« Les agents voulaient renouer le dialogue avec la compagnie »

« Les agents voulaient renouer le dialogue avec la compagnie »
photos : LAETITIA DUARTE Patrick Vanloock Président du Syn’Aga

Le Conservateur compte désormais un syndicat d’agents généraux. À travers cette initiative, les intermédiaires de la mutuelle ont souhaité développer les échanges constructifs avec la direction de cette mutuelle centenaire.

Pourquoi être allé au Conservateur ?
J’étais cadre dans la grande distribution, comme assistant de gestion commerciale, c’était un métier passionnant. Mais en 1995, il y a eu la fusion Carrefour­–Promodes et j’ai ainsi eu l’opportunité de partir et de créer mon entreprise. C’est un projet que j’avais à cœur depuis longtemps. Pendant ces seize années en tant que chef d’entreprise j’ai beaucoup appris. Développer, diriger, gérer, définir une stratégie et une politique commer­ciale, gagner des parts de marché, se battre face à la concurrence, c’est hyperprenant. En 2012 je me suis reconverti. Initialement, je voulais racheter une agence d’assurance, au final j’ai préféré intégrer le réseau du Conservateur. J’y ai découvert le métier d’agent général et j’y ai vu une vérita­ble opportunité de rester indépendant.

Aujourd’hui, quelle est votre activité ?
Mon travail reste centré sur l’entreprise. Je suis d’ailleurs membre d’un club d’entreprises. Je rencontre des entrepreneurs pour leur proposer des solutions de complément de revenus pour la retraite, de défiscalisation… Je suis resté dans cette mouvance parce que c’est ce qui me passionne. La découverte d’une activité, cette polyvalence qu’il faut avoir pour assumer les rôles de manager, gestion­naire, comptable, développeur…

Pourquoi avoir créé le Syn’Aga ?
L’histoire est simple. Nous étions un petit groupe d’agents pensant qu’il fallait agir pour être représentatifs auprès de la direction du Conservateur. Il y a quelques années, nous avions le sentiment d’être indépendants. Petit à petit, nous nous sommes sentis de moins en moins autonomes et, aujourd’hui, cette indépendance nous ne la ressentons plus. Pour moi, c’est prioritaire car j’aime être maître de mes décisions. Je voyais le lien Conservateur–agent général comme une relation économique, un rapport franchiseur-franchisé. La compagnie nous donne une ligne directrice, des outils et c’est à nous de mettre en œuvre ces moyens pour travailler.

Reprendre de l’indépendance vis-à-vis de la compagnie donc ?
Exactement, c’est pour ça que nous avons créé le syndicat, pour avoir plus de liberté de parole pour avoir des échanges avec le siège, pour être dans la construction, être force de propositions, apporter des idées dans la politique commerciale et managériale.

Comment cela s’est-il déroulé ?
Nous étions une dizaine à nous réunir en décembre avec l’idée de créer un syndicat. Afin de nous aider dans cette démarche, nous nous sommes rapprochés d’Agéa (fédération nationale des syndicats d’agents généraux d’assurance) qui a mis à notre disposition toutes ses compétences. Créer un syndicat, c’est un peu comme créer une entreprise… Nous sommes porteurs d’un projet, et aussi porteur d’espoir, c’est fantastique.

Comment Agéa vous a-t-il aidé ?
Il y a toute une partie administrative que nous ne maîtrisions pas forcément. L’assemblée générale, le procès-verbal de l’assemblé générale, la rédaction et le dépôt des statuts. La fédération nous a énormément apporté à ce niveau-là.

Elle nous a apporté son soutien dans tous les domaines, de la création du syndicat jusqu’à la maîtrise des aspects juridiques, sans oublier la logistique. Agéa nous apporte aussi des réponses concernant toutes les questions relatives à notre métier, et également son aide, en matière de communication avec notre compa­gnie.

Vous avez donc adhéré à Agéa ?
En effet, Syn’Aga a adhéré à Agéa.

