Frédéric Hérault (Agrica) : « Notre ambition est d'aller au-delà du seul régime agricole »

Frédéric Hérault (Agrica) : « Notre ambition est d'aller au-delà du seul régime agricole »
photos : LAETITIA DUARTE Frédéric Hérault Directeur général du groupe Agrica

Le groupe de protection sociale Agrica opère une mue de son activité en renforçant son partenariat avec Crédit agricole Assurances et Groupama. Il n’entend pas pour autant renoncer à son autonomie, dans un monde paritaire toujours chamboulé. Explications avec son directeur général.

Argus de l'Assurance : Quel bilan tire Agrica de ses derniers exercices, avec un chiffre d’affaires qui est passé de 516 à 579 M€ sur les quatre dernières années ?

Frédéric Hérault (Agrica) : Sur le volet assurance de personnes, Agrica a toujours pu dégager un résultat nettement excédentaire, avec un chiffre d’affaires en croissance plus ou moins régulière. Cette bonne tenue est rendue possible par notre modèle économique équilibré entre santé, prévoyance et retraite supplémentaire, sans oublier notre solvabilité – encore renforcée par la constitution récente de la Sgaps Agrica Prévoyance.

Ces dernières années, notre dynamisme sur ce volet s’illustre aussi par le succès de notre « offre agricole » commune lancée avec Crédit agricole Assurances et Groupama sur la collec­tive, en gestion avec la Mutualité sociale agricole (MSA). Concernant la retraite complémentaire, Agrica a pu répondre à l’ensemble des objectifs des fédérations Agirc et Arrco sur le volet économies de gestion, dans l’opti­que du régi­me unifié au 1er janvier 2019. Nous faisons d’ailleurs partie des trois groupes de protection sociale dont l’ensemble des indicateurs de qualité de service fixés par l’Agirc-Arrco sont au vert.

Concernant la retraite complémentaire, votre entrée au sein de l’Alliance professionnelle s’est d’ailleurs révélée compliquée…

Cette intégration n’a pas été compliquée… mais complexe, pour le moins. Ceci étant, le principe même de l’Alliance professionnelle l’est : imaginer un nouveau modèle multiprofessionnel, jusqu’à présent inexistant, était difficile ! La décision d’Agrica de la rejoindre a finalement été rapide, une fois le modèle de l’alliance professionnelle considéré comme robuste. Il ne faut pas non plus omettre que certains organismes concernés par la retraite complémentaire restent sans solution de regroupement… Nous concernant, cette décision s’inscrit dans un ensemble, avec la constitution de notre Sgaps prudentielle et le développement de notre partenariat avec Crédit agricole Assurances et Groupama.

À la suite de l’offre agricole commune lancée en 2015, comment va évoluer votre partenariat avec Crédit agricole Assurances et Groupama ?

Nous avons développé le projet Agrica Prévoyance à la suite du bilan de cette offre commu­ne. Notre ambition : aller au-delà du seul régime agricole et nous orienter vers le régi­me général, en visant la filière agricole au sens large, avec de nouvelles solutions de distri­bution et de digitalisation.

En pratique, ce partenariat nous a permis, sur l’offre agricole, d’équiper environ 50 000 entre­prises en l’espace de quelques mois. La production agricole reste toutefois un secteur aux très nombreux accords de branche locaux, départementaux… Nous espérons ainsi élargir le champ de la branche de la production agricole, sur laquelle Agrica est référencé, au niveau national – c’est d’ailleurs l’enjeu du rapprochement des branches actuellement enclenché en France. Les petits accords se révèlent en effet de plus en plus difficiles à mutualiser…

Sur l’agroalimentaire, avant même de lancer ce projet de développement, nous avons gagné environ deux grands comptes pour un perdu. La combinaison de nos trois réseaux et la puissance de remplissage physique de Crédit agricole Assurances et Groupama, constituent une réponse forte aux différents appels d’offres des branches concernées.

SON PARCOURS

Diplômé de l’École polytechnique (1983) et de l’ENA (1987), Frédéric Hérault a d’abord été administrateur civil au ministère de l’Équipement, du Logement et des Transports avant d’intégrer la caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (MSA) en 1990.

  • 1999-2012 Directeur d’Ernst & Young, Capgemini et Eurogroup
  • 2013-2015 Directeur exécutif de la mutuelle Intériale
  • 2016 Directeur général délégué puis directeur général du groupe Agrica

Si votre part de marché est élevée sur la production agricole (environ 80 % en prévoyance), elle est logiquement plus faible sur l’agroalimentaire. Qui sont vos principaux concurrents ?

