Jean-Marc Raby, directeur général du groupe Macif : « Nos 5 millions d'assurés sont un formidable atout »

Jean-Marc Raby, directeur général du groupe Macif : « Nos 5 millions d'assurés sont un formidable atout »
Macif - Mourad Chefaï

Jean-Marc Raby explique les enjeux du nouveau plan axé sur l'efficacité opérationnelle. Revenant sur l'épisode Macifilia, il annonce envisager d'aborder le marché dommages des TPE-PME en partenariat avec la Matmut.

Vous êtes directeur général de la Macif depuis tout juste un an. Quel est votre premier bilan ?

Je suis à la Macif depuis longtemps. Le groupe n'était pas une découverte, mais toute prise de fonction suppose de regarder les choses avec un oeil neuf. La première étape a été de se fixer un plan de marche sur trois ans, axé sur l'économie de l'entreprise et son efficacité opérationnelle, dans le respect de notre modèle social. Après dix années de diversification, nous souhaitons nous concentrer sur nos trois pôles métiers - IARD, santé-prévoyance, finance-épargne - et les optimiser.

Pour rester orientés sur la croissance, nous disposons d'un formidable atout, nos 5 millions d'assurés, fidèles puisqu'ils ne sont que 4% à quitter la Macif à leur initiative chaque année. Ils représentent une base d'équipement importante, car le nombre de contrats par sociétaire est légèrement inférieur à trois, là où les bancassureurs sont plutôt à sept.

Le projet de loi sur la résiliation à tout moment ne risque-t-il pas d'écorner cet avantage concurrentiel ?

Le lien avec l'assuré doit se faire dans la durée. Des gages comme la loi « Chatel » lui ont été donnés pour une véritable liberté de choix, compatible avec l'exercice de notre métier d'assureur. Permettre la sortie à tout moment irait dans le mauvais sens, et augmenterait sans nul doute le coût de l'assurance, comme cela a été observé au Royaume-Uni. Même si l'on peut penser que le groupe Macif serait un peu moins touché, il y aurait évidemment un impact sur nos portefeuilles. Bref, c'est l'archétype de la fausse bonne idée.

Qu'attendez-vous très concrètement de votre plan de marche ?

On peut imaginer, à l'horizon du plan, que l'IARD dégagera chaque année entre 80 et 100 M € de résultat, la finance-épargne entre 30 et 40 M € et la santé-prévoyance entre 20 et 30 M €, soit un résultat net total de 150 M €. C'est une évolution assez sensible, mais raisonnable. Nous voulons ramener le ratio combiné à 100% (contre 104% en 2012), et faire en sorte que nos frais généraux, qui représentent 27% des primes, ne progressent pas plus que le chiffre d'affaires, ce qui n'a pas été le cas ces dernières années sous l'effet mécanique de notre dispositif social, dans un contexte de croissance moindre.

Que retenir de 2012 ?

" En matière d'assurance vie, il ne serait pas illogique d'avoir une réflexion de consolidation au sein de Sferen. "

L'an dernier, nous sommes restés en IARD sur un rythme de croissance modeste, mais positif, et, surtout, nous avons entamé le redressement opérationnel de l'activité en réintégrant Macifilia dans Macif. En assurance vie (15% de nos sociétaires sont titulaires d'un produit), nous avons gardé une collecte nette positive d'environ 200 M €, satisfaisante au vu du marché.

L'année 2012 a aussi été celle du véritable lancement de notre offre bancaire : 50% des 30 000 comptes ouverts domicilient les revenus et 90% des comptes sont actifs. C'était un enjeu important que de pouvoir offrir une offre d'épargne complète. Qui plus est, 90% de nos sociétaires se déclarent totalement satisfaits du service qu'on leur propose.

Les incendies de 2011 - Macifilia et le Portugal - sont-ils éteints ?

Concernant Macifilia, l'annus horibilis a été 2011, avec des pertes de plus de 100 M € dans les comptes. Sachant que nous avons gardé l'ensemble des salariés, la réduction du portefeuille et l'intégration du solde de Macifilia dans Macif pèsent pour 0,5 à 1 point de ratio combiné sur 2012. Au Portugal, le mauvais cap est passé, mais la décision stratégique reste à prendre. La perte de 2012, de l'ordre de 3 à 4 M € pour un chiffre d'affaires de 20 M €, est sans commune mesure avec celle des deux exercices précédents (20 M € chaque année environ).

Quelle leçon tirer de l'épisode Macifilia ?

L'intention initiale était de faire porter à Macifilia les risques IARD que la SAM Macif ne souscrivait pas, notamment le transport, une activité difficile à équilibrer. Et, pour certains risques professionnels, nous avions opté pour une distribution par le courtage. Nouveaux risques, nouvelle distribution : cela faisait beaucoup d'apprentissages en même temps, et l'accident de souscription est arrivé, dont les conséquences sont longues et lourdes à porter.

Son parcours

Jean-Marc Raby, 54 ans, diplômé en sciences économiques et titulaire du MBA de HEC, est un « pur produit Macif ».

  • 1983 Débuts dans le réseau commercial de la mutuelle, à Dijon puis au Creusot. Il prend progressivement des responsabilités régionales puis nationales.
  • 2010 Directeur général délégué, il hérite du dossier Macifilia, dont il assure la restructuration.
  • 2012 Directeur général du groupe Macif, il est aussi membre du conseil d'administration de Sferen, la Sgam qui fédère la Macif, la Maif et la Matmut.

S'est ajouté un défaut de contrôle, dont nous avons tiré les leçons. Nous avons mis en place un comité des risques, qui pose un deuxième regard, autonome, sur les différentes activités. Nos pôles métiers sont désormais responsables d'une supervision technique transverse, en plus de celle exercée par la direction financière, tandis que nos onze régions Macif restent responsables de la relation avec les sociétaires et les prospects.

Comment comptez-vous répondre aux besoins des TPE et PME ?

Nous voulons avoir une réponse complète pour ces entreprises et les associations gestionnaires. En assurances de personnes, notre offre est portée par Macif Mutualité, et fait l'objet d'un partenariat avec AG2R-La Mondiale pour la partie collective. Nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 10 M € en commun sur 2012. Cela reste modeste, mais la dynamique commerciale s'installe. Il faut laisser au dossier le temps de prospérer, d'autant que c'est un fer au feu en prévision de l'ANI.

En assurance dommages, repartir de zéro prendrait énormément de temps. Nous disposons en interne d'une offre de base destinée aux professionnels, mais nous n'avons pas de réponse adaptée pour les plus grosses structures. Nous comptons donc nous positionner avec un partenaire, qui sera très certainement la Matmut. Les réflexions sont en cours, mais l'idée générale serait de s'appuyer sur l'expertise de Matmut Entreprises. Nous pourrions rentrer dans le tour de table de cette filiale de la Matmut.

Ce type de schéma pourrait-il être dupliqué à l'assurance vie dans Sferen ?

De façon générale, effectuer des mises en commun - à deux ou à trois - au-delà des métiers historiques est plutôt le sens de l'histoire. Notre connaissance les uns des autres permet une grande rapidité dans le traitement des dossiers. Le raisonnement pourrait s'appliquer à l'assurance vie, dans une perspective d'industrialisation et de risque partagé. Avec 18 Md € d'encours, la Macif dispose du plus gros portefeuille, et nous n'avons aucune envie d'arrêter cette activité. Il ne serait pas illogique d'avoir une réflexion de consolidation au sein de Sferen.

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