EDIcourtage 2.0 en phase de conquête

Après trois ans d'existence, la norme et la plate-forme EDIcourtage 2.0, dédiée aux activités IARD, doivent encore convaincre de leur utilité les courtiers et la plupart des assureurs français.

Lors du congrès 2011 de leur chambre syndicale (la CSCA), les courtiers d'assurances avaient porté avec les assureurs la norme et la plate-forme EDIcourtage 2.0 sur les fonts baptismaux. Puis le temps s'est écoulé lentement sans provoquer de grand engouement pour ce projet. Début 2014, les choses se sont accélérées, à la faveur de l'entrée au capital de Netproassur, société gestionnaire de la plate-forme, des compagnies d'assurances au côté de la CSCA. Résultat : selon ses créateurs, le développement d'EDIcourtage 2.0 serait sur la bonne voie.

« Aujourd'hui, il y a sept compagnies qui nous font confiance. Avec l'arrivée récente de Sada et, plus anciennement, de Thélem, nous démontrons que cette plate-forme et la norme EDI ne sont pas le domaine réservé des majors », commente Laurent Perret, directeur des opérations de Netproassur.

Un investissement non négligeable

À ceux qui évoquent la lenteur du projet et un élan encore discutable, Florence Louppe, directrice du développement commercial et de la distribution entreprises d'Axa Entreprises, rappelle qu'EDIcourtage 2.0 « a demandé un investissement financier, technologique et humain important ». Pour accélérer l'adhésion des courtiers, Axa Entreprises mobilise d'ailleurs ses inspecteurs commerciaux et comptables afin d'en faire de véritables promoteurs de la norme.

« Pour notre part, il nous fallait appréhender la structuration de cette plate-forme. Voilà pourquoi nous avons suivi son évolution et répondu au nouvel élan impulsé ces derniers temps. Nous avons pu détecter les gains : facilitation et sécurisation des échanges, allégement du fonctionnement de notre extranet », lance André Hess, président du directoire de Sada Assurances, le nouvel entrant.

Gain de productivité... avec réserves

Certains courtiers utilisateurs estiment pour leur part qu'il était inconcevable, pour la pérennité de leur activité, de ne pas adhérer à cette plate-forme. Un outil qui apporterait, selon certains, un gain de productivité important. Tel est le cas de Marc Surcin, directeur associé d'ACCS Gouy : « Les messages EDI sur lesquels nous sommes présents nous ont permis de réduire de 40 % le temps consacré à la gestion des relances et de 30 % les délais d'encaissement. Ce n'est pas négligeable pour un cabinet comme le nôtre qui encaisse environ 20 M€ de cotisations par an. » Chez la plupart des courtiers adhérents, la plate-forme libère du temps pour réaliser d'autres tâches de gestion à plus forte valeur ajoutée et, surtout, optimise la part réservée à l'activité commerciale.

Côté assureurs, « l'utilisation de la plate-forme leur apporte aussi un gain de productivité, ainsi que l'opportunité de proposer de nouveaux services à leurs intermédiaires », complète Laurent Perret de Netproassur. Sophie Guignard, responsable du service sinistres automobiles chez Diot, tempère : « Pour le courtier, l'avantage réside effectivement dans le fait de pouvoir adresser les déclarations en flux EDI et d'abandonner le papier, évitant les doubles saisies sur les outils de gestion de la compagnie. C'est un gain de productivité qui est néanmoins contrebalancé par la nécessité de traiter les anomalies éventuelles en amont de ces envois. Cette opération de traitement doit notamment être réalisée manuellement. »

Passer à un échange à double sens

Malgré ses différents atouts, EDIcourtage 2.0 peine encore à convaincre assureurs IARD et courtiers (qui sont seulement 150 à l'utiliser à ce jour). « Alors que nous avons l'ambition de proposer ce service à l'ensemble des compagnies et des courtiers présents sur le territoire français, il nous faut notamment démontrer aux sociétés de courtage que cet outil est nécessaire pour la pérennité de leur activité », estime Dominique Sizes, membre du directoire de Verspieren et président de Netproassur.

En revanche, c'est bien le nombre limité de compagnies adhérentes qui pousse certains courtiers à retarder leur venue sur la plate-forme. « J'ai conscience qu'elle est une solution d'avenir, car elle répond à notre besoin de nous libérer des tâches improductives pour nous concentrer sur notre métier. Mais il faudrait rapidement atteindre une quinzaine de compagnies d'assurances et de courtiers grossistes pour que la rentabilité et le gain soient réellement significatifs », confirme Cédric Sallé de Chou, gérant d'Abcast Assurances, qui n'utilise pas la plate-forme.

Pour certains courtiers utilisateurs, il y aurait aussi quelques optimisations à apporter. « Il nous manque réellement une chose : un double flux EDI. En effet, nous envoyons les informations clients aux assureurs, mais nous n'avons pas le retour des compagnies nous donnant les informations sur le coût de la responsabilité civile accident automobile, ainsi que sur les rejets concernant les "impayés compagnie", expliquant notamment certaines causes de non-règlement. Or, pour mettre en phase nos statistiques courtiers et celles des assureurs et préparer au mieux les renouvellements, ce double échange est nécessaire », conclut Sophie Guignard.






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