Frédéric Thomas (Crédit agricole Assurances) : «Il n'est pas question d'être restrictif sur les fonds euros»

Frédéric Thomas (Crédit agricole Assurances) : «Il n'est pas question d'être restrictif sur les fonds euros»
photos : Laetitia Duarte Frédéric Thomas Directeur général de Crédit agricole Assurances

Accélérer le développement en prévoyance, renforcer le modèle de la bancassurance en dommages, faire progresser le taux d’unités de compte et poursuivre la transformation digitale : telles sont les principales ambitions du premier bancassureur français.

Quelle part représente l’assurance dans le groupe Crédit agricole ?
La part de l’activité assurance est importante puisqu’elle contribue pour près de 20 % aux résultats du groupe Crédit agricole. Le poids du métier assurance est encore amené à se renforcer. Dans le cadre du projet Ambition 2020 du groupe, nous visons une augmentation du chiffre d’affaires de 27 % en domma­ges, de 35 % en prévoyance et une croissance de 10 % de nos encours d’épargne à horizon 2019.

Quelles évolutions envisagez-vous pour y parvenir ?
En épargne, nous souhaitons accélérer sur la diversification tout en maintenant l’accès au fonds euros. Pour cela, nous allons faire progresser notre taux d’unités de compte (UC) sur encours et nous déployons une stratégie d’approche conseil avec la mise en place de modes de gestion d’épargne assistés comme les versements programmés ou la gestion conseillée. En parallèle, nous adaptons notre modèle et tendons vers un rééquilibrage progres­sif du « mix » d’activité prévoyance, assuran­ce emprunteur et dommages.

En épargne, cela veut-il dire ne plus offrir de garantie du capital à tout moment ?
La garantie du capital est toujours une question importante, mais les clients veulent surtout une espérance de gain supplémentaire sur le long terme. Aujourd’hui, la volatilité inquiète beaucoup. Or, il existe des produits de gestion qui offrent, dans le temps, des performances supérieures à des allocations d’actifs classiques avec une volatilité plus faible. C’est le cas de certains produits déjà proposés par notre partenaire Amundi ou des placements immobiliers. Nous allons continuer à les améliorer et à renforcer la formation des conseillers pour valoriser l’intérêt de la diversi­fication dans un contexte de taux bas.

Quelle est votre vision sur le fonds euros ?
Le fonds euros occupe une place à part entière dans notre stratégie, mais la question est de savoir s’il est proposé au juste prix. Chez Crédit agricole Assurances, la rémunération des fonds euros est en moyenne de 2,04 % pour 2015. C’est une baisse d’environ 0,25 point de base par rapport à 2014. C’est une position raisonnable. À l’avenir, les marchés financiers continueront de peser sur ces rendements.

SON PARCOURS

Frédéric Thomas, 59 ans, est Ingénieur agronome diplômé de l’Ensa Rennes et titulaire d’un DESS gestion des entreprises. Il a été nommé directeur général de Crédit agricole Assurances en septembre 2015.
  • 1982 Entré à la Caisse régionale du Pas-de-Calais.
  • 2000 Directeur général adjoint de la Caisse régionale de Charente-Maritime–Deux-Sèvres.
  • 2007 Directeur général de la Caisse du Crédit agricole Normandie–Seine.
  • 2015 Directeur général de Crédit agricole Assurances et de Predica.

Vous avez donc une démarche de segmentation de la clientèle ?
Nous voulons continuer à offrir aux clients retail la possibilité de se constituer un capital quels que soient leurs revenus ou leurs besoins. Il n’est pas question d’être restrictif sur les fonds euros mais nous avons des réfle­xions pour moduler les rendements en fonction de la clientèle retail, patrimoniale, ou gestion privée.

Quel bilan faites-vous des fonds eurocroissance que vous proposez ?
Nous avons été les premiers à lancer les fonds eurocroissance et nous enregistrons 290 M€ d’encours à fin 2015 sur cette offre. Les adapta­tions réglementaires en cours devraient contribuer à améliorer une offre à laquelle nous croyons et qui permet d’espérer une rentabilité supérieure au fonds euros. C’est un produit vertueux. Le seul inconvénient, au-delà du contexte difficile de son lancement, est qu’il nécessite d’avoir une allocation d’actifs plus agressive, pénalisée sous Solvabilité 2, qui rémunère une appro­che long terme et oriente vers le financement de l’économie française.

