Jean-Dominique Antoni (IMA) : « Le nerf de la guerre, c'est le coût du dossier »

Jean-Dominique Antoni (IMA) : « Le nerf de la guerre, c'est le coût du dossier »
Jean-Dominique Antoni, Président du directoire d’Inter Mutuelles Assistance

Jean-Dominique Antoni associe l’autorité économique (plus de 8 % de rentabilité) au charme mutualiste (Matmut, Maif et Macif comme actionnaires) dans sa gestion d’Inter Mutuelles Assistance. En plein démarrage du plan stratégique 2015-2017 de l’entreprise, cet assisteur perçoit d’excellentes perspectives pour la profession.

Comment définiriez-vous Inter Mutuelles Assistance ?

Le groupe IMA, qui s’appuie sur plus de 3 300 collaborateurs, conçoit, assemble et met en œuvre depuis 1981 des solutions d’assistance adaptées aux besoins de ses actionnaires (1). Issu du monde de l’économie socia­le, le groupe distribue ses contrats par l’intermédiaire de ses actionnaires sociétés d’assurance, mais aussi de bancassureurs, de mutuelles et institutions de prévoyance, de constructeurs automobiles, de loueurs de véhicules et de la grande distribution. Nous sommes au service de plus de 40 millions de bénéficiaires potentiels et nous assistons une personne toutes les 11 secondes !

IMA se singularise toutefois dans le paysage de l’assistance par sa prédominance en France où 90 % de son chiffre d’affaires est encore réalisé et aussi par son ancrage économico-social. Est-ce un atout ?

Oui, cela nous donne une base suffisamment solide pour notre développement y compris à l’international. Nous avons dépassé l’ensem­ble des objectifs de notre plan stratégique 2012-2014 avec 568 millions d’euros de chiffre d’affaires contre 531 millions d’euros prévus. Les résultats du groupe ont atteint 10 millions d’euros au lieu des 3,9 millions planifiés. Au regard de notre fonctionnement, il faut les rapporter aux 198 millions d’euros de chiffre d’affaires marchand et à nos fonds propres, qui s’élèvent à 120 millions d’euros, puisque par construction, nos GIEs (ndlr : groupements d’intérêt économique) sont à résultat nul.

SON PARCOURS

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, en droit public et en sciences politiques.
  • 1975 : Chef de projet, directeur commercial puis directeur délégué de la sauvegarde à la GMF.
  • 1985 : Directeur technique et commercial de GMF IARD.
  • 1987 : Conseiller à la direction générale, directeur de Filia-MAIF puis directeur adjoint de la Maif.
  • 2002 : Directeur des opérations de la Maif.
  • 2006 : Directeur délégué de la Maif.
  • Depuis 2008 : Président du directoire d’Inter Mutuelles Assistance SA et DG d’IMA GIE.Membre de la commission exécutive du Gema (groupement des entreprises mutuelles d’assurance).

Les nombreuses structures juridiques, activités et filiales qui composent IMA la rendent nébuleuse. Pouvez-vous détailler ce tableau à multiples entrées ?

Le groupe compte, en effet, 19 sociétés. Il y a tout d’abord IMA SA, la holding qui consolide l’ensemble des résultats du groupe, puis deux GIEs que sont IMA GIE chargé de l’assistance automobile et médicale et IMH qui propose des services relatifs à l’habitat. Ensuite, il y a les filiales ou plutôt les sociétés de services et d’assurance qui nous permettent de travailler avec des clients extérieurs à notre actionnariat. Il s’agit d’IMA Assurances et Assurima. Il y a aussi IMA Technologies qui est un centre d’appels à valeur ajoutée pratiquant, par exemple, l’aide au diagnostic pour les réseaux automobiles indépendants ou encore IMA Téléassistance qui sécurise l’habitat.

Comment se répartit votre chiffre d’affaires entre ces différentes activités ?

L’essentiel de notre chiffre d’affaires provient des GIEs, soit 66 %, les 34 % restant des sociétés commerciales.

Quid de l’international où vous êtes peu présent ?

C’est vrai qu’il ne représente qu’une partie de notre activité mais son chiffre d’affaires s’élève à plus de 51 millions d’euros. Je ne peux pas demander « X » millions d’euros à mes actionnaires pour m’implanter ici ou là. Reste que l’international offre un regard sur les évolutions de l’assistance et nous permet de densifier notre réseau. Nous sommes présents au Benelux, en Espagne, en Italie, en Allemagne et en Angleterre. Nous avons également créé une joint-venture minoritaire au Maroc avec AttijariWafa Bank, le premier bancassureur du pays qui connaît un développement important et extrêmement positif.

« Notre volonté, quand j’ai pris la tête d’IMA en 2008, portée par le conseil de surveillance, était que l’entreprise reste une centrale d’achats performante. »

N’avez-vous pas besoin de vous globaliser pour accompagner vos clients qui s’internationalisent ?

