J.F. Lequoy, Natixis Assurances : «Nous avons l'ambition d'un chiffre d'affaires supérieur à 10 Md€ en 2017»

J.F. Lequoy, Natixis Assurances : «Nous avons l'ambition d'un chiffre d'affaires supérieur à 10 Md€ en 2017»
photos : laetitia duarte

Jean-François Lequoy revient sur le regroupement des activités d’assurance des réseaux Caisse d’épargne et Banque populaire au sein de Natixis Assurances, sur le partenariat renouvelé avec CNP Assurances et sur les projets du bancassureur.

Vous êtes à la tête du nouveau pôle assurance de Natixis pour le groupe BPCE. Comment s’est-il constitué ?
En novembre 2013, le plan stratégique Grandir autrement du groupe BPCE, deuxième réseau bancaire français, a affiché le fait que l’assurance était un métier stratégique. Dans le groupe, elle repose aujourd’hui sur quatre business models. L’assurance vie des Banques populaires est portée par ABP Vie et ABP Prévoyance, filiales détenues à 100 % par Natixis. L’assurance vie des Caisses d’épargne est déve­loppée via un partenariat avec CNP Assurances où BPCE est seulement distributeur. L’assurance dommages des Banques populaires est opérée par ABP IARD, joint-venture avec Maaf. Enfin, du côté des Caisses d’épargne, l’assurance dommages est portée par BPCE Assurances, filiale commune avec la Macif et la Maif. Le groupe a rassemblé ses compagnies dans un pôle unique d’assurance chez Natixis. J’en ai pris la respon­sabilité dès sa création en mars 2014, après le rachat par Natixis de BPCE Assurances, qui était détenue directement par BPCE.

Quel est le rôle de Natixis ?
Natixis, filiale à 72 % de BPCE, détient le holding Natixis Assurances qui chapeaute toutes les filiales d’assurances. Nathalie Broutèle est chargée de la branche personnes, Paul Kerangueven du non-vie et Pierre Garcin des solutions d’assurances, chargée des risques propres du Groupe BPCE et les partenariats externes.

Quelle est l’ambition de BPCE en matière d’assurance ?
BPCE veut devenir un bancassureur de plein exercice. C’est pourquoi les affaires nouvelles vie et prévoyance des Caisses d’épargne seront assurées par Natixis à partir de 2016, dans le cadre du projet Assurément#2016. En dommages, les partenariats capitalistiques et indus­triels avec la Maaf, la Macif et la Maif ont été pérennisés à l’horizon de notre plan stratégique. En 2013, le chiffre d’affaires assurance du groupe était de 4,8 Md€ et il a atteint 6 Md€ en 2014. Notre ambition est qu’en 2017, il soit supérieur à 10 Md€ du fait de la reprise des affaires vie et prévoyance des Caisses d’épargne et du développement de nos activités actuelles.

Comment y arriverez-vous ? En équipant les clients bancaires ?
C’est l’un des axes phare du plan : faire passer le taux d’équipement de 20 % en 2013 à 30 % fin 2017. Nous voulons révéler le plein potentiel des deux réseaux en assurances pour leurs clients particuliers et profes­sionnels, mais nous ne souhaitons pas assurer les risques d’entreprise ou nous diversifier à l’international.

SON PARCOURS

Âgé de 54 ans, Jean-François Lequoy est polytechnicien, diplômé de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae) et de l’Institut des actuaires français (IAF).
  • 1986 Commissaire contrôleur des assurances au ministère des Finances.
  • 1991 Sous-directeur à la direction des assurances de la Compagnie de Suez.
  • 1994 Directeur général du courtier J & H Marsh & Mc Lennan.
  • 1998 Directeur général et administrateur de La Mondiale Partenaires (ex-La Hénin Vie).
  • 2001 Directeur financier, puis membre du comité exécutif du groupe AGF.
  • 2008 Délégué général de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).
  • Depuis 2014 Membre du comité de direction générale de Natixis, chargé des activités d’assurance.

En assurance dommages, vous avez vendu un million de contrats en 2014…
Nous sommes dans une très bonne dynamique, avec un portefeuille de plus de quatre millions de contrats à fin 2014. L’année dernière, le chiffre d’affaires dommages a dépassé le milliard d’euros, en croissance de 9 %, dont les deux tiers réalisés par les Caisses d’épargne et un tiers par les Banques populaires.

En tant que nouvel entrant, profitez-vous de la résiliation infra-annuelle ?
Cela ne change pas notre stratégie d’équiper nos propres clients. Le nouveau dispositif permet cependant, lorsque nos clients sont intéressés par nos offres, de concrétiser les contrats plus rapidement.

En assurance vie, comment s’est déroulée la renégociation du partenariat avec CNP Assurances ?
Les discussions avec CNP ont permis dedéfinir les termes d’un partenariat reconduit à partir de 2016. C’est BPCE qui le renouvelait, mais le pôle assurance est chargé de sa mise en œuvre. Il conduit notamment depuis plus d’un an le projet Assurément#2016. Ce chantier industriel emploie 130 personnes à temps plein pour construire l’offre qui sera distribuée par les Caisses d’épargne en 2016, faire les adaptations informatiques nécessaires, mettre à jour les politiques de gestion des risques et d’investissement, etc.

