Courtage : Bessé a de la suite dans les idées

Courtage : Bessé a de la suite dans les idées
GUILLAUME GRASSET Pierre Bessé, le fils du fondateur, a mené une politique de croissance organique qui a permis au groupe familial de doubler de taille depuis son accession à la présidence en 2010.

Nantais et bientôt sexagénaire, Bessé s’est développé par l’ajout de spécialités à son métier d’origine, les risques du secteur maritime. C’est aujourd’hui l’un des premiers groupes indépendants français de courtage. Parmi les clés de cette réussite : une stratégie constante.

Dans le quartier des antiquaires, le siège de Bessé ressemble à un puzzle en trois morceaux. La façade s’insère dans l’architecture bigarrée de Nantes. Elle reflète aussi le caractère de la maison spécialiste du grand courtage : stable et capable de muter. Né en 1960, le courtier en assurance établit d’abord ses activités dans la marine. Mais depuis, chaque décennie a vu l’arrivée d’un nouveau métier : la sidérurgie dans les années 1970, l’automobile dans les années 1980, l’immobilier dans les années 1990, la santé-retraite et l’agroalimentaire dans les années 2000.

Une stratégie constante

C’est aussi au début de ce nouveau siècle que l’entreprise vit un vrai choc. Le courtier Bessé se retire du capital de Bessé Prévoyance, revendu et depuis devenu CBP. « C’était peut-être la moitié du chiffre d’affaires, deux tiers de l’effectif… De l’intérieur, ça a fait bizarre », se souvient Bertrand Mulot, directeur de Bessé ImmoPlus. Avant d’ajouter : « Depuis, en à peine 15 ans, l’entreprise s’est sécurisée autour de nouveaux piliers. Le pôle immobilier s’est vraiment renforcé. À partir de rien, nous avons fait une percée significative dans la prévoyance et la retraite collective, et nous sommes devenus leader dans les coopératives agricoles. » Arrivé en 1999, ce cadre a aussi vu Pierre Bessé, fils d’Alain, le fondateur, accéder à la présidence en 2010 et impulser son tempo.

Bessé

  • Date de création 1960
  • Président Pierre Bessé (depuis 2010)
  • Chiffre d’affaires 110 M€ (900 M€ de primes)
  • Effectif 400 collaborateurs
  • Principaux segments d’activité automobile, industrie, assurances des personnes, maritime, agroalimentaire et immobilier.

Depuis, l’affaire familiale a doublé de taille rien qu’en croissance organique. Sont nés le pôle Bessé Ressources (assurance de personnes), une activité sur le nucléaire et une autre sur le cyber risque. Comment expliquer cette réussite ? « Avoir une stratégie et s’y tenir », synthétise Pierre Bessé, qui se positionne comme accompagnateur d’entreprises. « Nous observons nos clients, leurs enjeux… Ainsi de l’amont agricole, né dans le prolongement de notre activité sur l’agro­-alimentaire ; de même pour le nucléaire, dont les entreprises sous-traitantes sont des clientes de notre branche Industrie & Services… », poursuit le dirigeant qui s’interdit de se limiter à la seule distribution de polices d’assurance.

Et Bertrand Mulot de compléter : « Quand nous choisissons un secteur d’activité, c’est pour devenir un acteur référent sur ce marché. » Résultat, la réputation de Bessé le précède. « Quand Bessé rencontre une compagnie à propos d’un nouveau secteur d’activité, l’assureur sait qu’il y aura ensuite la mise en place d’une stratégie de développement auprès des clients, structurée et bien organisée », estime Frédéric Fleury, associé du cabinet nantais O2A Assurance, admiratif, même si Bessé a « chassé » au sein de son staff…

Un mode de management renouvelé

De fait, la société s’est transformée sur le plan managérial. « Avant, c’était très verticalisé », confie le dirigeant. De très dirigiste, l’organisation est devenue quasi horizontale, avec un comité de direction de 14 personnes. On garde l’esprit de l’entreprise : « Être sérieux sans se prendre au sérieux », résume la directrice de la communication Valérie Sastre. Même si la maison garde les traces d’une certaine austérité. Cela transparaît dans les 2 000 m² ajoutés au siège en 2017. Les open spaces s’enchaînent sur une moquette grise. Sur les parois vitrées de l’étage où est installé Bertrand Mulot, aucune décoration ne perturbe la concentration des troupes. Le directeur a quand même ajouté une note personnelle. Sur un mur de son bureau, un imposant tableau peint par son épouse représente une voiture bleue sur fond orange. Les futurs cadres apporteront peut-être leur touche. Car l’équipe dirigeante est amenée à évoluer. En témoigne, l’arrivée dans ce cercle restreint du trentenaire Cyprien Laubin en tant que directeur pôle Bessé Motors, quatre ans après son recrutement. D’autres jeunes pourraient suivre.

Une discrétion légendaire

L’entreprise Bessé est réputée pour sa discrétion. Mais, là aussi, les choses changent. En 2012, le courtier a créé une direction de la communication. Aujourd’hui, dans le hall d’entrée, les visiteurs peuvent lire une revue de presse garnie. En juin, Pierre Bessé était même l’invité de L’Hebdo de l’éco sur la chaîne CNews... Mais le dirigeant confie avoir refusé une interview à BFM Business. Et il n’envisage pas de répondre à des titres grand public. C’est une constance de la maison. Sa réputation s’est faite auprès des entreprises clientes et non à coup d’annonces dans la presse généraliste. Toutefois, si le cabinet Bessé est devenu Bessé en 2013, le travail sur son image n’est pas pour autant terminé. Il réfléchit notamment à une nouvelle base line, pour remplacer « conseil en assurances ». Un peu trop vague, peut-être ?

Une R & D dynamique

Avant même ce nouveau souffle, l’entreprise sait innover. Elle investit 6 % de son chiffre d’affaires en R & D. Parmi les dernières initiatives, figurent deux avancées dans le domaine de l’assurance du risque cyber. Bessé s’est allié au cabinet d’audit international PwC dans le but de comprendre la posture des ETI françaises face à ce danger. L’étude révèle que 76 % d’entre elles ont déjà subi un incident cyber. Dans la foulée, Bessé a lancé un club de réflexion réunissant public et privé. Les premières réunions sont prévues pour cet automne. Dans la même veine, le courtier a su prendre le virage du numérique. Il a mis en place un extranet pour faire gagner de l’autonomie à ses clients. Cette solution baptisée MyBessé, construite à partir de l’observation des besoins clients, est à la fois un portail de déclarations, de communication dans plusieurs langues, de gestion documentaire… – y compris pour trouver « un expert sinistre sur un problème de cargo à Singapour », note Pierre Bessé.

Plus original encore, Bessé s’appuie sur une solution existante plutôt que de réinventer la distribution en ligne. Ainsi, l’an dernier, elle s’est adossée au courtier PlusSimple.fr pour proposer des polices aux garagistes de proximité. Trois cents contrats auraient ainsi été vendus sans que les commerciaux nantais aient à faire du porte à porte ! Le système devrait être décliné vers d’autres cibles.

Croissance externe

Le changement le plus radical fut l’ouverture à la croissance externe « peut être un peu tard », regrette Pierre Bessé. Le tableau de chasse ne comprend pour l’instant que deux entreprises (Ressources, repris en 2015 et Courcelles, en 2017) mais la besace va grossir. Pierre Bessé est désormais convaincu de l’intérêt des acquisitions. Il va continuer à investir. Pour cela, il compte même élargir ses emplettes à l’ensemble de la zone euro !

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