Pour l’instant, aucun de nos clients ne l’exige. L’assistance ne se pratique pas de la même façon selon les pays et, de surcroît, doit répondre à différentes formes juridiques, assurantielles, de services, etc. Rappelons que nos principaux concurrents sont surtout les automobiles Club en Europe qui sont très puissants avec des systèmes intégrés, leurs propres dépanneurs et ateliers.

Comment vous benchmarkez-vous vis-à-vis des autres compagnies d’assistance ?

Dans la mesure où IMA est rentable sur le plan commercial, je ne la benchmarke pas, sinon sur le prix de dossiers facturés aux actionnaires assureurs en qualité de GIE. Notre volonté, quand j’ai pris la tête d’IMA en 2008, et qui a été portée par le conseil de surveil­lance, était que l’entreprise reste une centrale d’achats performante. Car une société d’assistance est une centrale de services mais aussi d’achats. Le groupe venait de perdre Peugeot et la Maaf, soit deux clients majeurs qui représentaient 32 % de notre chiffre d’affaires. Il y avait une destruction d’économie d’échelle générant potentiellement une forte augmentation des coûts internes.

D’où la mise en place du premier plan stratégique 2009-2011 ?

Exactement. Il a fallu étudier la situation et acter de la nécessité de rechercher de nouveaux clients, seul moyen, par ailleurs, de faire progresser notre CA. Nous pouvons, encore aujourd’hui, servir plus de clients à partir de la même base.

Comment évolue ce coût du dossier dont vous parlez ?

Il y a un secret de facture au sein de la profession ! C’est le nerf de la guerre. Nous avons réussi à le stabiliser et même à le réduire chez IMH. C’est un avantage concurrentiel que nous offrons à nos actionnaires. Dans la prime facturée à l’assuré, le coût de l’assistance doit rester contenu, car il constitue un élément non négligeable du prix de revient dans un contexte de guerre tarifaire entre assureurs et notamment avec les bancassureurs.

Quelle est votre vision de l’économie sociale ?

Que ce n’est pas le monde des Bisounours ! L’économie sociale régit nos pratiques commer­ciales vis-à-vis des 12 millions de sociétaires français en termes de tarifs, de garanties ainsi que l’utilisation de nos capitaux. Ce n’est pas ce qu’en ferait une entreprise capitalistique classique. Notre souhait est qu’IMA alimente ses fonds propres plutôt que de distribuer des dividendes.

« L’enjeu, c’est de vraiment connaître le sociétariat pour anticiper ses besoins. »

Etes-vous en règle vis-à-vis de Solvabilité 2 ?

Nous n’aurons pas besoin des fonds de nos actionnaires qui, du reste, n’investissent pas dans du capital risque. Nos contacts avec l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de régulation) sont réguliers et fructueux.

Vous avez entamé votre 3e plan stratégique et créé un pôle santé-bien vivre. Ce segment de marché sera-t-il le vecteur d’une prochaine bataille commerciale dans l’assistance ?

Ce pôle est la prolongation de notre activité existante de services à la personne qui a progressé de 20 % en 2 ans et qui représente déjà plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Je vous confirme que nous souhaitons fortement nous développer sur ce segment essentiel pour les mutuelles santé et les institutions de prévoyance.

Vous appuierez-vous sur les objets connectés pour investir ce champs ?

Oui, nous sommes, d’ores et déjà, investis dans toutes les nouvelles technologies ainsi que le digital. IMA, à travers sa filiale IMT, est d’ailleurs partenaire de la Cité de l’objet connectée d’Angers inaugurée le 12 juin dernier par le président de la République. Nous expérimentons aussi l’usage de robots d’assis­tance pour les personnes âgées. Nous travaillons sur la téléassistance mobile, disposons de systèmes sécurisés de partage à distance d’imagerie médicale, etc. Les nouvelles technologies sont un enjeu clé pour la profession et pour IMA. Elles sont donc au cœur de notre nouveau plan stratégique 2015-2017.

Concernant le big data, comment structurez-vous IMA pour exploiter la masse de données en votre possession ?

Nous sommes porteurs d’informations essentielles sur le comportement des adhérents de nos actionnaires et clients. L’exploitation du big data est bien sûr dans nos réflexions. Dans le domaine du médical, nous partageons les mêmes que les mutuelles santé. L’enjeu, c’est de vraiment connaître le sociétariat pour anticiper ses besoins. Savoir, par exemple, combien de fois un sociétaire se rend à l’étranger aide à l’analyse du risque.

Votre pronostic sur l’e-call ?

La profession fait corps. IMA est pionnier sur ce sujet avec Peugeot depuis 10 ans.

Jusqu’où ira l’assistance ?

Très loin car les gens demanderont de plus en plus de prestations plutôt que des indemnisations en numéraire. Ceci nous offre de belles perspectives.

(1) Matmut : 28,27%, Maif : 28,27%, Macif : 28,27%, BPCE Assurances : 2,33%, P&V Assurances : 3,95%, Wafa Assurance : 2,20%, Unipolsai Assicurazioni : 3,95% et diverses mutuelles : 2,27% (AGPM, Mae, Mutuelle des Motards, Mapa...)

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