Quelle a été la réaction de la compagnie à l’annonce de la création du syndicat ?
C’est difficile à dire. C’était un peu tendu au début, ce qui peut paraître normal. L’équipe de direction est intelligente, la création du syndicat est actée, des rendez-vous vont être pris. Il faut discuter, car nous devons poser les bases d’un accord-cadre.

Quelles étaient les relations avec la compagnie avant la création du Syn’Aga ?
Les relations étaient bonnes, mais elles étaient essentiellement descendantes, de la compagnie vers les agents. Nous avons vu les changements au fil du temps. L’emprise juridique sur le commercial ne nous aide pas. Au prétexte de DDA [NDLR : Directive sur la distribution d’assurances], la compagnie a très largement anticipé les évolutions réglementaires. Nous nous sommes retrouvés avec des contraintes et des procédures supplémentaires. Nous sommes conscients que ces nouvelles règles sont positives pour nos sociétaires, que c’est une opportunité pour faire évoluer notre métier. Cependant, DDA vient à peine d’être transposée en droit français, avec une application effective au 1er octobre 2018. Le Conservateur a voulu anticiper… Anticiper c’est bien, appliquer immédiatement, c’était sans doute un peu trop tôt. Il aurait été bon d’échanger avec le réseau, se préparer et se laisser une marge de manœuvre avant de l’appliquer. Avant le Syn’Aga, il n’y avait pas d’échanges. Aujourd’hui, le syndicat existe, et nous pourrons contribuer à l’adaptation aux nouvelles règles et au développement de la compagnie

SON PARCOURS

Diplômé d’une école de commerce (IPC), Patrick Vanloock a mené le début de sa carrière dans la grande distribution avant de devenir chef d’entreprise.

  • 1980 Assistant de gestion commerciale au groupe Promodes
  • 1995 Dirigeant d’une entreprise de prestations de services pour des groupes alimentaires
  • 2012 Agent général d’assurance au Conservateur
  • 2018 Président du Syn’Aga, le syndicat des agents généraux du Conservateur

Comment s’est déroulée l’élection ?
Je me suis proposé à la présidence car je suis quelqu’un de convictions. Je vois le syndicat comme une source d’espoir pour le réseau, un moyen pour renouer des liens solides avec notre compagnie et pérenniser nos activités. Nous sommes porteurs d’un projet. Je suis honoré d’être président du syndicat, des gens m’ont fait confiance. Je reçois régulièrement des appels et des mails, pour nous féliciter de sa création, car il y a de réelles attentes.

Comment gérez-vous votre double casquette d’agent et de président du Syn’Aga ?
C’est forcément chronophage. C’est un investissement en temps très important. Il y a eu des petites difficultés inhérentes à la création du syndicat. Nous devons encore constituer des équipes en régions, trouver les outils pour communiquer vers le réseau, expliquer, faire adhérer, convaincre, fédérer. Ce n’est pas tous les jours facile. Certains craignent que le syndicat soit une organisation qui va s’opposer à la direction. Alors que ce n’est pas du tout notre volonté. Il faut juste que les personnes le comprennent. Aujourd’hui, nous sommes une petite centai­ne à y avoir adhéré sur 498 agents. En à peine deux mois d’existence, je trouve que le chiffre est flatteur.

Le Conservateur existe depuis très longtemps. Pourquoi la création d’un syndicat a-t-elle été si tardive ?
Très bonne question. Le Conservateur existe depuis 1844, c’est un modèle atypique, une mutuelle indépendante. Je pense tout simple­ment qu’aujourd’hui, les agents avaient besoin de renouer le dialogue avec leur compagnie.

Quels sont les objectifs affichés du syndicat ?
Nous souhaitons créer une véritable relation de partenariat avec la compagnie. Nous voulons être force de propositions, instaurer une véritable synergie entre la compagnie et le syndicat et développer l’activité du réseau et celle du groupe. Si, ensemble, compagnie et agents, nous sommes soudés et unis, nous passerons le cap de toutes les évolutions. Nous envisageons, Syn’Aga comme une opportunité pour la compagnie et un vrai levier de croissance.

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