Taux bas : Comment l’ACPR entend tester la solidité des assureurs français

Taux bas : Comment l’ACPR entend tester la solidité des assureurs français
Pour Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président de l'ACPR, « à moyen terme, le contexte de taux bas que nous traversons induit des risques pour le secteur de l'assurance ».

L’ACPR compte profiter de l’exercice européen d’ORSA 2015 pour mener ses propres tests de résistance face à la double menace d’un environnement prolongé de taux très bas et de leur remontée brutale lorsque la BCE mettra un terme à son assouplissement quantitatif. L'annonce a été faite lors de la présentation, par l'ACPR, de son rapport annuel 2014.

« Si la situation actuelle ne constitue pas une menace immédiate, à moyen terme, le contexte de taux bas que nous traversons induit des risques pour le secteur de l'assurance ». C’est en ces termes que Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et président de l’ACPR, a résumé l’effet « à la fois très simple et très compliqué » des taux bas sur l’assurance vie française. Présentant le rapport annuel 2014 de l’ACPR, son président a donc une nouvelle fois appelé à la « vigilance sur les taux offerts aux épargnants en assurance vie et sur la qualité des placements ». Il a également profité de l’occasion pour rappeler sa position sur les livrets réglementés, dont le taux, selon lui, devrait « suivre l’évolution du taux de la BCE ».

Profiter de l’exercice ORSA 2015

La nouveauté, c’est que l’ACPR compte profiter de l’exercice de préparation 2015 à l’ORSA (auto-évaluation des risques et de la solvabilité), prévu par le superviseur européen des assurances en vue de l’entrée en vigueur prochaine de Solvabilité 2, pour se faire une idée précise sur la solidité de chaque organisme. « Nous allons demander aux établissements, dans le cadre de l’ORSA qui va avoir lieu, de tester spécifiquement les conséquences de taux très bas et de leur remontée, de façon à pouvoir mesurer de façon individuelle l’exposition de chacun », a ainsi expliqué Robert Ophèle, le sous-gouverneur de la Banque de France. Pour éviter que ce qui ressemble fort à un nouveau « stress test » ne rajoute à la pression ambiante, le sous-gouverneur s’est toutefois empressé de préciser que cette évaluation « est un exercice de supervision normal, dont il ne faut pas faire un évènement anormal ». « Ce n’est pas un exercice public, c’est de la supervision au quotidien », a-t-il ajouté. La remise de copie est prévue pour le 18 septembre.

Couverture à fin 2015

Dans les faits, c’est à la demande de son collège que l’ACPR a décidé de muscler l’exercice 2015 de préparation à l’ORSA, tous étant conscients que les tests de résistance conduits par l’Eiopa fin 2014 sur la base des comptes 2013 des assureurs sont aujourd’hui quelque peu périmés. D’où l’idée de tester des scénarios intégrant la double menace d’un environnement prolongé de taux très bas et de leur remontée brutale lorsque la BCE mettra un terme à son assouplissement quantitatif. L’objectif est notamment de pouvoir mesurer de façon précise le taux de couverture, par le marché français, des futures exigences de Solvabilité 2, et ce sur la base de projections à fin 2015. Autrement dit à la veille de l’entrée en vigueur du nouveau régime.

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