Au-delà de l’épargne et de la retraite, sur quels segments comptez-vous vous développer ?
Nous avons des ambitions fortes sur les marchés de la prévoyance et du dommage. Sur ce segment, la stratégie est simple. Nous nous inscrivons dans le modèle de bancassurance qui a déjà prouvé son efficacité. L’assurance est aujourd’hui bien installée dans les réseaux bancaires. L’idée est de proposer des produits simples et d’améliorer encore la gestion des sinistres.

Aujourd’hui, vous êtes le premier assureur sur plusieurs domaines. Quelles sont vos marges de développement ?
Il nous reste des marges de développement importantes en assurance dommages. Nous nous sommes notamment fixés comme objec­tif d’atteindre 40 % de taux d’équipement de nos clients en IARD d’ici 2020 contre 31 % en 2013. En prévoyance, nous avons également de grandes ambitions. Nous considérons que notre rythme de développement est insuffisant malgré une position forte sur le marché. Nous allons développer notre offre en prévoyance individuelle avec une straté­gie de sécurisation du patrimoine de nos clients, notamment via le réseau LCL. Et nous comptons aussi nous développer sur le segment de l’assurance emprunteur via notre filiale Caci. Notre décision de réintégrer cette activité en affaires nouvelles pour le compte des Caisses régionales, jusqu’alors assurée par CNP Assuran­ces, s’inscrit dans cette démarche.

La prévoyance collective est également dans vos objectifs ?
Sur notre offre collective, nous affichons un démarrage encourageant avec plus de 200 000 personnes couvertes en santé prévoyance à fin 2015 et près de 13 500 contrats souscrits par des professionnels. Notre ambition est d’être le partenaire de référence des entreprises pour l’épargne salariale, la retraite, la prévoyance et la santé collectives grâce à un dispositif d’approche commerciale intégré entre Crédit agricole Assurances et Amundi. Nous allons proposer une offre globale en nous appuyant sur les réseaux LCL et les Caisses régionales qui détiennent le plus gros portefeuille de PME et d’ETI en France.

Comment percevez-vous les mesures envisagées dans le cadre de la loi Sapin et notamment la création de FRPS ?
Ce nouveau véhicule envisagé par le Gouvernement offre des perspectives intéressantes, favorisant une approche de long terme comme la retraite l’exige. Mais il ne faut pas que ces mesures s’accompagnent de nouvelles contraintes prudentielles qui dénatureraient l’idée initiale. Nous y réfléchissons mais attendons le texte définitif pour prendre des décisions.

Avez-vous été impacté par la loi Hamon ?
La loi Hamon nous est plutôt favorable. En dommages, pour un client perdu, nous en gagnons deux. En assurance emprunteur, nous manquons encore de recul pour en mesurer les effets. Sur cette activité, une chose est sûre, cela nous a poussé à revisiter notre offre collective en adaptant nos tarifs et les garanties associées. Nous avons par ailleurs lancé une offre individuelle et revu la dimension conseil. Chaque assuré doit, en effet, pouvoir mesurer l’étendue des garanties souscrites et pour quel prix.

Comment percevez-vous l’arrivée sur le marché de robo advisors ?
C’est un phénomène qui nous intéresse. Notre filiale Spirica prévoit de tester des solutions de type robo advisor. Un pilote est prévu d’ici à la fin de l’année pour les réseaux des CGPI. Il existe déjà plusieurs expériences dans le groupe Crédit agricole et nous regardons cela de près. Mais nous privilégierons les solutions intégrées.

Comment percevez-vous les changements dans la représentativité de la profession ?
La volonté d’avoir un interlocuteur unique pour peser dans les débats publics tout en tenant compte des spécificités de chaque famille d’assureurs est essentielle. Cette réuni­fication est une bonne chose.

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