Hervé Hatt (groupe Finzy) : « On peut encore davantage segmenter en assurance emprunteur »

Hervé Hatt (groupe Finzy) : « On peut encore davantage segmenter en assurance emprunteur »
Hervé Hatt Président du groupe Finizy et du courtier Meilleurtaux.com

En pleine révolution du marché de l’assurance emprunteur, Hervé Hatt détaille le positionnement et les ambitions du groupe Finizy, tombé en 2017 dans le giron d’un fonds géré par Goldman Sachs, notamment sur le volet de la comparaison.

D’où vient le groupe Finizy ?
À l’origine, il s’agissait du groupe Equiman détenu par le fonds Equistone et une partie du management. Il a fait l’acquisition de Meilleur­taux.com, puis de Multi-Impact, un courtier gestionnaire d’assurances emprunteur pour compte de tiers. Au fil des acquisitions, le groupe a été baptisé Finizy. C’est la holding de tête des entités Meilleurtaux, Meilleurtauxsolutions, Meilleurtauxpro, Meilleureassurance, Meilleurebanque, MerciHenri.com, Multi-Impact, et Afexia notamment. Fin 2017, nous avons également repris le courtier Assuréa Distribution.

Quels sont vos objectifs à moyen terme ?
Outre cette croissance externe, le groupe Fini­zy connaît aussi une croissance organique importante. Le chiffre d’affaires, sans compter Assuréa, est en progression de plus de 30 % en 2017. Le groupe dégage près de 200 M€ de chiffre d’affaires sous enseigne, c’est-à-dire, en incluant toute l’activité des franchises. Notre objectif est de continuer sur cette lancée. Notre stratégie est d’être leader indépendant dans l’information, la comparaison et l’intermédiation de produits financiers en ligne pour les particuliers.

Quel poids représente l’assurance emprunteur dans l’activité du groupe ?
L’assurance emprunteur représente aujourd’hui 30 % de l’activité du groupe et elle est en progression, notamment du fait de la loi Hamon, mais aussi parce que nous avons une clientèle de plus en plus avertie sur le sujet de l’assurance emprunteur. En comparaison, le crédit immobilier, qui est notre métier historique, représente 35 % de l’activité.

Voyez-vous déjà des effets concernant la possibilité de résiliation annuelle dans le cadre de l’amendement Bourquin ?
En effet, nous voyons arriver davantage de deman­des de devis en assurance emprunteur liées à l’amendement Bourquin – une hausse de l’ordre de 20 % par rapport à l’an dernier. Toutefois, nous ne constatons pas un tsunami. Et nous ne nous attendons pas à ce qu’il y ait un « effet retard », comme nous l’avons constaté dans le cas de la loi Hamon car, cette fois-ci, il y a eu davantage de commu­nication. En revanche, il reste encore une incertitude sur ce qu’il faut comprendre par « résiliation possible à chaque date anniversaire ». Cette question est encore à clarifier.

Vous avez sensiblement développé votre activité de comparateur. Quelle place représente-t-elle aujourd’hui ?
Nous avons toujours fait de la comparaison en crédit. Nous sommes avant tout un compa­rateur-courtier, donc nous voulons présenter le plus grand nombre possible d’offres, et ce sur tous les segments de marché, que ce soit le crédit à la consommation, les tarifs bancaires, le regroupement de crédit, l’assurance emprunteur et l’assurance IARD. 75 % de l’activité du groupe vient de la conjonction de la comparaison et du courtage.

SON PARCOURS

Diplômé de HEC et d’un MBA de Stanford, Hervé Hatt a débuté dans le conseil, notamment chez Mc Kinsey.

  • 1998 Supervise la gestion des actifs financiers, puis la planification stratégique du groupe Axa.
  • 2002 Président d’Axa Banque et de la gestion privée d’Axa France.
  • 2007 Directeur général d’Axa Bank Europe.
  • 2011 Directeur général, puis président de Meilleurtaux.
  • 2013 Président d’Equiman, devenu Finizy (holding de Meilleurtaux).
  • Il est aussi vice-président de l’Association professionnelle des intermédiaires en crédit (Apic) et, à ce titre, membre suppléant du Comité consultatif du secteur financier (CCSF).

Comment se développe la comparaison en IARD ?
On constate un retard sur l’utilisation de la comparaison en IARD par rapport à d’autres pays européens, comme le Royaume-Uni, ou même l’Allemagne. L’usage en France n’a pas explosé, mais nous constatons une bonne progression, et c’est en train de se développer. Meilleureassurance.com, troisième comparateur du marché, a enregistré une progression de plus de 50 %, mais je suis toujours étonné que les assureurs IARD soient aussi réticents à aller sur la comparaison.

