Claude Tarall Président de la Carac : « Si nous n'avançons pas, nous serons bientôt vulnérables »

La Carac, mutuelle retraite qui fêtera ses 90 ans en 2014, engage un véritable tournant stratégique. Elle entend renforcer sa présence en régions, élargir sa base mutualiste au-delà des anciens combattants et affirmer son positionnement dans l'économie sociale et solidaire.

Quel bilan tirez-vous du dernier exercice ?
Nous avons obtenu en 2012 d'excellents résultats (1), qui confirment notre solidité financière. En assurance vie, nos cotisations ont enregistré une hausse de 20%, quand le marché a connu un mouvement de décollecte. Grâce à une gestion financière rigoureuse, nous avons réussi à servir des taux de rendement nets de 3,7%, bien au-dessus de la moyenne du marché. Nous avons également renforcé nos fonds propres de plus de 55 M€.

Autre bonne nouvelle, le nombre de nos adhérents a continué de croître, d'environ 4 500 personnes. Il s'agit là d'une belle performance, quand on sait qu'une majorité de notre population est constituée d'anciens combattants, des gens de plus de 70 ans. Ces chiffres prouvent bien que notre réseau commercial reste très performant.

Son parcours

  • 1970 Diplômé de l'École nationale supérieure des mines et de la métallurgie de Nancy.
  • 1973-2005 Entre à la direction des études et des travaux neufs des Charbonnages de France. Il en devient secrétaire général en 2001 puis directeur des activités industrielles jusqu'à sa retraite en 2005.
  • De 1986 à 1995 Président du syndicat CGC des ingénieurs des industries extractives de Lorraine.
  • 2005 Fonde l'Association pour l'entraide médicale en Moselle Est.
  • 2012 Élu président de la Carac.
Cette population n'est-elle pas un frein à votre développement ?
Compte tenu de l'érosion inéluctable de nos adhérents historiques, renouveler nos adhérents est un beau challenge. Seulement voilà, par la force des choses, nous allons être obligés de changer progressivement d'univers institutionnel. C'est pourquoi nous cherchons à ce que notre nom, jusqu'ici rattaché au monde des anciens combattants, soit désormais davantage lié à celui de l'économie sociale et solidaire. Ce virage est nécessaire pour une mutuelle d'épargne comme la nôtre. Nous ne pouvons pas, nous contenter de rester replier sur nous-même, car si nous n'avançons pas, nous serons bientôt vulnérables.

Pourquoi mettre autant l'accent sur l'épargne solidaire ?
Aujourd'hui, de plus en plus de gens veulent donner un sens à leur épargne en plaçant leur argent dans le financement de projets ayant une utilité sociale. Or, nous avons été précurseurs dans ce domaine, puisque nous avons créé, dès 2004, le premier produit d'assurance vie solidaire, baptisé Entraid'Épargne Carac. Neuf ans plus tard, cette solution bat tous les records. L'an dernier, nous avons récolté plus de 235 000 € de dons au bénéfice d'associations partenaires. Preuve supplémentaire que l'épargne solidaire évolue favorablement, nos comptes Épargne Famille - qui permettent à nos adhérents de transmettre facilement du patrimoine à leurs proches - connaissent également beaucoup de succès. Mais soyons clairs, notre objectif n'est pas de faire uniquement de l'économie sociale et solidaire.

Quelles autres orientations stratégiques souhaitez-vous donner à la Carac ?
En fait, nous voulons plus nous impliquer sur les territoires. Pour ce faire, alors que, jusqu'à présent, tout était centralisé au siège parisien, nous avons récemment réorganisé notre réseau salarié et créé des pôles de développement locaux. Cette orientation stratégique nécessite aussi d'impliquer davantage nos élus. En effet, ces derniers ont, un grand rôle à jouer en soutien de notre réseau de conseillers mutualistes. Nous comptons sur eux pour nous ouvrir les portes en régions. Or, même si ce discours semble bien passer, ce n'est pas facile de faire évoluer les mentalités de cette population, constituée, je le répète, majoritairement d'anciens combattants.

Nous cherchons à ce que notre nom soit désormais davantage lié à l'économie sociale et solidaire qu'aux anciens combattants.

Comment comptez-vous vous y prendre ?
Petit à petit, nos élus partent, car ils ont atteint la limite d'âge. Au conseil d'administration, nul ne peut se représenter s'il atteint 75 ans l'année de l'élection. Dans ces conditions, sept administrateurs (sur trente-six) ont dû céder leur mandat l'année dernière. À ce rythme, nous avons calculé que, d'ici à 2016, c'est plus de la moitié du conseil d'administration qui sera renouvelé. C'est donc le bon moment de mobiliser les troupes et d'impulser le changement.

Lors d'un séminaire organisé à Lille il y a quelques semaines, nous avons évoqué avec nos élus la stratégie de la mutuelle dans les années à venir et les missions que nous voulions leur confier. Résultat, nous avons obtenu carte blanche de leur part pour faire évoluer la mutuelle, sur le plan organique comme sur le plan externe. Cette feuille de route fera d'ailleurs l'objet d'une résolution votée en assemblée générale le 13 juin prochain.

Nous tenons à garder notre autonomie et nous sommes en excellente santé financière. Du coup, notre objectif est plutôt de racheter des portefeuilles.

Envisagez-vous des opérations de croissance externe ?
Nous cherchons effectivement à initier des partenariats, avec d'autres mutuelles à taille humaine, pour développer nos produits. Nous sommes ainsi à l'affût des opportunités qui pourraient se présenter. Nous avons reçu plusieurs appels du pied de grands groupes mutualistes qui sont en train de se constituer. Mais cela n'aboutira certainement pas, car nous tenons absolument à garder notre autonomie et notre liberté d'action. Alors que de nombreux organismes sont en difficulté, nous sommes de notre côté en excellente santé financière. Du coup, notre objectif est plutôt de racheter des portefeuilles. Pour autant, l'idée n'est pas de changer de créneau. Ainsi, pas question de faire de la santé. Nous voulons nouer des alliances avec des mutuelles qui nous ressemblent, qui font de l'économie sociale et solidaire.

Nos réflexions de développement externe portent également sur les domaines de la dépendance et de la prévoyance, sans pour autant aller sur le collectif. Mais attention, ne nous trompons pas : notre ambition n'est toutefois pas de passer de 340 000 à 600 000 adhérents. Nous voulons progresser de façon raisonnée.

Vos adhérents sont-ils prêts à vous suivre dans cette voie ?
Les mentalités changent, et nos adhérents ont bien compris que la Carac, qui fêtera l'an prochain ses 90 ans, doit se moderniser. De toute façon, ils savent que quel que soit l'avenir de la mutuelle, notre objectif restera toujours de garantir avant tout leur patrimoine.

1. NDLR : cotisations brutes en hausse de 8,58%, à 487,2 M€.

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