David Dubois et Lionel Périnel (RGA) : « Faire évoluer les méthodes de sélection des risques »

David Dubois et Lionel Périnel (RGA) : « Faire évoluer les méthodes de sélection des risques »
David Dubois Directeur France & BeLux de RGA et Lionel Périnel Directeur Europe continentale de RGA

Concurrence accrue, multiplication des offres digitales... dans ce contexte, le marché de l’assurance emprunteur peut difficilement se passer de l’expertise de la réassurance. Explications avec deux experts de RGA.

Argus de l'Assurance : La réassurance est-elle de plus en plus présente dans le domaine de l’assurance emprunteur ?
David Dubois –
Disons que, globalement, en assurances de personnes, les cédantes ont eu tendance, ces dix dernières années, à faire davantage de rétention de risques et moins de cessions aux réassureurs. En assurance emprunteur, on peut noter que demeure une exception : les risques aggravés sont restés dans la sphère des réassureurs. Cela nous a conduits à être plus proactifs et à investir davantage dans le développement de solutions et de services à proposer aux assureurs, notamment en B to B to C en concevant de nouveaux produits, en revoyant les processus de souscription et en développant les solutions de souscription automatisée pour faciliter le parcours de souscription.

Les offres digitales qui se développent en assurance emprunteur conduisent-elles les assureurs à se tourner vers la réassurance ?
D. D. –
Beaucoup d’offres de e-souscription se développent en emprunteur chez les assureurs individuels et, plus récemment, chez les bancassureurs. Or sur le digital, l’enjeu se situe au niveau de la sélection médicale avec, en ligne de mire, la simplification du processus. Et sur ce point, nous avons une expertise forte et une capacité à établir rapidement une tarification pour les risques aggravés, c’est-à-dire les risques qui sortent de la tarification dite « standard ». Les cédantes ont régulièrement recours aux réassureurs pour cette exper­tise, mais avec le souhait de simplification des parcours de souscription, mais aussi les évolutions réglementaires récen­tes, les réassureurs sont amenés à repenser leurs services. On s’interroge aujourd’hui sur les nouveaux critères de tarification et d’analyse du risque.

David Dubois Directeur France & BeLux de RGA
SON PARCOURS

Âgé de 49 ans, David Dubois est actuaire certifié IA, diplomé du centre d’études actuarielles, titulaire d’un certificat marketing digital, d’un MBA de l’ESCP Europe et d’un DEA en économie mathématique et économétrie de l’université Paris 2.

  • 1991-1998 Responsable marchés puis études chez Scor Vie.
  • 1999-2002 Directeur adjoint à la direction assurance de personnes de Sorema.
  • 2002-2003 Senior manager en actuariat conseil retraite et rémunérations chez PwC.
  • 2003-2009 Directeur des assurances de personnes de Munich Re France.
  • 2010-2016 Directeur du développement de RGA France.
  • Depuis 2017 Directeur France de RGA et président de l’Institut des actuaires, depuis juillet 2016.

Peut-on envisager de tarifer les risques en assurance emprunteur sans utiliser de critères d’ordre médical ?
Lionel Périnel –
 Aujourd’hui, d’une maniè­re générale, la réglementation évolue vers moins de capacité de recours à l’état de santé pour établir un prix. Nous avons mené une expérience sur le marché américain à partir des scores de crédit attribués aux emprunteurs. Nous avons établi une grille de sélection et de tarification des risques pour une assurance temporaire décès en limitant le recours aux données de santé lors de la souscription et en se basant sur ces scores, à partir d’analyse de corrélation et de modélisation prédictive. En France, on pourrait envisager de faire évoluer les méthodes de sélection des risques par une tarification utilisant la combinaison d’autres critères explicatifs du niveau de risque, sous réserve de disposer des données adéquates pour mener ces études.

La résiliation annuelle, via l’amendement Bourquin, aura-t-elle un impact sur les tarifs ?
D. D. –
Avant les conséquences de l’amendement Bourquin, on observe surtout les évolutions d’Aeras et notamment le droit à l’oubli. Les pouvoirs publics et les associations de malades souhaitent élargir ce droit à d’autres pathologies et raccourcir le délai du droit à l’oubli à cinq ans. Cela a pour conséquence de modifier la communauté des risques et pourrait, à terme, faire augmenter le niveau général des primes d’assurance et des tarifs de réassurance. Mais dans le même temps, les évolutions réglementaires contribuent à attirer de nouveaux entrants et le marché s’ouvre davantage à la concurrence. Il est donc difficile de dire aujourd’hui quel sera le bon équilibre tarifaire, tant pour les réassureurs que pour les assureurs, et donc les incidences pour les assurés. Les stratégies des acteurs sont entrain de se redessiner progressivement.

Lionel Périnel Directeur Europe continentale de RGA
SON PARCOURS

À 45 ans, Lionel Périnel est actuaire certifié IA. Il a été vice-président de l’institut des actuaires de 2010 à 2012.

  • 1996 Actuaire tarification chez Axa (Lausanne, Suisse).
  • 1998 Rejoint l’ERC Frankona (désormais membre de Swiss Re), basé à Paris. En 2003, il devient directeur des marchés français et belge.
  • 2007 Directeur France de RGA auquel s’est ajouté le pôle Espagne en 2015.
  • Depuis 2017 Directeur Europe continentale de RGA.

Sur le marché de l’emprunteur, qu’est-ce qui pourrait modifier la donne en matière de concurrence?
L. P. –
Aujourd’hui, il faut regarder du côté des plateformes non plus B to B, mais B to C qui pourraient arriver sur le marché dans les six mois. Ce type d’acteurs pourrait changer la donne et séduire des emprunteurs qui ne souhaitent pas avoir un conseiller en direct. Mais il y aura un équilibre à trouver pour ces acteurs entre le full digital et l’éventuel besoin d’un conseiller pour négocier avec l’organisme emprunteur en cas de refus d’assurance.

Des partenariats avec ce type de plateformes pourraient-ils vous intéresser ?
D. D. –
Cela fait partie des choses que l’on regarde et nous ne nous interdisons pas des partenariats. Mais, pour RGA, le principal objectif est surtout de continuer à accompagner nos cédantes avec des services et notre expertise en matière de tarification. Aujourd’hui, personne ne peut dire comment vont se compor­ter les emprunteurs.

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