[DOSSIER] CGPI : les conseillers en gestion de patrimoine [...] 1/17

CGPI : le poing sur le «i» d'«indépendant»

CGPI : le poing sur le «i» d'«indépendant»

Les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) vont-ils perdre leur «i»  et s’appeler désormais simplement conseiller en gestion de patrimoine ? En effet, la directive MIF 2, dont l’application doit intervenir en janvier 2017, interdit aux conseillers dits «indépendants» de percevoir des rémunérations («inducements») de la part d’autres personnes que leurs clients. Ces rétrocessions restent cependant autorisées, à condition d’améliorer le service au client. L’avis technique de l’Esma, l'Autorité européenne des marchés financiers, publié en décembre 2014, a précisé ce que recouvrait cette amélioration du service ainsi que les critères d’appréciation de l’indépendance du conseil, qui doit proposer une palette suffisamment large de produits financiers.

En tout cas, la règlementation frappe la profession à tel point qu’il leur sera compliqué à l’avenir de se prétendre «indépendants» et presque impossible de rester «isolés».

Dans son dossier sur les CGPI, à paraître le 20 mars, l'Argus fait le point sur les décisions réglementaires qui vont affecter la profession et donne la parole à Olivier Rozenfeld, président du groupe Fidroit.

Olivier Rozenfeld, président du cabinet de conseil Fidroit :
« L
e client va devenir juge du niveau de rémunération »

Que pensez-vous de la position de l’Esma ?
Par certains aspects, l’Esma a restreint ses ambitions. Mais il faut être lucide : sa position est plutôt défavorable aux CGPI et va générer de nouvelles contraintes.

Pourquoi est-elle défavorable ?
Depuis plus de vingt ans, les CGPI essaient de se différencier des autres acteurs, notamment des conseillers bancaires et des réseaux d’assureurs, en revendiquant leur indépendance. Or, désormais, seuls ceux qui afficheront une non-indépendance pourront toucher des commissions. Cela va contribuer à reconfigurer le marché.

De quelle façon ?
Les CGP qui veulent rester sur un modèle de commissions vont évoluer pour certains vers un statut d’agent lié et d’autres devront atteindre une taille critique pour maintenir leur situation en l’état. Certaines structures se mettent en ordre de marche pour devenir des réceptacles de professionnels qui perdront un peu de liberté. Or, elles auront un droit de regard sur l’activité du CGP, voire un droit de contrôle, car elles assumeront une part de responsabilité sur les agissements des professionnels. Cela signi­ e davantage de frais et, par conséquent, une rémunération plus faible.

Quel peut être l’impact de la transparence des rémunérations ?
La transparence ira très loin, par exemple en incluant les incentives. Les CGP devront démontrer qu’il n’y a pas conflit d’intérêt. La transparence va surtout révéler la dépendance des rémunérations. Dans ce climat, c’est le client qui va devenir juge du niveau de rémunération et revenir au centre du dispositif. On arrive à un moment de vérité.

Propos recueillis par C. M.-G.

Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Olivier Rozenfeld dans l'Argus du 20 mars.

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