« Que le compromis sur les commissions aille au bout »

Le congrès de la Chambre nationale des conseillers en investissements financiers (cncif) se tient le 25 juin. son président revient sur le positionnement de son association et sur les grands chantiers de la profession.

Quel est le positionnement de la CNCIF ?

Nous sommes l’émanation de la Chambre nationale des conseils-experts financiers (CNCEF), qui fête ses 55 ans cette année. En 2006, la CNCIF a été créée pour rassembler tous les professionnels relevant du champ de l’activité de conseiller en investissements financiers (Cif), c’est-à-dire les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) et les Cif « haut de bilan », deux activités très complémentaires.

Combien de professionnels regroupez-vous ?

Depuis notre création, le nombre d’adhérents, en progression constante, atteint près de 1 300 professionnels. Mais alors qu’auparavant, la répartition était plutôt de 50/50 entre les CGPI et les Cif « haut de bilan », aujourd’hui, c’est plutôt 70/30 en faveur des CGPI. Nous sommes la troisième association de Cif, mais celle qui a le spectre le plus large.

Que pensez-vous d’un rapprochement avec les autres associations de Cif ?

J’y suis favorable depuis le début. Mon point de vue est clair : tout le monde souhaite parler d’une mê me v o i x s ur de s s u j e t s communs comme le maintien des commissions ou le statut de CGPI. Mais ce qui diverge parfois, c’est la stratégie à adopter. Je pense qu’i l faut œuvrer pour un regroupement des cinq associations de Cif, comme les avocats et les conseils juridiques l’ont fait il y a quelques années. La réponse appartient aux professionnels et à leurs représentants.

Précisément, l’actualité réglementaire reste toujours aussi chargée pour les CGPI…

Oui, et les choses n’avancent guère. Par exemple, dans le cadre de la directive Mif 2, les discussions sur le trading haute fréquence (1) passeront avant celles sur les commissions. Sur ce point, les risques sont toujours là, et nous poursuivons notre travail de lobbying via la Fédération européenne des conseils et intermédiaires financiers (Fecif ). La France met en avant la transparence des rémunérations, alors que les pays du Nord sont opposés aux commissions, qui relèvent, pour eux, du conflit d’intérêt. La France n’a pas cette culture d’honoraires, et changer de modèle économique aurait un impact négatif autant pour les cabinets que pour les petits épargnants qui sollicitent les conseillers en gestion de patrimoine indépendants. Sans parler de la facturation de la TVA, qui viendrait renchérir les honoraires. Néanmoins, une solution médiane a été trouvée : ne pas mettre en avant le terme « indépendant » pour continuer à percevoir des commissions. Nous aimerions que ce compromis aille jusqu’au bout.

Sur quels autres dossiers êtes-vous consultés ?

Un autre point sur lequel nous avons été auditionnés en mai par Bercy est la question du crowdfunding, ou financement participatif. Pour pouvoir s’affranchir des règles contraignantes de l’appel à l’épargne, il est question de réglementer ce phénomène nouveau, comme les États-Unis l’ont fait en août 2012, notamment en limitant le montant de chaque engagement. De plus, dans le sillage du rapport « Berger-Lefebvre », nous avons rédigé une note sur le plan d’épargne en actions PEA-PME, souhaitant qu’on puisse y introduire des obligations d’entreprise.

La taille des cabinets de CGPI est-elle toujours une préoccupation ?

Face à la lourdeur administrative asphyxiant les CGPI du fait de la réglementation, il est important de se regrouper. L’avenir est aux petits cabinets ayant de gros clients ou aux cabinets de taille plus importante se dotant d’un back-office pour pouvoir traiter les volumes correspondants.

L’avenir des CGPI n’est donc pas si sombre...

Les épargnants, inquiets, se rendent compte qu’il faut se faire conseiller. C’est notre force : nous sommes dans une démarche de « sur-mesure » par rapport à une approche plus «industrielle» des réseaux bancaires, par exemple. Si la réglementation ne « charge pas trop la barque », la profession a de l’avenir.

Troisième dans le club des cinq

  • Créée début 2006 par Stéphane Fantuz, associé gérant chez Expenciel, la CNCIF est, avec 1 300 adhérents, la troisième des cinq associations agréées par l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour contrôler les conseillers en investissements financiers.
  • Associations partenaires :

– la Chambre nationale des conseillers experts financiers (CNCEF), présidée par Didier Kling, créée en 1957, et qui regroupe les spécialistes financiers ;

– la Fédération européenne des conseils et intermédiaires financiers (Fecif), créée en 1999, basée à Bruxelles, pour y représenter les intérêts de quelque 200 000 conseils et intermédiaires financiers en Europe, adhérents de 20 associations nationales européennes.

Il faut oeuvrer pour un regroupement des associations de Cif, comme les avocats et les conseils juridiques l’ont fait.

Stéphane Fantuz, président de la CNCIF

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