Didier Gardinal, président du Sagamm, le syndicat des agents généraux MMA : « Les compagnies devront donner plus de pouvoir aux agents »

Avant de passer le relais en mai 2013, le président du syndicat des agents généraux MMA fait le point sur la situation du réseau, qui se démarque par une forte activité en risques d'entreprise, et livre sa vision du métier dans un environnement économique difficile.

Comment se porte le réseau MMA ?
L'année 2012 a été bonne sur le plan commercial, malgré la crise, qui s'est traduite par des tensions en risques d'entreprise et par une baisse de production en assurance vie. Sur l'ensemble du réseau, les commissions ont augmenté en moyenne de 4,7 %, une croissance qui s'explique par de bons taux de développement en risques des particuliers, dans lequels MMA continue à investir, mais également par le bon positionnement du réseau sur les risques d'entreprise (25,75 % des commissions). Ce marché est perturbé par des dépôts de bilan, des baisses de chiffre d'affaires et des réductions d'effectif, qui se répercutent sur les contrats d'assurance. Mais il y a toujours des affaires à aller chercher.

Son parcours
 

  • 1975-1992 Employé chez Groupama Albi (Tarn).
  • Depuis 1992 Agent général MMA à Albi en association au sein d'une agence devenue SARL en 2003 (4 associés, 6 points de vente, 12 collaborateurs).
  • 2006 Président du syndicat des agents MMA lors de la fusion avec Azur.
  • Depuis 2007 Président du syndicat unifié MMA-Azur.
  • Depuis 2008 Président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) Midi-Pyrénées, membre du bureau national de CCI France.
La forte proportion d'associations et de sociétés au sein du réseau est-elle un atout sur le marché des entreprises ?
C'est un élément important. Une agence comptant plusieurs associés aura des moyens plus importants pour se professionnaliser, pour développer les compétences et les services d'analyse, de conseil et de prévention nécessaires pour aborder les entreprises de moins de 20 salariés ne disposant pas de risk-managers. Elles constituent l'essentiel du tissu économique. Ce qui explique également notre avance par rapport à d'autres réseaux, c'est la volonté de MMA de positionner les agents sur ce marché en développant la formation et en accordant des pouvoirs supplémentaires aux agents.

Quelles sont les perspectives pour 2013 ?
Je suis assez réservé. L'onde de choc de la crise se répercute à retardement sur les agents. En risques d'entreprise, certains clients pourraient connaître des difficultés. En épargne, je ne suis pas certain que nous retrouvions le niveau de production des années passées. Et en risques des particuliers, la concurrence va encore se renforcer : les banques mettent davantage l'accent sur l'assurance dans leur communication, c'est un signe. Sans compter que la santé individuelle, qui pèse en moyenne 10 % de l'activité du réseau, va nous échapper. Il va falloir s'orienter vers d'autres marchés : la retraite, la prévoyance, la collective...

En collective, comment travaillerez-vous à l'avenir, sachant que l'accord de distribution avec Quatrem doit être revu fin 2014 ?
Nous attendons des décisions. À ce stade, plusieurs options sont envisageables : la poursuite de l'accord avec Quatrem ou des synergies avec Apgis et SMI, opérateurs qui font partie de Covéa. Avoir plusieurs fournisseurs pourrait être un plus, n'en avoir aucun nous amènerait à nous tourner vers le courtage. Plus que le choix du fournisseur, ce qui m'inquiète c'est la rédaction de la loi sur la généralisation de la complémentaire santé.

Nous avons obtenu de travailler sur des plans commerciaux à trois ans.

Comment percevez-vous la création de Covéa coopérations ?
Les agents sont représentés dans les conseils d'administration de MMA, de Covéa et, maintenant, de Covéa coopérations, ce qui est une bonne chose. Cette opération technique est plutôt rassurante, dans la mesure où elle consolide et stabilise le groupe. Elle laisse aussi présager des mutualisations. Et qui dit mutualisation, dit économie d'échelle. J'espère que cela permettra au groupe d'être plus compétitif, ce qui serait positif pour les agents.

Où en sont les relations avec MMA ?
Nous sortons d'un conflit avec la direction commerciale, dont la stratégie ne cessait de changer. Depuis, le dialogue a repris : nous avons obtenu de travailler sur des plans commerciaux à trois ans, afin de pouvoir programmer des investissements et des embauches. Nous menons en parallèle des réflexions sur des sujets de fond : l'agent et l'agence de demain, la fidélisation des clients, ou encore le « e-business ». Internet génère aujourd'hui des affaires en agence. Il nous faut désormais faire vivre les agences virtuelles, les adapter à l'activité et à la personnalité de chacun.

Qu'entendez-vous par agent et agence de demain ?
Le métier est en train de changer profondément, ce qui aura des répercussions, y compris dans les relations avec les compagnies. À l'avenir, les agents devront maîtriser les nouvelles technologies sur le bout des doigts et être de véritables chefs d'entreprise et managers d'équipe, qui investiront davantage dans la formation afin d'être iden-tifiés en tant qu'experts par les entreprises, apporteront de nouveaux services et s'impliqueront davantage dans la vie sociale de leur zone de chalandise. Cela suppose d'évoluer au sein de compagnies, qui devront, elles aussi, innover et accorder davantage de pouvoir à leurs agents.

L'agent de demain devra évoluer au sein de compagnies qui, elles aussi, innovent.

Vous allez quitter la présidence du syndicat en mai. Quel bilan tirez-vous de vos sept années de mandat ?
Tout le monde a tendance à l'oublier parce que l'opération s'est bien déroulée, mais, en 2006, nous avons fusionné deux réseaux. Et, depuis, le chiffre d'affaires des agents n'a pas cessé de progresser pour atteindre 470 000 E, alors que la moyenne de la profession est de 260 000 E. Malgré les deux conflits que nous avons traversés, nous avons réussi à conforter les relations avec MMA en instaurant des rencontres mensuelles avec les équipes dirigeantes, ce qui contribue à entretenir le dialogue. Et même si certains ont pu reprocher au syndicat d'accepter que le réseau mette la main à la poche pour surmonter des difficultés, cela s'est toujours fait en négociant des contreparties, et jamais il n'a été question de toucher aux commissions.

En tant que président de la CCI Midi-Pyrénées, vous êtes en prise directe avec le monde de l'entreprise. Quel regard les dirigeants portent-ils sur l'assurance et les agents ?
La majorité des chefs d'entreprise ne fait pas la différence entre l'assureur, le courtier ou l'agent. Dans sa globalité, notre secteur d'activité a toujours cette mauvaise image - « assureur, voleur » - qui lui colle à la peau. Pourtant, pris individuellement, l'agent général, grâce à l'expertise qu'il apporte, est souvent perçu comme un véritable conseiller de l'entreprise. Il existe une même méconnaissance à l'égard des chambres de commerce. Beaucoup de chefs d'entreprise, y compris les agents, ne savent pas qu'ils peuvent obtenir auprès d'elles une multitude de services...

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 18 octobre 2019

ÉDITION DU 18 octobre 2019 Je consulte

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Assurances dommages aux biens et risques annexes

Sarthe Habitat

16 octobre

72 - SARTHE HABITAT

Prestations de services d'assurance et de gestion de prévoyance gros risques

Les Résidences Yvelines Essonne

16 octobre

78 - LES RESIDENCES YVELINES ESSONNE

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Didier Gardinal, président du Sagamm, le syndicat des agents généraux MMA : « Les compagnies devront donner plus de pouvoir aux agents »

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié