« Le plan d'adossement avec LMDE n'a pas échoué »

« Le plan d'adossement avec LMDE n'a pas échoué »
Thierry Beaudet, président de la Mutuelle générale de l'Éducation nationale

Sous les feux de l'actualité avec la mise sous administration provisoire de La Mutuelle des étudiants, la MGEN connaît aussi des mutations internes avec les évolutions de sa gouvernance et de son offre.


Vous mettez de nouveau en avant, comme dans les années 2000, un taux de redistribution particulièrement élevé, de 94 %. Comment faut-il l'interpréter, dans une profession où les frais de gestion font toujours débat ?
Notre exercice 2013 nous a permis de dégager un bon niveau de produits financiers et c'est un des facteurs qui contribuent à notre taux de redistribution élevé. Les produits financiers sont un élément de notre modèle économique, car nous ne sommes pas présents que sur la complémentaire santé mais aussi sur la prévoyance et la dépendance, et nous devons gérer des provisions techniques en conséquence.

SON PARCOURS

Thierry Beaudet, 52 ans, est instituteur de formation, titulaire d'un diplôme universitaire de 3e cycle en management économique et social du développement local (Université Paris XII) et vice-président de la Mutualité française

  • 1984 Instituteur.
  • 1990 Chargé jeunesse et éducation populaire à la direction départementale de la Jeunesse et des Sports de l'Orne.
  • 1991 Secrétaire général puis directeur de la fédération des oeuvres laïques de l'Orne.
  • 1998 Directeur adjoint de la section MGEN du Calvados.
  • 2003 Administrateur national MGEN, membre du bureau national.
  • 2009 Président du groupe MGEN.


La gouvernance de la MGEN a évolué depuis 2012. Pourquoi passer d'une structure reposant sur un bureau national à une organisation plus classique, avec une direction générale ?
L'idée est de mieux faire jouer la complémentarité entre les élus et les équipes professionnelles. Nous avons pensé que la meilleure solution était de créer une instance de décision mixte, associant des élus et des membres de l'équipe de direction, dont les prérogatives sont définies par le conseil d'administration. Nous avons donc mis en place un comité exécutif en charge des sujets qui concernent l'ensemble du groupe. Je préside ce comité, où siègent aussi le directeur groupe en la personne de Jean-Louis Davet et ses adjoints. Sur ce modèle, nous avons deux autres comités métiers mixtes, l'un attaché à l'activité assurantielle, pour tout ce qui concerne la gestion des régimes obligatoire et complémentaire, l'autre à l'activité d'offre de soins, pour le champ des établissements sanitaires et sociaux. Un troisième est en charge de l'animation de notre réseau de militants et de la vie mutualiste.

Pourquoi rompre avec l'offre unique, qui était un peu la marque de fabrique de la MGEN ?
À l'occasion de la rentrée scolaire et universitaire, nous lançons une nouvelle offre plus particulièrement destinée à ceux qui rejoignent le champ de l'éducation, de la culture et de la recherche. Deux chiffres expliquent cette évolution. En 1981, le salaire d'un nouvel enseignant était globalement de 2,1 fois le SMIC. En 2010, ce rapport n'était plus que de 1,4. Et en trois décennies, certains postes de dépenses, comme le logement, ont considérablement augmenté. Nous avons donc ressenti la nécessité de proposer une offre un peu moins onéreuse pour que les questions financières ne soient pas un frein à l'adhésion des nouveaux entrants dans l'Éducation nationale. Notre offre globale MGEN est très protectrice, puisqu'elle englobe santé, prévoyance, dépendance et action sociale. La contrepartie est qu'elle pouvait paraître un peu onéreuse à certains jeunes. Cette nouvelle offre l'est moins, tout en restant globale.

Par ailleurs, vous prendrez en charge des dépassements d'honoraires. C'est une autre rupture pour la MGEN ?
Nous avons demandé à notre assemblée générale de réfléchir à une gamme d'offres qui tienne davantage compte des parcours de vie et nous proposerons effectivement une prise en charge des suppléments d'honoraires. Ce sont des évolutions très importantes pour la MGEN. Il ne s'agit pas de modifier nos fondamentaux, mais nous sentons que les demandes de nos adhérents se diversifient et nous voulons leur offrir ce choix.

Autre fait marquant, la mise sous administration provisoire, début juillet, de La Mutuelle des étudiants (LMDE). Est-ce un échec du plan d'adossement que vous aviez élaboré l'an dernier ?
Je réfute cette idée, même si je ne minimise pas les difficultés. Nous avons obtenu des progrès réels en gestion : actuellement, 100 % des feuilles de soins papier sont remboursées en 5 jours maximum, les délais d'ouverture de droits sont de 48 heures et les réclamations et demandes sont traitées en 4 jours maximum. Il y a consensus pour dire que la solution pour une LMDE solide et durable est la poursuite du processus d'adossement, jusqu'à l'intégration complète de la gestion de la mutuelle étudiante au groupe MGEN. Je veux également rappeler que ce processus a dû être suspendu pendant plusieurs mois. Nous ne pouvions plus avancer sans que le gouvernement ne clarifie ses intentions à propos du régime étudiant de sécurité sociale et des remises de gestion. C'est chose faite. Nous pouvons repartir de l'avant..