Même si nos parts de marché restent importantes sur la production agricole, la fin des désignations s’est traduite par une concurrence tout à fait inédite sur la vingtaine d’appels d’offres auxquels nous avons eu à répon­dre… Il n’y a plus de chasse gardée. Ceci étant, rester sur ces marchés va, à terme, se révéler coûteux pour les acteurs qui ne trouveront pas de modèle économique sur ce secteur. Nous espérons donc, naturellement, que ce marché se régulera à terme autour d’Agrica.

Concernant la coopération agricole, si nous protégeons la quasi-intégralité des entreprises du secteur dans notre portefeuille en retraite supplémentaire, il reste des parts de marché à conquérir en santé. Il y aura toute­fois toujours une vraie pluralité d’acteurs sur cette branche. Enfin, nous sommes effectivement dans une position de challenger sur l’agroalimentaire, avec un acteur historiquement implanté. Nous nous sommes fixé par conséquent des objectifs réalistes, avec le souhait que notre solidité puisse attirer vers nous des branches comme des entreprises.

Agrica reste pour l’heure un groupe indépendant. Peut-il le rester alors que la concentration du monde paritaire n’est pas achevée, à en juger le rapprochement HumanisMalakoff Médéric ?

L’autonomie d’Agrica est à la base même de sa création il y a une vingtaine d’années : sa fondation était une volonté du milieu agricole. Il ne faut pas oublier qu’en dehors du conseil de l’agriculture française (CAF), Agrica est finalement le seul endroit où l’ensem­ble de la famille de l’agriculture se réunit ! Aujourd’hui, Agrica affiche une éthique de responsabilité, une bonne solidité financière… et 1,4 Md€ de fonds propres. Notre histoire se poursuit donc.

Aujourd’hui, Agrica affiche une éthique de responsabilité, une bonne solidité financière... et 1,4 Md€ de fonds propres.

Pour assurer cette indépendance, une diversification vers d’autres secteurs assurantiels est-elle envisagée ?

Notre modèle économique actuel est déjà construit et autosuffisant, avec un équilibre entre santé, prévoyance et retraite supplémentaire. Faire du IARD n’est donc pas dans notre lettre de mission, pas plus que la collec­tive interprofessionnelle. Nous sommes en complémentarité de Crédit agricole Assurances et de Groupama, qui proposent déjà du dommage de leur côté.

La prévention santé et prévoyance, en revanche, va gagner en importance…

Les métiers de la prévention vont beaucoup se transformer dans les prochaines années. Aujourd’hui, nous avons déjà une entité Agrica Prévention Santé, qui développe notam­ment des actions de prévention en entreprise, et nous privilégions du sur-mesure pour enrichir notre offre assurantielle. Dans le cadre de notre partenariat avec Crédit agricole Assurances et Groupama, nous ferons ainsi bientôt appel à un préventeur en ligne unique. Nous travaillons aussi en complémentarité avec la Mutualité sociale agricole (MSA), qui a déjà mis en place bien des dispositifs – notamment sur les arrêts de travail.

L’épargne salariale a-t-elle vocation à gagner en poids au sein du chiffre d’affaires d’Agrica ?

Nous avons lancé cette activité il y a une quinzaine d’années : elle représente désormais 21 M€ de chiffre d’affaires. Elle a toutefois vocation à rester une niche, mais dynamique : l’épargne salariale donne une profondeur de gamme pour nos commerciaux sur le thème de la préparation à la retraite.

Les groupes assurantiels se transforment pour s’adapter aux marchés en pleine évolution. Qu’en est-il pour Agrica ?

Nous avons lancé, fin 2015, un cycle global de transformation : il concerne aussi bien notre organisation, nos systèmes d’information, nos ressources humaines que notre gouvernance. Je considère que nous sommes actuellement à mi-parcours. Nous ferons le bilan vers 2020. Pour l’heure, nous sommes déjà, sur le volet SI, en train de nous doter d’une nouvelle architecture informatique, plus adaptée à un contexte où le data management – je préfère ce terme à celui de big data – importe particulièrement. L’enjeu est très important pour nous, Agrica devant assurer une gestion des flux optimale, étant donné que notre activité repose pour beaucoup sur de la délégation.

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Prestations de services d'assurances.

Hôpital local de Soultz

25 août

68 - SOULTZ

Prestations d'assistance liée à la gestion des droits de TVA déductible.

Centre Hospitalier de Béziers

25 août

34 - BEZIERS

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Frédéric Hérault (Agrica) : « Notre ambition est d'aller au-delà du seul régime agricole »

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié