Assurance décès : penser à l'impensable

Assurance décès : penser à l'impensable
© Thinkstock

L’assurance décès ou invalidité reste un tabou. Les intermédiaires ont donc un rôle important à jouer pour en expliquer l’intérêt aux particuliers comme aux entreprises.

La probabilité de voir son avion s’écraser est infime. En effet, alors que le nombre de vols commerciaux a triplé ces quarante dernières années, le nombre de crashs est en constante diminution. Comme le rapporte le journal Les Échos, nous avons statistiquement deux fois plus de chance de gagner à Euromillions que d’avoir un accident d’avion. Néanmoins, les crashs aériens, comme celui de l’A320 de Germanwings dans les Alpes, interpellent les Français et permettent aux intermédiaires d’aborder la question taboue de la garantie décès-invalidité.

L’illusion d’être couvert

Les courtiers de proximité ne constatent pas de hausse de la souscription, mais ils observent une plus forte sensibilisation à ce sujet délicat. « Pour le voyage d’un particulier dans le cadre de ses loisirs, les agences de voyages sont tenues par le code du tourisme de proposer une panoplie de garanties, dont la décès-invalidité et l’assistance-rapatriement », détaille Cédric Thévenot, responsable filière individuelle accidents chez Gras Savoye. « Mais la souscription reste optionnelle, et si les particuliers sont en assez grande majorité intéressés par les garanties annulation et assistance-rapatriement, il n’en va pas de même pour la garantie décès-invalidité. »

Selon Cédric Thévenot, la raison en est « que le particulier se pense souvent surassuré en matière d’accident, avec sa carte bancaire ou via une garantie des accidents de la vie (Gav) liée à une multi­risque habitation ou un emprunt ». Or, seulement un Français sur huit est équipé en Gav et seules les cartes Gold ou Premium incluent des garanties en cas de décès-invalidité, dont les capitaux varient fortement, allant de 40 000 à 600 000€ pour l’American Express Gold. Jehan de Castet, le PDG de Fluo, une appli mobile qui permet de connaître les garanties de sa carte bancaire, rappelle qu’il existe de nombreuses exclusions à vérifier avant un voyage.

Tout en sachant que les salariés couverts par une prévoyance collec­tive en bénéficient pendant leurs loisirs.

La jurisprudence Karachi

Du côté des entreprises, l’individuelle accident reste facultative, mais en raison de la jurisprudence liée aux attentats de Karachi en 2002 – des ayants droit ont poursuivi l’employeur pour faute inexcusable pour ne pas avoir davantage protégé des colla­borateurs plus exposés que d’autres – elles doivent prouver qu’elles ont pris les mesures néces­saires pour protéger l’ensem­ble de leurs colla­borateurs. Les grandes entreprises sous­crivent donc des cou­ver­tures de plus en plus larges.

« Les polices individuelle accident et assistance voyageur ont été rapprochées ces dernières années avec des garanties systématiques comme le kidnapping, le rapatriement sanitaire et, depuis les Printemps arabes, le rapatriement sécuritaire pour les urgences géopolitiques », explique Claudia Savin, directrice technique individuelle accident chez Aon France. « Des garan­ties qui étaient considérées comme complé­mentaires sont maintenant intégrées », conclut-elle

Toutefois, il existe encore des freins à la souscription, comme le souligne Cédric Thévenot chez Gras Savoye. « Le droit social français est très protecteur, et à partir du moment où l’entreprise souscrit pour ses salariés un contrat de garantie en cas d’accident, qui n’est pas obligatoire, il peut être considéré après quelques années comme faisant partie des avantages sociaux. Même si l’entreprise a légalement la possibilité de revenir sur ce contrat, elle risque de faire face à des mouvements sociaux. »

Enfin, confronté au décès de dix assurés lors du crash du vol Air France Rio–Paris en 2009, les meilleurs commerciaux d’une entreprise récompensés par ce voyage pour leurs performances, Cédric Thévenot insiste sur l’importance des mesures de prévention que l’entreprise peut mettre en place pour éviter de regrouper plusieurs collaborateurs clés dans le même moyen de transport. « C’est aussi le rôle d’un courtier, rappelle-t-il. Ce n’est pas très compliqué à mettre en place, mais c’est parfois plus difficile à faire entendre. »

Le 24 mars, un A320 de la compagnie Germanwings, filiale de Lufthansa, s’écrasait dans les Alpes, causant la mort de 144 passagers et 6 membres d’équipage. L’apériteur du pool d’assureurs est Allianz Global Corporate and Specialty (AGCS), filiale de l’assureur allemand Allianz. 

300 M$ : La provision pour couvrir l’indemnisation des victimes et les garanties appliquées pour l’avion.
6,5 M€ : La garantie appliquée pour l’A320 (sorti d’usine en 1991).
144 : Le nombre de passagers victimes du crash.
35 tonnes : Le poids des débris récupérés après le déblayage de 80 % de la zone du crash.
50 000 € : Le montant maximal, par victime, pour couvrir les dépenses immédiates des familles.
 

 

Compagnies aériennes : en 2015, les assureurs sont dans le rouge

Les compagnies d’assurances renouvellent majoritairement les contrats à l’automne. Cette année, c’est donc la sinistralité de 2014 qui sera prise en compte, avec sa succession de catastrophes aériennes (un avion disparu, un autre abattu en Ukraine, un crash à Taiwan, un autre au Mali). Si le surcoût ne devrait pas atteindre celui établi après les attentats du World Trade Center et de Washington en 2001, il est néanmoins d’ores et déjà certain que la prime mondiale collective sera dépassée. Les assureurs sont donc dans le rouge pour 2014. Toutefois, ils soulignent que 3,3 milliards de passagers ont pris l’avion en 2014, avec une sinistralité en constante diminution ces quarante dernières années grâce à l’amélioration du parc et la formation du personnel. Face à un drame causé par une défaillance humaine lors du crash du Germanwings, ils rappellent que le risque zéro n’existe pas. 

2 Md$ : Le surcoût des polices suite aux attentats du World Trade Center et de Washington en 2001.

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 30 octobre 2020

ÉDITION DU 30 octobre 2020 Je consulte

Emploi

CEGEMA

Chargé de relation client Emprunteur H/F.

Postuler

CEGEMA

Chargé de Gestion Emprunteur H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Construction de 20 logements individuels à destination de MMH, 10 logements indivi...

Meurthe et Moselle Habitat

27 octobre

54 - MEURTHE ET MOSELLE HABITAT

Assurances TRC/RC et DO dans le cadre de la réalisation des travaux de restructurat...

Etablissement Thermal Les Thermes

27 octobre

23 - Évaux-les-Bains

Assurances

Ville de Gaillan en Medoc

27 octobre

33 - Gaillan-en-Médoc

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Assurance décès : penser à l'impensable

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié