Bertrand Joigneault et Michel Régnier (MGAS) : « Il existe encore une place pour les mutuelles de taille moyenne »

Bertrand Joigneault et Michel Régnier (MGAS) : « Il existe encore une place pour les mutuelles de taille moyenne »
photos : LUC PERENOM Bertrand Joigneault et Michel Régnier, directeur général et président de la mutuelle générale des affaires sociales (MGAS).

La mutuelle générale des affaires sociales (MGAS) entre dans une nouvelle ère de son histoire, avec l’élection au poste de président de Michel Régnier et l’affirmation d’une indépendance retrouvée depuis le départ de la mutuelle de l’UMG Intériale.

Argus de l'Assurance : Quel bilan tire la MGAS de ces dernières années ?

Bertrand Joigneault. La MGAS a solidifié sa position au cours des cinq derniers exercices. Nos fonds propres ont augmenté de 8 M€ sur cette période (36,1 M€ en 2017), tandis que notre chiffre d’affaires a crû de 25 % depuis 2012. Notre stratégie est toutefois de privilégier la marge technique. Notre résultat a ainsi été redressé en 2017 avec une activité quasi stable (51 M€ en 2017). La MGAS ne cherche pas à réaliser plus d’affai­res par tous les moyens : c’est pourquoi nous ne nous positionnons que doucement sur le courtage. Au vu de nos récents succès, nous espérons toutefois une progression de 15 % de notre chiffre d’affaires sur l’année 2018.

Grâce à quels leviers ?

B. J. Ces dernières années, la mutuelle a consolidé ses principales cibles, notamment les Affaires sociales, puisque nous avons à nouveau été référencés au sein de ce ministère (NDLR : co-référencement avec la MGEN associée à Harmonie Fonction publique officialisé en mai 2018), avec des parts de marché à conquérir sur les périmètres de la Jeunesse et des Sports. Mais nous avons réussi à nous développer sur de nouveaux territoires malgré une concurrence plus nombreuse, en remportant par exemple, avec Sham, le référencement en santé et prévoyance au sein de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC, rattachée au ministère des Transports). La MGAS se positionne également du côté de la Fonction publique territoriale : nous y étions jusqu’alors peu présents en raison de notre appartenance à l’UMG Intériale, mais maintenant que nous l’avons quittée, nous allons nous y développer.

La MGAS sort plutôt gagnante de cette seconde phase de référencements en santé et prévoyance au sein de la fonction publique d’État. Comment analysez-vous la différence avec la première phase, en 2009-2010 ?

B. J. Lors du premier appel d’offres aux Affaires sociales, en 2010, cinq acteurs avaient répondu et nous figurions dans la moyenne du marché au niveau des frais. Ensuite, la concurrence s’étant fortement accrue, nous avons dû travailler tout particulièrement sur les frais de gestion et les tarifs… Ce qui ne nous a pas empêchés d’obtenir la meilleure notation d’ensemble. C’est toutefois aujourd’hui un challenge de maintenir nos solidarités avec cette nouvelle logique de tarification et de sélection des organismes référencés, d’autant que la participation de l’employeur public diminue encore. Pour le périmètre des transports et de l’écologie, nous nous positionnerons en fonction de l’appel d’offres. En effet, la MGAS ne s’est pas positionnée sur certains appels à concurrence : les garanties nous semblaient trop compliquées sur l’Agriculture ou encore l’éducation nationale.

Autre changement majeur pour la MGAS entre ces deux phases de référencement : votre départ de l’union mutualiste de groupe (UMG) Intériale…

B. J. La MGAS était parmi les fondateurs de l’UMG en 2010. D’autres mutuelles de taille moyenne devaient également y figurer… mais ne l’ont pas rejointe. Par conséquent, un certain déséquilibre s’est créé : la MGAS a démissionné de l’UMG en 2015, mais la validation de cette démission n’est intervenue que près de deux ans plus tard. La mutuelle Intériale nous a bien aidés lors de la première phase de référencements, nous avons toujours des échanges cordiaux avec eux, notamment dans le cadre de l’ACS.

Votre indépendance désormais recouvrée, quelles perspectives de développement, notamment avec la fusion à venir avec Mutuelle Europe ?

B. J. La MGAS et Mutuelle Europe ont pris contact fin 2016. Leur positionnement sur le médico-social était cohérent avec le nôtre. Nous avons participé à son renflouement en 2017 (NDLR : la MGAS a souscrit l’équivalent d’1 M€ de titres subordonnés à durée indéterminée – TSDI – émis par la mutuelle parisienne) et, in fine, la mutuelle a préféré procéder à une fusion-absorption par la nôtre. Nous avons également un partenariat d’opportunité avec Sham en tant que coassureur sur les référencements, qui nous permet d’ajouter une dimension de conseil à nos offres.

Les mutuelles de taille moyenne, à l’instar de la MGAS, rencontrent toutefois des difficultés croissantes à conserver cette indépendance…

B. J. Nous voulons la conserver à moyen terme. Cette volonté est inscrite dans notre plan stratégique. Mais cela n’empêche pas de mener des partenariats intelligents ! Il existe un chemin entre l’intégration au sein d’un groupe prudentiel et l’indépendance totale. En tout cas, je suis persuadé qu’il existe encore une place pour les mutuelles de taille moyenne, à condition qu’elles parviennent à conserver leur agilité. Par exemple, lorsque la DGAC nous a officiellement référencés, la MGAS est parvenue à déployer l’ensemble de son offre en seulement trois semaines. Notre taille nous permet aussi de conserver une certaine proximité avec nos adhérents. Notre qualité de service est un réel facteur de différenciation, les acteurs de taille plus importante pouvant jouer sur le prix de manière plus forte que nous le faisons.

Solvabilité 2 complexifie-t-il votre activité ?

Yann George (directeur général adjoint). Ce n’est pas sur un plan économique que Solvabilité 2 nous pose des difficultés. Nos ratios de solvabilité sont au-dessus des minima requis et nos fonds propres nous assurent une solidité sur les prochaines années. Le plus contraignant est clairement la quantité de reporting demandée, de plus en plus importante.

Avec l’intégration de la mutuelle Europe, se pose aussi la question de votre appartenance à la FNMF ou la Fnim…

Michel Régnier. Nous allons effectivement devoir y réfléchir. Pour l’heure, la MGAS s’investit peu au sein de la FNMF. Nous n’y avons pas d’administrateur et si nous nous posons effectivement des questions sur la place des petites et moyennes mutuelles au sein de la fédération, nous n’avons pas réellement de réponses…

Si elle vend un peu de prévoyance, la MGAS reste surtout centrée sur la santé. Une diversification de son activité est-elle envisageable ?

B. J. Beaucoup d’acteurs mutualistes cherchent effectivement à combiner assurance de personnes et assurance de biens, mais la MGAS est trop petite pour faire de même. Notre gamme actuelle reste toutefois plutôt complète en santé-prévoyance, incluant une quantité importante de services (assistance, assurance scolaire, services Santéclair…). Nous faisons également un peu d’assurance emprunteur, même si nous n’en portons pas les garanties.

Y. G. Notre mutuelle cherche toutefois à garder une certaine cohérence : nos commerciaux ne peuvent pas proposer indifféremment de la santé et de la MRH, qui ne se vendent pas du tout de la même façon ! C’est un point essentiel, ne serait-ce que vis-à-vis de DDA…

B. J. Innover en santé comme en prévoyance reste compliqué. Bref, notre différenciation passe surtout par la qualité.

Sur la santé, la MGAS fait partie des collectifs ACS Proxime Santé (avec l’UNMI et l’UGM-ACS) et Atout Cœur Santé (avec Intériale). L’ACS est pourtant une activité peu rentable…

B. J. Il serait paradoxal que la mutuelle référente des Affaires sociales ne soit pas présente sur le terrain de l’ACS ! Cette activité est globalement à l’équilibre, avec un peu moins d’un millier de contrats. Notre interrogation se pose plutôt pour le prochain appel d’offres et sur ce que nous proposerons. Notre position dépendra de la recomposition du marché.

La nouvelle présidence de la MGAS s’accompagne d’une organisation que vous voulez plus collégiale…

M. R. En effet, nous avons créé des groupes de travail pour discuter et valider les grandes orientations de notre mutuelle. L’objectif est qu’il n’y ait pas qu’un unique décideur. La direction effective de la MGAS est d’ailleurs assurée non par deux mais par trois dirigeants effectifs. Cela implique de nouvelles méthodes de travail dans lesquelles chacun devra trouver sa place. Mais nous sommes confiants quant à la réussite de cette organisation.

Michel Régnier, président de la mutuelle générale des affaires sociales (MGAS)

Michel Régnier est cadre de santé à l’établissement public de santé mentale (EPSMD) de Prémontré (Aisne).

  • 1997 Élu administrateur de la MGAS
  • 2018 Élu président par l’assemblée générale de la MGAS

 

Bertrand Joigneault directeur général de la mutuelle générale des affaires sociales (MGAS)

Bertrand Joigneault est diplômé d’agronomie (Ensaia et AgroParisTech) et a d’abord été officier-chef du quart au sein de la Marine nationale.

  • 1997 Responsable marché au sein de BNP Paribas
  • 2001 Consultant et directeur de projets pour plusieurs unions de mutuelles
  • 2008 Directeur général de la MGAS

 

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