Comment les y inciter ?
Il me semble que la réticence vient d’une possible concurrence avec les réseaux propres, agents généraux et salariés. C’est pourquoi, dans notre comparateur, nous proposons au client, dès le début de la comparaison, de choisir un assureur avec un réseau d’agence ou non. Nous pouvons même le rapprocher d’une agence près de chez lui. Nous sommes les seuls à mettre les réseaux en avant et cela attire les assureurs.

Il reste encore une incertitude sur ce qu’il faut comprendre par “résiliation possible à chaque date anniversaire”. Cette question est encore à clarifier.

Qui sont vos partenaires pour l’assurance emprunteur ?
En assurance emprunteur, notre panel compte plus d’une dizaine d’assureurs parmi les plus importants du marché, comme Axa, Generali, April, Allianz, Afi Esca, Sphéria Vie, Cardif, MNCAP... Nous mettons en place avec Multi-Impact des contrats 100 % en ligne, ce qui correspond à une forte deman­de du marché. Nous pensons que le client doit avoir le choix. Dans le contexte d’ouverture du marché, les gens vont davantage compa­rer les produits qui, eux-mêmes, vont évoluer. Les contrats vont devenir plus segmen­tants mais aussi plus couvrants. À l’heure actuelle, plusieurs contrats bancaires présentent des exclusions importantes et la qualité des couvertures va évoluer, tout comme les tarifs. On s’attend à une baisse des tarifs sur de nombreux contrats bancaires.

Vous êtes favorable à davantage de segmentation dans les contrats emprunteurs ?
La segmentation est positive et on peut enco­re aller plus loin pour mieux coller aux besoins des emprunteurs. Je ne souscris pas à l’argument de la démutualisation en ouvrant davantage le marché. On place souvent, en individuel, des risques que les contrats groupe ne prennent pas en charge. Donc les contrats individuels, plus segmentés, ont bien une utilité.

Que pensez-vous des offres 100 % en ligne qui se développent en emprunteur ?
Elles offrent des processus très simplifiés pour les clients avec un risque standard. C’est l’ouverture du marché qui accélère ce phénomène et je trouve que le mouvement est positif. Mais il faut pouvoir être conseillé à tout moment. Quand Meilleurtaux.com répond à une demande en assurance emprunteur, nous sommes toujours là dans le processus pour fournir un conseil aux clients. Par ailleurs, Assuréa Distribution et Multi-Impact déploient aussi des contrats 100 % en ligne pour répondre aux besoins du marché.

Les pratiques des banques sont souvent critiquées. Y a-t-il une amélioration ?
Dans le métier du crédit immobilier, les banques ont la volonté de simplifier les processus d’étude et d’octroi, et nous travaillons avec elles dans ce sens. On en fait même de plus en plus pour leur compte en leur fournissant des dossiers clients complets constitués en face à face ou en ligne. Nous proposons aussi ce service en crédit à la consommation et on voit qu’il y a une vraie tendance industrielle de fond.

Si les banques réalisaient davantage de marge sur le crédit, elles pourraient être plus souples sur l’assurance emprunteur.

Et sur l’emprunteur ?
Les choses évoluent. Les banques respectent la loi, même si on constate encore des prati­ques contestables. Les réponses n’arrivent pas toujours dans les temps, les refus de délégation pour non équivalence de garanties portent parfois sur des questions de forme, etc. Ces pratiques ont donné lieu à une recommandation de l’ACPR. Il y a encore du chemin à faire pour que le jeu soit totalement ouvert, mais je pense qu’à terme, chacun fera bien son travail : banques, assureurs, intermédiaires, régulateurs…

Y a-t-il un enjeu au niveau des taux du crédit ?
On sait que les taux du crédit en France sont les plus bas d’Europe. Et cela ne favorise pas la pleine concurrence en assurance emprunteur. En effet, si les banques réalisaient davan­tage de marge sur le crédit, elles pourraient être plus souples sur l’assurance emprunteur. Mais je pense que les pratiques vont, là aussi, s’améliorer. Il y a également un levier d’amélioration avec le sujet technique du taux d’usure, qui a parfois tendance à exclure certains bons clients du crédit quand le taux combiné du crédit et de l’assurance dépasse le taux d’usure légal calculé par la Banque de France. Les pouvoirs publics sont saisis de ce sujet, qui est devenu un facteur d’exclusion contraire à son objet premier, du fait d’une formule de calcul contre-productive.

Comment se développe votre activité de gestion d’assurance emprunteur pour compte de tiers ?
Cette activité est logée dans la société Multi-Impact, qui compte 260 000 contrats d’assurance emprunteur en gestion pour environ une dizaine d’assureurs. Multi-Impact travail­le avec des distributeurs comme Meilleurtaux mais aussi avec d’autres distributeurs, qui peuvent même être concurrents de Meilleurtaux. Cette activité est en croissance car en assurance des emprunteurs, il y a un vrai besoin d’une gestion spécialisée, que ce soit pour des contrats 100 % en ligne ou plus traditionnels, dont ne disposent pas tous les intervenants.

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