Un redressement spectaculaire mais fragile

Un redressement spectaculaire mais fragile
HERVÉ BOUTET
Coface, Euler-Hermes et Atradius ont présenté des résultats 2010 qui semblent signer la voie du redressement. Mais, après deux années de crise, ce retour aux bénéfices doit s'analyser au regard d'autres facteurs.

Fragilisés en 2008 et en 2009, les assureurs-crédit semblent avoir repris du poil de la bête. Les bénéfices sont de nouveau au rendez-vous et les ratios combinés sont redevenus positifs. En fait, les trois acteurs du marché, Coface, Atradius et Euler-Hermes recueillent les fruits des politiques mises en place dès 2008 : l'impact positif des hausses tarifaires (allant jusqu'à + 30%), une meilleure sélection des risques, et une sinistralité qui renoue avec les niveaux d'avant-crise.

Coface recentre son activité

Ainsi, Coface, qui accusait une perte nette de 163 millions d'euros en 2009 (pratiquement le montant de ses bénéfices de l'année 2007) affiche un résultat net positif en 2010 de 61 millions d'euros, soit, donc, 224 millions « rattrapés ». Son loss ratio (ratio sinistres/primes) affiche un 53%, contre 98% la même année. « Coface a retrouvé une dynamique positive », a commenté Jean-Marc Pillu, nouveau directeur général de Coface. D'ailleurs, la filiale de Natixis a profité de la présen-tation de ses résultats pour dévoiler sa nouvelle stratégie : recentrage sur son activi- té d'assurance-crédit (80% de son chiffre d'affaires aujourd'hui), retrait progressif des services à faible valeur ajoutée (comme le recouvrement pour compte de tiers), et arrêt du projet « notation ». En affacturage, elle compte se focaliser sur les implantations les plus rentables (Pologne, Allemagne), et les plus porteuses de synergies, avec l'assurance-crédit.

Sans surprise non plus, Euler-Hermes a également présenté un bilan 2010 en fort redressement, avec un résultat net de 294,5 millions d'euros en 2010, contre 19 millions en 2009. Cette forte hausse s'explique aussi par l'amélioration du ratio combiné, qui a reculé de 104,7 % à 68,7 %. Idem pour le groupe Atradius, qui, après une perte nette de 113 millions en 2009 (déjà réduite de plus de 40% par rapport à 2008), affiche un bénéfice 2010 de 110 millions.

Une situation toujours tendue

Ce retour aux beaux jours ne doit pas « masquer » la réalité de l'activité des assureurs crédit : leur métier, qui dépend de la santé des entreprises, est extrêmement cyclique, et ces améliorations sont également le « contre-coup » positif de la crise.

« 2010 marque un retour à la profitabilité. Nous avons été particulièrement attentifs aux risques, et les faillites ont légèrement diminué l'an passé. Pour autant, si les entreprises françaises ont à peu près tenu le choc, elles ont souvent été aidées par les banquiers en trésorerie ou par le report des cotisations sociales. La " casse " a été limitée, mais, aujourd'hui, certaines PME sont à bout de souffle. La crise n'est pas derrière elles, et nous restons vigilants », insiste Yves Poinsot, directeur général d'Atradius. Un point de vue partagé par Euler-Hermes. « Par rapport à 2009, année caractérisée par la crise, la sinistralité a fortement chuté en 2010, atteignant un plancher au troisième trimestre 2010. Les déclarations de sinistres ont de nouveau augmenté au quatrième trimestre, signe que la très faible sinistralité observée en 2010 n'est pas un phénomène durable », note le groupe.

L'avenir de Coface toujours en suspens

Retour en Bourse ? Cessions de certaines activités ? Vente ? Sur toutes ces questions, Jean-Marc Pillu, directeur général de Coface, n'a pas souhaité répondre. « Même si Coface n'est plus stratégique pour Natixis, notre actionnaire a quand même démontré sa volonté de nous soutenir en injectant 175 M€ en mars 2010. Pour l'heure, notre priorité est de générer du profit pour notre actionnaire. Ensuite, nous verrons. C'est un pas après l'autre », a-t-il notamment indiqué.

 

2010 marque un retour à la profitabilité. Nos avons été particulèrement attentifs aux risques, et les failltes ont légèrement diminué [...] La casse a été limitée, mais, aujourd'hui, certaines PME sont à bout de souffle.

Yves Poinsot, directeur général d’Atradius

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