DDA : contraintes ou opportunités pour les courtiers ? (RDV Courtage 2017)

DDA : contraintes ou opportunités pour les courtiers ? (RDV Courtage 2017)
DDA sera-t-elle une simple formalisation de pratiques existantes en France ou un remue-ménage règlementaire ?

Point d’orgue des Rendez-Vous du Courtage qui se sont déroulés ce 21 mars 2017 à Marseille, la conférence plénière consacrée à la Directive sur la Distribution d’Assurance (DDA) a tenu ses promesses. Résumé.

Avec un courtier de proximité, deux courtiers grossistes (généraliste / assurance de personnes) et un assureur à la tribune, le casting de la conférence plénière de la quatrième édition des Rendez-vous du Courtage ne doit rien au hasard. Pendant plus d’une heure ils se sont exprimés sans tabou sur le sujet sensible de la DDA.

Standardisation de l’offre

Le ton est donné dès la première intervention. “Quand je lis - parmi les 54 pages en anglais de cette directive - le terme de stratégies de distribution adaptées, je me pose des questions concernant le rapprochement des assureurs et je m’inquiète de certaines conséquences comme une raréfaction de l’offre, une standardisation des produits”, lance Sylvie Scol, responsable du cabinet de proximité Riviera Insurance Brokers. Roger Mainguy, directeur général April Santé Prévoyance est plus serein, “Cela va normer les choses. Les acteurs vont jouer avec les mêmes règles du jeu. Et une patrouille sera là pour faire respecter ces dernières. Je ne suis pas inquiet concernant une éventuelle standardisation des offres. Notre ADN est de travailler sur des segments de marché spécifiques. Je m’adresse à telle ou telle cible car je trouve qu’elle est mal servie. Nous pourrons jouer notre rôle. Ce n’est pas une révolution mais une évolution”. Même écho du côté de Rodolphe Plouvier, directeur de la distribution chez Generali France, “nous ne pensons  pas qu’il va y avoir un bing bang, une disparition des produits spécifiques”. Pour Philippe Saby, directeur général de Solly Azar, pas de doute, “nous présenterons pattes blanches. Nous avons tous les éléments donc nous ne sommes pas du tout inquiets”. Le courtier grossiste estime tout de même que “concernant les produits d’assurance dommages, il s’agit de lancer une ogive nucléaire pour attraper des mouches !

Nouveau rôle des courtier

A la question “pensez vous que les courtiers vont être cantonnés à un rôle de passe-plat ?”, Sylvie Scol n’hésite pas à afficher ses inquiétudes, “les courtiers grossistes avaient l’habitude de créer avec les assureurs des produits dédiés, j’espère que cela continuera.” Autre interrogation : “j’espère aussi toujours gérer les sinistres au sein de mon cabinet. Nous avons un véritable savoir faire et c’est un service pour nos clients”. Roger Mainguy, rappelle que “pendant des années la fin des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) a été annoncée ainsi que la diminution du nombre de courtiers”. De quoi affirmer que “le jour où les courtiers seront des passe-plats, le métier n’existera plus”. Même position pour Philippe Saby “qui précise que DDA va arriver mais que cela fait des années que le courtage existe et se transforme. La distribution d’assurance en France n’a jamais subi de catastrophe”.

Vers de nouveaux modes de rémunérations ?

Le sujet est brûlant et il concerne toute la place : comment va évoluer la rémunération des ­distributeurs d’assurances ? Pour Roger Mainguy “le commissionnement sera toujours d’actualité. Entrée en relation avec un client, le conseiller, ça a un coût. Il s’agit de travailler pour gagner de l’argent”. Même écho du côté de Rodolphe Plouvier qui avance “que la rémunération du conseil a peut-être été mal expliquée aux clients. ” Tous s’accordent pour dire que l’escompte est un sujet délicat et que la facturation par honoraire devrait, comme c’est le cas pour les CGPI, se développer.

15 heures pour se former

Dernier thème étudié : la formation. En attendant les textes détaillés, beaucoup d’incertitudes demeurent concernant la population visée ou le contenu et la nature (présentielle ?) des formations retenues. Dans tous les cas cela aura un coût - non négligeable - mais devrait remplir sa mission, à savoir profiter au client final.

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