Interview de Marcel Kahn, directeur général du groupe MACSF : « À l'avenir, la qualité de la relation assureur-assuré fera la différence »

Interview de Marcel Kahn, directeur général du groupe MACSF : « À l'avenir, la qualité de la relation assureur-assuré fera la différence »

Après une année 2011 riche en événements dans le secteur médical, le groupe MACSF aborde 2012 avec une nouvelle identité visuelle, une stratégie de développement vers de nouveaux marchés et un projet mobilisateur pour ses équipes.

Quel bilan faites-vous de 2011 ?

Malgré le contexte difficile, 2011 a été pour la MACSF une bonne année du point de vue commercial. En assurances dommages, santé et prévoyance, l'activité s'est maintenue à un bon niveau. En assurance vie, alors que le marché a enregistré plusieurs mois de décollecte, nous ne sommes jamais passés en négatif. Notre chiffre d'affaires en vie est resté étale à 1,6 Md€ pour 750 M€ de prestations, d'où un cash-flow positif de plus 800 ME. La bonne tenue de cette activité est liée à mon sens à la confiance qui nous est accordée par nos assurés et à la simplicité de nos produits tels que le contrat RES, qui existe depuis plus de quarante ans et qui affiche une des meilleures performances du marché depuis une dizaine d'années.

Quel taux avez-vous versé en 2011 ?

Nous avons servi un taux de 3,65% après prélèvement de 62 M€ dans la provision pour excédent, lesquels 62 M€ faisaient suite à une dotation en 2010 d'environ 30 ME, ce qui veut dire qu'au final nous avons prélevé modérément sur la PPE, à savoir 0,3 point. Je considère que 3,65% est une bonne performance étant donné le marché, sachant qu'elle a été réalisée après avoir sécurisé le portefeuille en adoptant une attitude prudente sur les obligations souveraines des pays périphériques de la zone euro.

Comment, en cette période de crise et à l'approche de Solvabilité 2, évolue votre stratégie de gestion d'actifs ?

Nous gérons plus de 20 MdE d'actifs en maintenant nos fondamentaux : l'essentiel de nos placements (85%) va vers l'obligataire, y compris les convertibles. La part d'actions reste relativement réduite (7%). En 2011, face à la baisse des rendements sur les obligations souveraines, nous avons investi dans les biens réels. Après l'acquisition pour environ 200 M€ du domaine Château Lascombes dans le Bordelais et une opération immobilière de 100 ME à Nanterre, nous regardons maintenant vers l'immobilier commercial en province.

Où en êtes-vous par rapport à Solvabilité 2 ?

Dans le cadre du QIS5 basé sur l'année 2009, le niveau de solvabilité du groupe était quasiment identique à celui qui ressort dans le régime prudentiel actuel. Le résultat de l'exercice sur la base des chiffres 2010 serait sans doute un peu moins bon. Mais nous sommes sereins. Le groupe MACSF est suffisamment solide et diversifié. Par ailleurs, il s'est doté des compétences pour passer le cap. En 2011, nous avons recruté une quarantaine de personnes pour renforcer nos fonctions de pilotage - actuariat, contrôle interne, modélisation des risques, etc. Néanmoins, j'estime qu'il reste des sujets de fonds non résolus : l'horizon de un an pour le calcul des risques alors que nous sommes des investisseurs sur le long terme, ou encore cette situation paradoxale qui fait qu'au regard des capitaux à mettre en face des actifs, il vaut mieux investir dans des obligations grecques que dans des actions...

Mediator, prothèses PIP : quelles répercussions ont ces affaires sur votre activité en RC médicale ?

Pour ce qui est du Mediator, nous avons ouvert environ 110 dossiers. D'un point de vue assurantiel, en l'état actuel des choses, la situation reste tout à fait gérable. En ce qui concerne les prothèses PIP, ce dossier s'avère encore moins engageant à notre niveau, car il semble avéré qu'il y a eu tromperie du fabricant. Plus généralement, ces affaires posent des questions essentielles sur le principe de précaution, la sécurité et le contrôle du matériel médical et des médicaments. Aujourd'hui, la problématique est de maintenir la relation de confiance entre les patients et leur médecin. Si vous en arrivez à vous interroger sur la dangerosité d'un médicament qui vous a été prescrit, cela devient très préoccupant.

Comment avez-vous accueilli la réforme de la RC médicale ?

La création du fonds de garantie est une très bonne chose, parce qu'elle supprime le risque de ruine qui avait pour conséquence d'éloigner certains médecins de l'exercice libéral, et qu'elle répond à la question de l'assurabilité des professionnels de santé. À notre niveau, le relèvement du minimum garanti n'a pas eu d'incidence sur les tarifs. Nos contrats atteignaient déjà 6 ME, au lieu des 3 ME réglementaires avant. Nous avons estimé pouvoir absorber le passage à 8 ME sans majoration tarifaire.

Comment avez-vous abordé ce début d'année 2012 ?

Nous venons de moderniser notre identité visuelle afin de clarifier l'image du groupe MACSF et de ses composantes, mais aussi d'affirmer nos valeurs de mutuelle contemporaine. Je suis convaincu que c'est un modèle qui fonctionne et que la différence à l'avenir se fera de plus en plus sur la qualité de relation entre l'assureur et ses assurés. En interne, nous venons de lancer un projet visant à amener les équipes à mieux travailler ensemble, en les invitant - à travers de petits groupes de travail - à redéfinir les pratiques, les comportements et un langage communs. Le droit à l'erreur ou la délégation, par exemple, sont des notions qui doivent être comprises par tous, managers et managés.

Quels sont vos axes de développement ?

Nous explorons différentes pistes : le multi-canal et le cross-canal en matière de distribution, l'amélioration de l'offre d'assurance pour la vie privée des professionnels de santé, le développement des activités santé, prévoyance et retraite, ou le financement. Nous travaillons sur de nouveaux relais de croissance, comme les cliniques privées, marché sur lequel la MACSF se positionne à nouveau. Depuis le 1er janvier, nous assurons en RC professionnelle la Générale de Santé, premier groupe hospitalier privé de France. Via notre filiale Libea, nous ciblons par ailleurs les enfants de nos sociétaires et les professions libérales non médicales, comme les avocats. Nous venons de décrocher les barreaux de Paris et de Lyon en prévoyance. Nous évoluons à notre rythme, mais nous pensons avoir une légitimité sur ces nouveaux marchés.

SON PARCOURS

Diplômé de l'Essec, actuaire, Marcel Kahn, qui a rejoint la MACSF en 2008, est aussi secrétaire général de la Roam ; vice-président de l'Amice (association des assureurs mutualistes) ; et membre de la commission exécutive de la FFSA.

  • 1998-2000 Directeur contrôle de gestion, international, stratégie et développement d'Axa.
  • 2001-2003 Directeur général de PartnerRe France et directeur financier de PartnerRe Global.
  • 2004 Directeur financier de Scor.
  • 2008 Directeur général délégué du groupe MACSF.
  • 2011 DG du groupe MACSF.

 

Après des acquisitions telles que le domaine Château Lacombe, nous regardons vers l’immobilier commercial en province.

 

 

Nous estimons pouvoir absorber le passage à 8 M€ prévu par la réforme de la RC médicale sans majoration tarifaire.

 

 

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