Indépendants... mais pas isolés

Mode de rémunération, regroupements, nouveaux domaines à explorer... : à Patrimonia 2014, la prise de conscience des changements inéluctables du mode d'exercice de la profession des CGPI était palpable chez les 6 700 visiteurs.

6 700

visiteurs congressistes lors des deux journées de Patrimonia

60

Ateliers et 4 conférences plénières

24 et 25 septembre 2015

Date de la 22e édition de Patrimonia

250 exposants et un nouvel espace silver économie


S'est-il produit un déclic lors de la vingt et unième édition de Patrimonia, la convention annuelle des professionnels du patrimoine, qui s'est déroulée à Lyon les 25 et 26 septembre ? Dans les allées bondées du salon et au sein des quelque 60 ateliers et des 4 conférences plénières, la question sur l'avenir de la profession était en effet dans tous les esprits. « Par rapport aux années précédentes, on remarque une vraie prise de conscience que les lignes vont bouger et que les cabinets de taille modeste vont être dans l'impossibilité de rester seuls », observe Olivier Rozenfeld, président du groupe Fidroit.

Réunir des compétences

Les regroupements prennent toutes les formes : du simple réseau social comme indexfi.com aux groupements traditionnels comme Sérénalis, en passant par les grandes plates-formes CD Patrimoine, CGP Entrepreneurs, Vie Plus, etc. Du côté des assureurs, on se regroupe aussi pour mieux répondre aux besoins des CGPI. Crédit agricole Assurances va ainsi fusionner UAF Patrimoine et LifeSide Patrimoine dans UAF Life Patrimoine d'ici à janvier 2015. Selon Marie-Anne Jacquier, qui pilotera la nouvelle structure, « c'est aux CGPI de choisir les bonnes plates-formes qui leur permettront de maintenir toute la chaîne de valeur ».

Interrogé par L'Argus TV, Benoist Lombard, président de la Chambre des indépendants du patrimoine (CIP), est clair : aujourd'hui, les CGPI doivent être « indépendants oui, mais pas isolés ! Les jeunes CGPI ont compris que le mode d'exercice de leur profession a changé et passe naturellement par une pluralité de compétences ».

Si les CGPI ont pris conscience de l'impératif de se regrouper, leurs quatre grandes associations semblent, quant à elles, loin d'être prêtes à l'union. Le renouvellement de leur agrément par l'Autorité des marchés financiers (AMF) en 2015, le premier depuis dix ans, rebattra peut-être les cartes.

Explorer d'autres pistes

Finalement, la plus grande menace ne vient pas des textes européens qui vont remettre en cause le mode de rémunération habituel des CGPI français, à savoir les rétrocessions (lire encadré), mais peut-être d'une certaine inertie de la profession. « Trop souvent perçus comme un simple circuit de distribution, les CGPI n'ont pas suffisamment cherché à se diversifier ou à pratiquer autrement », selon Olivier Rozenfeld. Un jugement un peu sévère, car le virage commence à être négocié : « On sent une tendance à la mise en place de davantage d'honoraires », confie ainsi Bastien Perrine, porte-parole de l'assureur luxembourgeois Vitis Life. De même, les CGPI s'accordent sur la nécessité de se diversifier vers d'autres produits comme la prévoyance, même si le domaine est « complexe, chronophage et peu rémunérateur », confie un CGPI dans le micro-trottoir de L'Argus TV. Autres exemples, les nombreuses prises de contacts sur le stand Metlife, acteur de la prévoyance, présent pour la première fois à Patrimonia ou le nouvel espace silver économie montrent cette volonté d'explorer de nouvelles pistes. « Cette crise de modèle ne remet pas en cause le besoin d'un CGPI », estime Olivier Rozenfeld, qui met cependant en garde : « La longueur d'avance que les CGPI avaient prise par rapport aux banques sur le conseil patrimonial s'est réduite. »

Ils on dit...

Il faut permettre à tous les niveaux de patrimoine, les gros et les petits, de s’adresser à un CGPI.

Fabrice Pesin, secrétaire général adjoint de l’ACPR

Les jeunes CGPI ont compris que le mode d’exercice de leur profession a changé et passe naturellement par une pluralité de compétences.

Benoist Lombard, président de la Chambre des indépendants du patrimoine (CIP)

La silver économie, c’est 0,25% de croissance supplémentaire. Cela mérite un réel intérêt. Or, il est certain que les CGPI ont des lacunes en prévoyance et dépendance.

Henry Masdevall, président d’Actualis Associés et de Valorey Finance

Pour répondre au vieillissement, on peut inventer de nouveaux produits, mais il faut déjà regarder ce que l’on a à disposition. Si j’étais CGPI, je m’intéresserais aux produits de rente viagère.

Charles Vaquier, président fondateur de comparetraite.fr

« UNE QUESTION DE SÉMANTIQUE »

La dernière conférence plénière de Patrimonia était très attendue et les CGPI au rendez-vous pour entendre Xavier Parain, secrétaire général adjoint de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Au programme : les textes européens et le conseil indépendant. « La directive Mif 2 est formelle : quand le conseil est indépendant, les rétrocessions sont impossibles. C'est acté en niveau 1. Donc, il n'y aura pas de retour en arrière », énonce-t-il, précisant qu'il reste encore à définir ce qu'est le conseil indépendant d'ici à l'application de la directive en 2017. En revanche, le texte n'écarte pas le conseil « non indépendant », qui correspond parfaitement au modèle actuel des CGPI français. « C'est de la sémantique, avec comme enjeu l'abandon des rétrocessions si l'on se dit indépendant. » Le débat reste ouvert - mesure de niveau 2 - entre pays européens sur l'usage des rétrocessions. Certains (Pays-Bas et Royaume-Uni) écartent de leurs montants le financement du conseil initial et des frais de structure du cabinet. D'autres (Allemagne et France) souhaitent que toutes les dépenses puissent être couvertes par ces rétrocessions. « L'issue est incertaine, même si l'on peut être modérément optimiste », poursuit Xavier Parain, qui rappelle que l'Esma (l'autorité européenne) prendra position fin 2014. Il reste donc quelques semaines à l'AMF pour défendre son point de vue visant à « éviter que le principe des honoraires ne réserve le conseil qu'aux seuls épargnants fortunés ».

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