Que comporte ce nouveau partenariat ?
CNP restera l’assureur du stock des contrats souscrits avant 2016 – près de cinq millions de clients des Caisses d’épargne ont un contrat CNP pour 110 Md€ d’encours – et des reversements futurs. Il comporte aussi un accord en assurance emprunteur pour tous les réseaux dans le cadre d’une coassurance avec CNP, qui sera l’apériteur. CNP travaillera également avec nous en prévoyance collective, dépendance et garantie du locataire. Natixis réassurera 10 % du stock des assurances vie des Caisses d’épargne garanties par CNP.

CNP a lancé un contrat eurocroissance pour Caisse d’épargne. Pourquoi n’était-ce pas Natixis ?
CNP a lancé une offre d’eurocroissance pour ses clients des Caisses d’épargne. Rappelons que le transfert d’un fonds en euros vers un fonds eurocroissance n’est possible qu’au sein d’un même assureur. De son côté, Natixis Assurances lancera un support eurocroissance en 2016 à l’intention des Banques populaires et des Caisses d’épargne.

Vous avez suivi la naissance de l’eurocroissance à la FFSA. Qu’en pensez-vous aujourd’hui ?
Cet environnement réglementaire nouveau et intelligent va indéniablement rencontrer sa demande : entre le fonds en euros et les unités de compte, il y a de la place pour l’eurocroissance. Néanmoins, il y a aussi une réalité : le niveau des taux d’intérêt très bas d’aujourd’hui rend plus difficile son lancement. Quand la loi créant l’eurocroissance a été votée, le taux des obligations françaises à dix ans était de 2,5 % et l’on avait en tête une garantie de capital à 100 % au bout de huit ans. Aujourd’hui, avec des taux à 0,5 %, il n’est pas possible d’avoir une poche d’actifs plus dynamique que celle des fonds en euros actuels, sauf à proposer une garantie du capital inférieur à 100 % ou à délivrer la garantie du capital à 100 % bien au-delà de huit ans.

Pour les fonds en euros, quelle a été votre politique de taux de rendement ?
En 2014, notre taux de rendement était en moyenne de 2,42 %, en baisse de 40 points de base par rapport à 2013, ce qui nous a permis de doter la provision pour participation aux excédents. Que les taux restent dura­blement bas ou qu’ils remontent, il est important de constituer des réserves. Dans le contexte actuel de taux très bas, il faut aussi accompagner nos clients pour qu’ils diversifient leur épargne vers les unités de compte. Elles représentent 15 % de la collecte en 2014.

Comment vous préparez-vous au marché de la santé et la prévoyance collective ?
Pour les entreprises de moins de 20 salariés, la Macif, qui est notre partenaire industriel en santé individuelle aujourd’hui, sera l’assureur de santé collective. CNP présentera des options de prévoyance en supplément du socle de santé collective. Pour les entreprises de plus de 20 salariés, notre partenaire unique sera CNP. Ces offres seront distribuées à partir de cet été.

Quelle est votre position sur l’assurance emprunteur ?
Le dispositif mis en place avec les nouveaux critères d’équivalence de garanties nous paraît être un bon texte. Dans le réseau des Banques populaires où Natixis est aujourd’hui l’assureur groupe, le taux de pénétration du contrat de groupe est seulement de 65 %. Cela veut dire que 35 % sont en délégation.

Cela fait un an que vous êtes chez Natixis. Que pensez-vous de la bancassurance ?
Elle représente les deux tiers du marché de l’assurance vie et, fin 2013, 13 % de celui de l’assurance non-vie, part qui augmente d’un point tous les deux ans. C’est un modèle pertinent pour tout le monde. Les clients y trouvent des offres de bonne qualité, car, pour que les conseillers bancaires parlent en confiance d’assurance, ils doivent être sûrs de la qualité de l’offre, notamment lors des sinistres. Le taux de satisfaction de nos clients sur les plates-formes de gestion de sinistres atteint ainsi 95 %. De leur côté, les banquiers trouvent dans l’assurance un complément naturel à leur métier en protégeant le patrimoine de leurs clients. La relation d’assurance renforce la relation bancaire. Ils y trouvent aussi un complément de revenus.

L’assurance des professionnels est-elle le prochain défi de la bancassurance ?
Au sein des Banques populaires, l’objectif à horizon 2017 est qu’un client professionnel sur trois soit équipé en assurance non-vie. Aujourd’hui, c’est déjà une activité importante avec un taux d’équipement d’environ 25 %.

Quelle est l’importance du numérique pour Natixis Assurances ?
C’est un volet important du plan stratégique de BPCE auquel l’assurance participe plei­nement. L’objectif est que 80 % des offres du groupe soient digitalisées à fin 2017, dans une approche « multicanal, multidevice ». Aujourd’hui, un client des Caisses d’épargne peut souscrire en ligne à une offre MRH ou automobile. La dématérialisation des offres et le déploiement de la signature électronique se font progressivement, produit par produit, réseau par réseau.

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