Jean-Pierre Wiedmer (Mercer) : «Nous sommes convaincus du bien-fondé de notre diversification»

Jean-Pierre Wiedmer (Mercer) : «Nous sommes convaincus du bien-fondé de notre diversification»

Une croissance estimée à 8 %, l’ouverture d’un bureau à Bordeaux, de nouvelles offres en retraite : l’année 2016 devrait être celle du développement chez Mercer France qui annonce aussi une profonde transformation de son activité santé/prévoyance.

Lors de votre nomination en mai?2014 à la tête de Mercer (voir L’Argus de l’assurance n° 7373), vous aviez déclaré vouloir mieux faire connaître l’entreprise. Deux ans plus tard, cet objectif est-il atteint ?
Je ne dirai pas que l’objectif est atteint, mais que nous sommes sur la bonne voie. Mercer, filiale de Marsh & McLennan Companies, couvre quatre activités : la retraite, la ­prévoyance/santé, les investissements et les talents. L’entreprise délivre des conseils en ressources humaines, mais prend également en charge des opérations de courtage et de gestion. Or, les équipes dans ces domaines d’activité ont longtemps travaillé en silos. Aujourd’hui, la situation s’améliore. Les ­collaborateurs n’hésitent plus à exposer la palette d’expertise que nous proposons. ­Autrement dit, à présenter Mercer comme le catalyseur de l’engagement humain.

Cette diversité de services n’est-elle toutefois pas handicapante pour votre image ?
Non, pas du tout. Nous sommes convaincus du bien-fondé de notre stratégie de diversification. Lorsque nous allons voir un client, nous lui présentons notre offre globale de conseils en RH, incluant nos activités de courtage et de délégation de gestion en santé et prévoyance. Ces différents métiers sont très imbriqués dans nos offres. Deux de nos prin­ci­paux concurrents convergent vers le même modèle. Il y a cinq ans, Aon a acquis Hewitt Associates (NDLR : spécialisé dans le conseil en ressources humaines). Et l’an dernier, c’est le courtier en assurances Willis qui a étoffé ses services en fusionnant avec Towers ­Watson (NDLR : cabinet de conseils en gestion des risques et ressources humaines).

Vos différentes activités pèsent-elles pour autant le même poids en France ?
Il faut d’abord préciser que notre rémunération repose à la fois sur des commissions et des honoraires, des éléments peu comparables. Sous cette réserve, par rapport aux métiers talent et retraite, la santé/­prévoyance est surreprésentée en France. Avec plus de 70 M€ de CA (NDLR : sur un total consolidé de 103 M€), nous sommes le deuxième pays du groupe sur cette activité, derrière les États-Unis. Cette tendance n’est pas prête de s’inverser. Grâce à la généralisation de la complémentaire santé et la réforme des contrats responsables, nous avons réalisé un excellent exercice 2015.

Justement, suite à l’ANI et aux différentes réformes réglementaires en santé, le 1er trimestre 2016 n’a-t-il pas été trop chargé pour vos équipes de gestion (voir L’Argus de l’assurance n° 7458) ?
Les entreprises ne se sont pas saisies immédiatement de la réforme des contrats responsables. Elles nous ont sollicités très tardivement, majoritairement vers la mi-décembre, pour une mise en conformité prévue au 1er janvier. Résultat, même si nous avions ­renforcé les effectifs, nos équipes de gestion ont été quelque peu débordées sur le 1er trimestre 2016 et nos délais de traitement des dossiers se sont, en conséquence, allongés.

SON PARCOURS

Jean-Pierre Wiedmer, 56 ans, est diplômé de l’École polytechnique, de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE), ainsi que du Centre des hautes études d’assurances (CHEA). Il commence sa carrière chez Aluminium Pechiney en tant qu’auditeur interne.
  • 1986 Responsable de service au sein de la banque Worms du groupe UAP.
  • 1994 Directeur de la gestion actif-passif du Crédit lyonnais.
  • 2000 Président-directeur général de l’Union des assurances fédérales (UAF) du groupe Crédit lyonnais.
  • 2005 Directeur des assurances de HSBC France.
  • 2010 Directeur général des assurances du groupe HSBC pour l’Europe continentale.
  • Depuis 2014 Président de Mercer France.

