Benoît Briatte, Président de la Mutuelle Générale de la Police : « Nous voulons atteindre une taille critique de 1 Md€ »

Après l'annonce, au mois de février, d'un projet de rapprochement entre trois mutuelles de la fonction publique, le groupe Intériale, Unéo et la Mutuelle générale de la police (MGP), le président de cette dernière détaille les perspectives ouvertes par une union mutualiste de groupe (UMG) et le positionnement de sa mutuelle.

Qu'attendez-vous de la future union avec le groupe Intériale et Unéo ?
Cette union nous permettra de renforcer et de développer notre offre santé pour conforter notre légitimité sur le marché. Plus largement, elle nous donnera la possibilité de proposer une offre de produits et de ser-vices complète en matière d'assurance et de protection sociale, adaptée aux spécificités de nos populations. Nous pensons également que nous serons mieux placés pour proposer des contrats collectifs à des populations connexes proches de notre public historique. Nous souhaitons aussi développer nos réseaux de distribution.

Pourquoi avoir choisi la création d'une union mutualiste de groupe (UMG) ?
Il s'agit de l'outil le plus structurant, puisqu'il établit des liens de solidarité financière et une combinaison des comptes. Cette dernière nous procure une taille critique de plus de 1 Md€ de chiffre d'affaires pour 2 millions de personnes protégées, en vue notamment de développer notre pouvoir de négociation. L'UMG améliore notre capacité à répondre aux exigences prudentielles. Elle nous permet aussi de mutualiser les investissements, humains et techniques, rendus nécessaires par Solvabilité 2.

Son parcours
 

Benoît Briatte est âgé de 47 ans.

  • 1990 Après avoir réussi le concours de la Police nationale, il est affecté à la direction régionale Midi-Pyrénées des renseignements généraux.
  • 1991 Élection en tant que délégué mutualiste au sein de la Mutuelle générale de la Police.
  • 2004 Administrateur de la MGP, secrétaire adjoint en 2006, puis vice-président chargé des affaires politiques en 2007.
  • 2008 Major de la 5e promotion du diplôme universitaire de responsable mutualiste de l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne.
  • 2011 Président de la Mutuelle générale de la Police depuis l'assemblée.

Ce projet de rapprochement s'inscrit-il dans la perspective du prochain référencement dans la fonction publique d'État ?
Je vous rappelle que le ministère de l'Intérieur [NDLR : où sont présents la Mutuelle générale de la Police (MGP) et Intériale, Unéo étant sur la Défense] est le seul à ne pas avoir référencé d'opérateur dans le cadre du dispositif de participation de l'employeur public à la protection sociale complémentaire de ses agents, introduit en 2007 par la loi de modernisation de la fonction publique. On peut voir plusieurs raisons à cela, la première tenant au décret : il est bien écrit qu'il donne la possibilité à l'employeur de contribuer à la protection sociale complémentaire des agents. Il n'y a aucune obligation, et vous connaissez le contexte actuel de la fonction publique. Donner quelques centimes par mois aux agents pour aider à l'acquisition d'une complémentaire santé n'avait pas beaucoup de sens, compte tenu du fait que cela pourrait coûter beaucoup plus cher en termes de gestion. Ensuite, c'était également nous mettre dans un carcan pour sept ans, pendant lesquels la démocratie mutualiste est confisquée, les cotisations et les prestations étant fixées dans un cadre très contraint par le référencement. Cela dit, je ne pense pas que le prochain référencement reviendra sous la même forme.


Comment vous positionnez-vous par rapport à Intériale, qui couvre aussi des personnels du ministère de l'Intérieur ?
La MGP est leader sur les policiers, au sens des personnels - aussi bien en uniforme qu'administratifs ou techniques - qui travaillent dans les commissariats. Nous couvrons environ 60% de cette population. Mais il y a de nombreuses populations sur lesquelles nous pouvons nous développer, d'autant plus que le ministère travaille sur des axes comme la labellisation de sociétés de surveillance ou de gardiennage, qui ont pris une partie du travail qu'accomplissait la police. En fait, notre volonté est de protéger ceux qui protègent.

"L'UMG améliore notre capacité à répondre aux exigences prudentielles, et permet de mutualiser les investissements, humains et techniques."

Souhaitez-vous aussi cibler la fonction publique territoriale, comme Intériale et d'autres organismes complémentaires ?
Je ne vous cacherai pas que ce n'est pas notre cible. Notre conseil d'administration se pose d'ailleurs beaucoup de questions sur l'intérêt de répondre à la labellisation. C'est une population que nous ne connaissons pas comme les policiers, et nous ne sommes pas convaincus de pouvoir lui proposer une offre adaptée à ses besoins.

Peu avant ce projet de rapprochement, vous avez annoncé un plan stratégique à l'horizon 2016. Quels en sont les objectifs ?
Nous souhaitons tout d'abord optimiser nos coûts fixes grâce à des actions de mutualisation. Nous avons toujours été innovants en la matière. Depuis de nombreuses années, la MGP a dénoncé le fait que la gestion du régime obligatoire devenait très compliquée et nous avons trouvé une solution innovante en étant les premiers à instaurer une gestion partagée avec la Caisse nationale d'assurance maladie (CnamTS). Nous sommes en front office avec nos adhérents, et nos collaborateurs sont agréés pour travailler sur les outils de la CnamTS pour la gestion du régime obligatoire. Cela nous permet d'avoir une gestion qui respecte tous les critères financiers.

Vous misez aussi sur d'autres partenariats.
Oui, d'abord celui avec Almerys, qui nous procure un outil de tiers payant performant. Nous discutons avec eux sur plusieurs sujets, comme le coffre-fort électronique ou la carte à puce. Le troisième partenariat important concerne Santéclair, dont nous sommes l'un des actionnaires. Cela permet de proposer de nombreux services à nos adhérents, en matière de réseaux, mais aussi d'orientation. Notre nouvelle complémentaire santé, Lyria, permet à nos adhérents d'aller dans le réseau Santéclair sans reste-à-charge en optique et en dentaire.

Pour y parvenir, pratiquez-vous du remboursement différencié pour les adhérents qui fréquentent le réseau ?
Non. Tous nos adhérents peuvent fréquenter les professionnels de santé conventionnés Santéclair. Mais s'ils souscrivent en plus une option qui coûte 1 € par mois et par personne en optique, en dentaire et en audioprothèse, ils bénéficient de meilleurs remboursements dans ce réseau. Je pense que nous sommes les premiers à faire cela dans le monde de la mutualité. De cette façon, nous respectons le code de la mutualité qui interdit toujours aux mutuelles de mieux rembourser les adhérents qui fréquentent des professionnels avec lesquels elles ont signé des conventions. Cette option a aussi un caractère incitatif. Nous atteignons de bons taux de fréquentation en optique. En dentaire, c'est un peu plus difficile, car les gens restent attachés à leur chirurgien-dentiste.

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