène que début 2012, la 43e édition du Forum économique mondial de Davos (du 23 au 27 janvier) s’est malgré tout révélée quelque peu tendue. « La reprise reste poussive, et l’incertitude grande », a résumé Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international (FMI). À 3,5% prévus pour 2013, la croissance mondiale sera à peine supérieure à celle de 2012, et verra ses gagnants et ses perdants. «Certes, les contraintes à court terme ont sans doute été atténuées, mais les tensions à plus long terme sont toujours là. Nous avons évité l’effondrement, mais le danger n’est pas écarté »,amartelé la directrice générale du FMI, affirmant que 2013 sera «une année décisive ».

Déséquilibres budgétaires chroniques

Si la crise dans la zone euro semble provisoirement s’être éloignée, la Coface, à l’occasion de sa conférence annuelle sur les risques pays (le 22 janvier, à Paris), rappelle néanmoins que plusieurs pays européens sont fragiles. La France est dans une dynamique «préoccupante » de hausse du coût des défaillances, et les entreprises espagnoles et italiennes sont très loin d’être tirées d’affaire. L’assureur-crédit souligne, en outre, que la confiance des PME reste fragile au Japon et aux États-Unis. D’ailleurs, sans surprise, les risques économiques arrivent en bonne place dans les cinq premiers de l’enquête annuelle Global Risks 2013, publiée en marge
du forum de Davos. Si les profondes disparités de revenus figurent à la première place pour les mille experts et leaders interrogés
dans le cadre de cette enquête, les déséquilibres budgétaires chroniques arrivent, là aussi comme en 2012, à la deuxième place des risques qui ont le plus de chances de se matérialiser au cours de l’année. Même si, pour une majorité des sondés, c’est avant tout le risque financier systémique qui aurait le plus grand impact. Dans une autre étude publiée à Davos, les PDG interrogés par PwC ont, quant à eux, répondu à 75%qu’ils craignaient l’agitation sociale dans certains pays où ils sont implantés, et à 67% une récession
aux États-Unis. Seule évolution notable dans l’étude Global Risks 2013, parmi les cinq risques identifiés comme étant les plus susceptibles de se matérialiser, les cyber-attaques quittent le classement, chassées par la mauvaise gestion du vieillissement de la population au niveau mondial. Le FMI a souligné qu’a contrario, la profonde mutation démographique dans plusieurs pays émergents (au Moyen-Orient, 60% de la population ont moins de 30 ans) pouvait être une source d’instabilité. Toutefois, la «véritable inconnue », relevée dans toutes les analyses, concerne « l’aggravation des facteurs de vulnérabilité en raison de la rareté des ressources naturelles et du changement climatique, d’où le risque de profondes perturbations économiques et sociales », selon Christine Lagarde.

"nous avons évité l’effondrement, mais le danger n’est pas écarté."

Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international

 

Pédagogie et prévention


des risques Malgré tous ces signaux d’alerte, bon nombre d’observateurs ne se satisfont pas, ou plus, que ces beaux discours ne soient jamais traduits en décisions et actions concrètes. « L’enquête Global Risks étudie des scénarios intéressants. Quand on regarde la cartographie des risques, on s’aperçoit qu’aucune dimension n’est fixe, le terrain est terriblement mouvant. En tout cas, j’en tire le constat qu’il est urgent de se mobiliser, au lieu de se complaire à regarder de jolies cartographies en 3D et en couleurs! On dirait le commandant de bord d’un avion qui regarde avec fascination le sol arriver sans redresser l’avion », s’énerve Patrick Lagadec, directeur de recherche au laboratoire d’économétrie du département d’économie de l’École polytechnique. À ses yeux, les assureurs et réassureurs (1) ont d’ailleurs un rôle prépondérant à jouer en matière de catastrophes naturelles, en faisant oeuvre de pédagogie et de prévention des risques.

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