«Nous voulons que les appels d'offres mettent un accent fort sur les solidarités.»



Vous présidez également l'UMG Istya, qui a bouclé son premier exercice complet. Le groupe Istya a-t-il aujourd'hui une taille suffisante ? Et préfigure-t-il une fusion de ses membres ?
Avec l'intégration de la MGEFI en 2013, Istya(1) atteint un montant total de cotisations proche de 2,9 Md€ et un résultat net tout juste équilibré de 10,5 M€, pour 5,7 millions de personnes protégées. Mais la course à la taille n'est pas une préoccupation d'Istya. L'objectif n'est pas non plus de fusionner nos mutuelles, quand bien même la MGET a engagé un processus de ce type avec la MGEN. Il s'agit d'une mutuelle confrontée à la fois à l'impact des lois de décentralisation et à la réorganisation de l'État dans les territoires. Pendant longtemps, l'ensemble des adhérents de la MGET était des fonctionnaires d'État. Avec les lois de décentralisation, une partie a été décentralisée dans les collectivités locales, les conseils généraux, etc. Les populations sont donc un peu plus éclatées qu'auparavant, et il n'y a donc plus la même identité professionnelle. Pour la MGET, la perspective de fusionner l'activité assurantielle est une bonne façon de sécuriser les engagements pris vis-à-vis des mutualistes. L'échéance n'est aujourd'hui pas arrêtée. Nous regarderons quelle est la meilleure manière de nous présenter au prochain référencement.

À ce sujet, les pouvoirs publics vous ont-ils déjà donné des informations sur le déroulement de cette procédure engagée pour la première fois en 2009 ?
Nous n'avons pas reçu d'informations à ce sujet. En disant « nous », je parle de l'ensemble des mutuelles de fonctionnaires membres de la Mutualité fonction publique (MFP), car nous avons pris une initiative pour dire ce que devrait, selon nous, être ce prochain référencement. Avec les organisations syndicales de la fonction publique, les mutuelles ont engagé un grand travail pour défendre une position commune. Nous souhaitons une plus grande homogénéité entre les cahiers des charges des différents ministères. Nous voulons aussi que les appels d'offres mettent un accent fort sur les solidarités, en particulier entre les actifs et les retraités. L'ANI ne l'a pas pris en compte et nous ne voudrions pas qu'un mauvais copier-coller vienne fragiliser des solidarités que nous avons mis des années à organiser. Nous plaidons donc pour que le prochain référencement valorise ces solidarités, et nous souhaiterions que la participation des ministères soit si possible effective et conséquente.

« Il ressort des contrôles de la CNAM que nous atteignons 97 % des objectifs fixés. »



En juin, la Cour des comptes a de nouveau prôné une reprise de la gestion du régime maladie des fonctionnaires par la Cnam. Cela vous inquiète-t-il ?
Il y a presque une forme d'acharnement de la Cour des comptes vis-à-vis de la gestion déléguée du régime obligatoire. Je vais répondre pour la MGEN : nous gérons le régime obligatoire avec les remises de gestion qui nous sont octroyées par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Sur un plan qualitatif, nous répondons aux exigences de la Cnam et satisfaisons à son plan de maîtrise socle (PMS) pour cette gestion du régime obligatoire. Il ressort des contrôles de la Cnam que nous atteignons 97 % des objectifs fixés. Voilà ma réponse à la Cour des comptes. Deuxièmement, il faut que tous les gestionnaires du régime obligatoire participent aux efforts pour améliorer les coûts de gestion, et c'est ce que nous faisons au sein d'Istya afin de réaliser des économies d'échelle. Enfin, je dirais à la Cour des comptes que je ne suis pas sûr qu'un monopole de la Cnam produise de meilleurs résultats en termes de coûts et de qualité de service. La Cnam a fait d'incroyables progrès. Je pense que l'avance que nous avions prise a pu lui servir d'aiguillon sur un certain nombre de sujets. Et ces progrès nous font avancer à notre tour. Je pense donc que la Cour des comptes fait fausse route.

1. Istya regroupe, outre la MGEN et la Mutuelle générale de l'Économie et des Finances (MGEFI), la Mutuelle nationale territoriale (MNT), la Mutuelle générale Environnement et Territoires (MGET), la Mutuelle civile de la Défense (MCDef) et la Mutuelle des Affaires étrangères et européennes (MAEE)

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