[DOSSIER] Le Top 30 de la mutualité (01 janvier 2013) 3/6

Maurice Ronat, président du groupe Eovi et de la Mutualité française Loire : « Il y a une place pour le privé non lucratif »

Maurice Ronat, président du groupe Eovi et de la Mutualité française Loire : « Il y a une place pour le privé non lucratif »
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À la tête du groupe Eovi, bénéficiant d'une forte implantation régionale, Maurice Ronat est aussi très impliqué dans la problématique des services de soins et d'accompagnement mutualistes (SSAM). Malgré de lourdes contraintes, comme la tarification à l'activité, il affirme qu'il est possible d'apporter une véritable plus-value aux adhérents tout en atteignant l'équilibre économique.

Quelle est l'organisation du groupe Eovi en matière de SSAM ?

Avec 37 établissements de soins et de services, nous sommes présents dans cette activité de deux façons. Tout d'abord en direct, avec des mutuelles du livre III dédiées aux SSAM, comme à Avignon, à Limoges, à Montpellier, à Roanne ou à Valence. Et d'autre part via notre présence au sein des unions départementales, comme en Ardèche, en Haute-Loire ou dans le Puy-de-Dôme.

Cela signifie que le groupe Eovi est le lieu de rassemblement et de concertation des mutuelles du livre II [activité assurantielle : NDLR] d'une part, et de toutes les mutuelles du livre III d'autre part, auxquelles s'ajoutent, en tant qu'« invitées », les unions départementales dont nous assurons la présidence.

Quelles sont les relations entre les différents acteurs d'Eovi groupe ?

Le livre II, majoritaire dans cette union, discute de tous les projets avec le livre III. Concrètement, lorsque le président de la structure de livre III de Roanne a un projet, il en discute d'abord sur son territoire avec le représentant du livre II. Le projet est ensuite présenté au groupe, qui donne ou non son accord. Ce réseau joue un rôle prépondérant, car nous considérons que des SSAM bien gérés sont le « plus » de la mutualité par rapport à d'autres acteurs en complémentaire santé.

Est-ce vraiment un atout, puisque vos structures sont ouvertes à tous ?

C'est vrai, mais nous réfléchissons aujourd'hui à des traitements particuliers pour les adhérents des mutuelles. Dans notre clinique de Saint-Étienne, qui figure d'ailleurs toujours au palmarès des établissements, nous avons un accueil spécifique avec une correspondante des mutuelles. Elle va voir les mutualistes hospitalisés pour apporter des réponses à leurs besoins, par exemple en matière de soins de suite en sortie d'hospitalisation. Elle peut également rencontrer la famille du patient. Je précise qu'elle est rémunérée uniquement par les mutuelles. En respectant le service public, puisque nous sommes Espic [Établissement de santé participant à l'intérêt collectif, NDLR], et sans que cela ne touche à la qualité des soins, nous apportons ce petit complément à nos adhérents.

Si la proposition de loi concernant les réseaux mutualistes est votée, pratiquerez-vous des remboursements différenciés ?

Nous avons déjà un prix de chambre particulière différent pour les adhérents mutualistes, qui paient 52 € alors que les non-mutualises paient plus cher. C'est normal, dans la mesure où les adhérents des mutuelles contribuent déjà, par leurs cotisations, à porter la clinique.

Cette clinique stéphanoise est-elle équilibrée ?

Cela fait trois ans qu'elle est à l'équilibre, et ce sera également le cas en 2012. Cet établissement, qui est la fusion de trois anciennes cliniques mutualistes, a doublé son activité en dix ans. Nous arrivons à équilibrer les comptes, parce que l'activité progresse, avec de nouveaux chirurgiens, mais nous n'avons pas doublé les effectifs. Cependant, nous ne savons pas quelles seront les dotations en 2013, mais j'ai bon espoir avec un Ondam [Objectif national d'évolution des dépenses d'assurance maladie, NDLR] à 2,7 %.

Les cliniques mutualistes ne sont donc pas structurellement déficitaires, comme on l'entend parfois...

Arrêtons de dire que les cliniques sont déficitaires. Il y a une professionnalisation de la gestion. Mais il y a une condition : je ne sais pas équilibrer les comptes si l'on augmente nos dépenses sans augmenter nos recettes. Si les pouvoirs publics souhaitent qu'il y ait un tiers secteur à côté de l'hôpital, qu'ils nous donnent les moyens de travailler.

Vous avez la même tarification que les établissements publics...

Oui. Aujourd'hui, il y a une différence de tarification de l'ordre de 15 à 18 % entre le public et le privé lucratif. Le gouvernement a décidé de mettre fin à la convergence tarifaire, ce qui est une bonne chose. Je pense qu'il est normal que le privé ait une cotation inférieure. Lorsqu'au sein de notre clinique mutualiste il y a quatre personnes qui travaillent au bloc, elles ne sont souvent que deux dans le privé lucratif. Ce sont des questions sur lesquelles nous travaillons progressivement. Si j'enlève une personne au bloc à des chirurgiens qui ont plus de 50 ans, cela ne passera pas, tandis que de jeunes chirurgiens l'accepteront mieux.

La tarification à l'activité (T2A) a-t-elle vraiment des effets dévastateurs ?

Certains actes sont en dessous du prix de revient, et la T2A accélère le phénomène de décalage entre tarification et prix de revient. Pourtant, je ne lui fais pas porter tous les maux, le fond du problème est la base de la tarification. Si elle n'est pas réaliste, cela ne peut pas fonctionner. Regardez ce qui s'est passé sur le dentaire ou sur l'optique, et ce qui est en train de se produire sur les dépassements d'honoraires en médecine libérale.

Quelle est la situation de vos centres de santé ?

En mai 2011, nous avons ouvert un centre de santé très important, qui ne s'équilibre pas encore. Il est dédié à la santé de la femme et traite des problèmes de gynécologie, de cancer, de rééducation après les opérations. Nous y avons aussi un peu de dentaire et d'optique pour contribuer à l'équilibre. Mais pour ce centre, nous savons que nous parviendrons sans doute pas totalement à l'équilibre, c'est un acte volontaire de la Mutualité de la Loire. On n'ouvre pas un centre dentaire, ni optique ni un Ehpad [Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, NDLR] si l'on sait que l'on n'atteindra pas l'équilibre à terme. Là, avec ce centre, nous sommes plutôt dans une dimension d'aide à nos adhérents.

Tous vos médecins, en centre de santé comme en clinique, sont salariés. Est-ce un surcoût ?

Oui, mais il ne s'agit pas seulement de leurs cotisations sociales. Pour les centres de santé, il faut aussi tenir du compte du poids de la contribution économique territoriale (CET), qui devrait faire l'objet de discussions entre la Mutualité et Bercy. Si l'on nous impose la CET sans augmenter nos dotations, cela ne fonctionnera pas. Je reste persuadé qu'il a une place pour le privé non lucratif. D'ailleurs, à Saint-Étienne, nous avons des accords avec le CHU. L'agence régionale de santé nous a réunis deux fois et demandé de travailler ensemble. Aujourd'hui, il y a de nombreux ponts entre nous, avec des praticiens qui passent d'un établissement à l'autre. Ces collaborations sont importantes. Avec la ville et le CHU, la Mutualité française Loire vient de mettre en place un pôle de gérontologie. C'est un lieu de consultations qui a été créé dans la continuation du rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (HCAAM) sur le vieillissement pour accompagner la personne âgée. Pour passer du domicile à une autre solution, il prévoit aussi quelques appartements équipés.

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