Représentation syndicale : l’inquiétude des courtiers de proximité

Représentation syndicale : l’inquiétude des courtiers de proximité
Richard Restuccia, président du Syndicat des courtiers de Méditerranée, (à gauche) et Karim Irouche, membre du syndicat des courtiers-grossistes (à sa droite) lors des Rendez-vous du courtage © M.Lale

Dans les allées des Rendez-vous du courtage de Marseille, le 9 avril dernier, les intermédiaires en assurance n’ont pas caché leur inquiétude. Après quatre ans de chantier et une unification avortée en 2014, leur chambre syndicale (CSCA) vient de relancer une consultation pour l’union, sachant que Syndicat 10, le regroupement des courtiers grossistes, tente en parallèle de fédérer la profession.

Sur scène pour l’allocution de clôture des Rendez-vous du courtage, le président de la CSCA Hervé Houdard esquive d’une boutade la question d’un courtier sur l’avenir du projet d’union à la CSCA : « Quand je suis venu à Marseille, mes amis m’ont recommandé de ne pas parler du PSG… Je crois que c’est la même chose pour la CSCA ! » Puis, il reprend plus sérieusement : « Face aux difficultés de la profession, les courtiers doivent absolument se concentrer sur leur métier et je ne vois pas d’autre solution que l’unification, à l’intérieur de la CSCA, pour défendre la profession ». Dans les allées du rendez-vous marseillais, Hervé Houdard a parlé de difficultés « titanesques » et d’union « impérative », conscient des difficultés des syndicats régionaux après les événements de ces derniers mois.

Un nouveau groupe de travail

En effet, la majorité des membres de la CSCA ont voté la dissolution de leur entité lors de leur dernière assemblée générale, pour parvenir à l’union nationale tant attendue, avant de devoir revenir en arrière en raison du refus du syndicat des courtiers d’Ile-de-France (Sycarif). Une fin d’année en forme de montagnes russes qui a laissé des traces sur le moral des troupes et le nombre d’adhérents. La CSCA a donc dévoilé le 7 avril, lors de son assemblée générale, la constitution d’un groupe de travail chargé de formuler des propositions sur le futur de la CSCA, coprésidé par Geoffroy Roederer (président du Sycaest) et Alain Morichon (président du Sfac). Le groupe devrait travailler en huis clos pendant un temps indéterminé. De l’avis général, l’échéance du congrès national de la CSCA en juin prochain serait une date buttoir idéale mais peu réaliste.

Une difficile union

Les réunions des dix membres qui composent le groupe de travail s’annoncent fastidieuses. « Ce qui n’a pas fonctionné, c’est la mutualisation générale des moyens humains, matériels et financiers, rappelle Hervé Houdard. Nous sommes donc en train de travailler pour examiner toutes les voies possibles qui doivent nous conduire à l’unification, dans l’intérêt bien compris des courtiers et de leurs clients. Tout cela n’est qu’une question de choix et de volonté partagée. Nous avons tous à y gagner. » Mais entretemps, le 31 mars, le Syndicat 10, syndicat des courtiers grossistes, dissident de la CSCA en janvier, a lancé un mouvement d’union alternatif. Un mouvement qui suscite autant d’attentes, de curiosité que de craintes.

La crainte du conflit d’intérêt

Ces problématiques étaient particulièrement visibles, le 9 avril dernier, lors de la conférence sur le digital qui a réuni, aux côtés de Thierry Fabing, directeur digital adjoint d’Axa France, deux acteurs majeurs du courtage : Richard Restuccia, président du syndicat des courtiers méditerranéens (SMCAR) et président délégué de la CSCA, et Karim Irouche, PDG d’ECA Assurance et membre du Syndicat 10. Le premier n’a cessé de rappeler l’impératif d’indépendance des intermédiaires en assurance, tenus au devoir de conseil. « La Chambre syndicale est le seul organisme capable de défendre les intérêts des courtiers car on ne peut pas être à la fois fournisseur et défenseur. Par exemple, EDF fournit de l’électricité à ses clients mais ne prend pas leur défense quand il y a un problème avec l’électricité. » Puis il a conclu : « Nous avons besoin de faire certaines choses ensemble mais aussi de garder notre indépendance. »

Un consensus de bon aloi

Ainsi interpellé en sa qualité de membre de Syndicat 10, Karim Irouche s’est voulu rassurant en insistant sur le rassemblement large prôné par son organisation, au-delà des courtiers grossistes. Une quarantaine de participants, représentant différentes facettes des intermédiaires en assurance, étaient ainsi présents le 31 mars. « Nous nous rejoignons sur les objectifs et la finalité, a-t-il donc assuré. C’est une question de moyens que nous devons insuffler. » Syndicat 10 se montrait déjà très volontaire sur l’impératif d’union de la profession lorsqu’il appartenait à la CSCA. Puis, rappelant les nombreuses problématiques rencontrées par les courtiers sur le plan réglementaire, sur celui de la commercialisation et de la communication, Karim Irouche a déclaré : « Il faut traiter ces problématiques sans que d’autres questions viennent prendre le dessus sur l’essentiel. » Après les montagnes russes de la fin d’année 2014, l’année 2015 ressemble à une très longue route.

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