En février dernier, lors de la présentation des résultats de Mercer, le groupe annonçait vouloir transformer son activité santé/prévoyance en 2016. Comment cela se manifeste-il aujourd’hui ?
Ce projet concerne, tout à la fois, l’aspect commercial et de gestion de notre activité santé/prévoyance. Nous sommes en train de développer notre portefeuille d’offres innovantes afin de répondre aux besoins croissants des DRH sur l’optique, la dépendance, mais aussi à destination spécifiquement des dirigeants de petites entreprises. Nous avons une typologie de clients très variée, des groupes du Cac 40 aux TPE.

Nous devons donc faire évoluer notre dispositif commercial en fonction de la taille et des besoins de ces différentes entités. Dans le même ordre d’idées, afin de renforcer notre présence auprès de clients éloignés, nous allons ouvrir un nouveau bureau à Bordeaux.

Comment ce plan de transformation va-t-il impacter votre gestion ?
Même si nous disposons aujourd’hui d’un ­système de gestion extrêmement fiable, nous avons tout de même décidé d’investir dans un nouvel outil informatique recouvrant des fonctionnalités avancées. Au travers de nos activités de consultant RH et de courtier conseil, nous disposons en effet d’un nombre important de données encore insuffi­samment exploitées. À l’heure où le big data est un sujet majeur pour tous les acteurs du marché, j’ai donc obtenu un enga­gement budgétaire de 12 M\$ de notre groupe pour investir dans un nouveau systè­me d’information. L’objectif est de fournir un service de gestion toujours plus performant et mieux ciblé à nos clients employeurs et assurés. Cette migration n’est toutefois pas une mince affaire, car nous ­gérons tout de même 1,3?million de bénéficiaires en santé/prévoyance.

L’objectif de croissance de 10 % par an, annoncé en 2013, reste-t-il d’actualité ?
L’année dernière, nous avons procédé essentiellement à un nettoyage de portefeuille. Le chiffre d’affaires est donc resté relativement stable. En revanche, cette année, avec la forte activité de la partie santé/prévoyance, nous devrions atteindre les 8 % de croissance. Je suis aussi très confiant pour les prochains exercices. Mercer dispose en effet d’un potentiel de développement très important sur ces trois activités phares.

C’est-à-dire ?
La santé/prévoyance, la retraite et les ­talents sont au cœur désormais de toutes les discussions dans les entreprises. Avec le vieillissement progressif de la population active, la santé des salariés est devenue un sujet majeur des employeurs, qui cherchent notamment à réduire le taux d’absentéisme. De fait, nos clients sont de plus en plus attentifs aux solutions de prévention que nous pouvons proposer. En outre, à l’heure où le système de retraite par répartition commence à être quelque peu dépassé, les entreprises cherchent à revoir leur stratégie concernant leurs régimes de retraite. Nous intervenons ainsi auprès de nos clients dans la conception et la gestion des risques pour des régimes de retraite supplémentaire, et nous allons ­également développer l’offre de conseil en ­retraite des dirigeants. Enfin, concernant les talents, face à une génération Y (née après 1980) très volatile, nous sommes confrontés aujourd’hui à des besoins croissants des ­services RH pour recruter, développer et retenir leurs collaborateurs. Notre objectif est ainsi de doubler cette activité talents dans les cinq ans à venir.

Votre développement peut-il également passer par de la croissance externe ?
Nous restons très attentifs à toute opportunité d’acquisition sur l’ensemble de nos secteurs d’activité. L’avantage d’un groupe comme Mercer, c’est que nous avons les moyens de nos ambitions. Mais en attendant, nous sommes déjà focalisés sur le déménagement, à l’horizon 2018, de notre siège social, ­aujourd’hui situé à La Défense.

Quelle est finalement la place de l’innovation chez Mercer ?
L’innovation est un axe fort de développement, c’est l’ADN même de notre groupe. L’année 2015 a été marquée par la création d’un poste de directeur de l’innovation. Sa particularité : il n’est rattaché à aucun service, car nous considérons que l’innovation touche toute l’entreprise. Chacun d’entre nous essaie ainsi de déployer en permanence des solutions novatrices. D’ailleurs, Marsh & McLennan ­Companies génère aujourd’hui 13 Md\$ de revenus par an. Et pourtant, ce groupe ne fabrique rien... Cela prouve bien la qualité des hommes et des femmes qui le composent.

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