« Notre nouvelle organisation est totalement décloisonnée »

« Notre nouvelle organisation est totalement décloisonnée »
Robert Leblanc, PDG d'Aon France

Après une année 2013 riche, le président-directeur général d'Aon France évoque l'intégration des équipes d'assurances d'Aon Hewitt, ses ambitions sur le segment du particulier, ainsi que la cession de l'activité fleet management.


Votre arrivée chez Aon France, en 2009, a notamment été marquée par le retour de vos équipes à Paris. Quel signal envoie un tel déménagement ?
Ce déménagement de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, au quinzième arrondissement de Paris a été un signal fort envoyé au marché. Le groupe a reconnu avoir commis une erreur et démontré ainsi sa capacité à se remettre rapidement en question. C'était également un message adressé aux salariés de l'entreprise : ils avaient là la preuve que nous avions la confiance de notre maison mère. Nous avons eu aussi, il faut l'accorder, la chance que la conjoncture immobilière soit de notre côté.

SON PARCOURS

Âgé de 57 ans, Robert Leblanc est diplômé de l'École polytechnique et titulaire d'un doctorat en stratégie des organisations.

  • 1979 Consultant en organisation chez Andersen Consulting.
  • 1987 Chargé de mission auprès du directeur général de la Bourse de Paris.
  • 1990 Directeur général adjoint de Meeschaert Rousselle.
  • 1992 Secrétaire général puis directeur général de la compagnie Uni Europe Assurance.
  • 1998 Directeur général de Siaci Saint-Honoré.
  • Depuis 2009 Président-directeur général de la filiale française d'Aon.

Quels ont été vos chantiers prioritaires ?
Nous devions entamer une mutation importante de notre état d'esprit. Nous avions tendance à nous concentrer sur la technique et finalement moins sur le commerce. Il nous fallait retrouver la fierté de notre premier métier, le courtage en assurances. Alliant cet état d'esprit aux compétences que nous avions déjà en interne, nous ne pouvions pas faire autrement que de renouer avec le succès.

Ce changement d'état d'esprit a-t-il provoqué des mouvements ?
Nous avons en effet changé quelques personnes à la tête de certaines divisions et, parallèlement, recruté des professionnels reconnus, selon nous, dans leurs spécialités. Pour autant, il ne suffit pas de compter des personnes talentueuses dans son équipe pour que cela marche. Il faut aussi avoir une organisation capable d'installer les meilleures personnes aux bonnes places.

Fini, donc, les petites chapelles et prés carrés réservés. Depuis quatre ans, nous avons effectué un grand travail de décloisonnement de nos services et accordé une attention prioritaire à l'exécution et à la réalisation effective du travail qui nous est confié. Nous avons également bien distingué nos équipes de gestion de celles des techniciens qui discutent avec le marché pour les placements. De plus, aujourd'hui, une même personne du comité de direction a la responsabilité des équipes de gestion IARD et de celles chargées de la gestion des assurances de personnes.

Quels ont été les effets de cette nouvelle organisation sur les performances commerciales ?
Notre travail de reconquête a réellement porté ses fruits. Nous avons privilégié les affaires sur lesquelles nous pouvons valoriser notre savoir-faire spécifique et la dimension internationale du groupe auquel nous appartenons. C'est aussi important sur le segment des entreprises allant de 500 M€ à 1 Md€ de chiffre d'affaires que sur les « jumbos » [très grandes entreprises, NDLR]. Nous avons remporté la gestion des programmes d'EB Trans [transporteur de matières dangereuses, NDLR] ou encore de Kaufman et Broad [promoteur immobilier, NDLR]. Nous avons aussi de belles positions sur les plus grands clients, et nous avons gagné la branche transport de Michelin et la gestion de toutes les lignes de Ciment français. Dans le cadre de notre nouvelle organisation décloisonnée, nous avons aujourd'hui une approche métier et non par taille d'entreprise. Nous pensons que ces deux segments, entreprises de taille intermédiaire et grands comptes, ont besoin d'autant d'expertise. Avoir des experts au niveau des secteurs d'activité nous permet de comprendre les besoins de nos clients et de devancer les évolutions et les transferts de risques potentiels. Résultat : au niveau d'Aon Risk Solutions (ARS), l'activité est en progression de 5% par rapport à l'an dernier. Nous devrions, au vu des renouvellements de janvier, enregistrer la même tendance en 2014.

Comment s'est déroulée l'intégration, en 2013, des équipes assurance d'Aon Hewitt à celles d'Aon Risk Solutions ?
L'absorption d'Hewitt par Aon nous a permis d'avoir une approche pluridisciplinaire face aux DRH, avec les assurances prévoyance et santé collectives, la retraite, les enquêtes d'engagement et l'expertise en matière de rémunérations. L'intégration des équipes s'est bien passée. Par ailleurs, le rapprochement de la partie assurances de personnes et du courtage IARD favorise les synergies commerciales, surtout dans les entreprises de taille intermédiaires, et aussi la cohérence de notre politique face aux assureurs. L'affaire remportée avec le groupe PSA a représenté à elle seule une croissance importante de notre activité en santé-prévoyance collective.

En 2013 vous avez décidé de vous passer du fleet management. Pourquoi ?
Le fleet management est une activité dédiée à la maintenance de parc de véhicules et, du coup, plus proche de celle d'un loueur de longue durée. Nous étions d'ailleurs le seul pays à pratiquer ce genre de métier dans le groupe Aon. Ainsi, dans le cadre de notre recentrage sur notre activité de courtier, nous avons décidé de nous en séparer en trouvant un repreneur de qualité.

Dans le courant de l'année, nous avons ainsi cédé notre fonds de commerce, ce qui impliquait que les repreneurs accueillent l'intégralité des salariés de la structure. Ces salariés étaient à Marseille. Nous gardons néanmoins dans cette ville nos équipes auto, qui poursuivent leur activité normale avec celles de Paris chargées du placement. En particulier, elles continuent de développer l'accident management. Concrètement, cette activité consiste à intervenir dans la gestion globale des sinistres en ayant notamment des réseaux agréés de prestataires performants.

« Nous avons aujourd'hui une approche métier et non par taille d'entreprise. ETI et grands comptes ont besoin d'autant d'expertise. »

Vous venez de parler de Marseille. Quelles sont vos ambitions pour cette plate-forme ?
Marseille n'est pas à proprement parler une plate-forme. C'est un site historique où nous développons tout ce qui est assurances de particuliers, où nous avons aussi des équipes importantes de production et de gestion pour différentes branches, notamment l'automobile, que nous venons d'évoquer. Nous faisons partie des courtiers qui misent sur la gestion, aussi bien en IARD qu'en assurances de personnes. Ainsi, à Angoulême, nous comptons 120 personnes dédiées à la gestion des prestations de prévoyance et de santé.

Parallèlement à cette stratégie, Aon France s'est diversifié dans les risques de particuliers, et principalement sur Internet. Pour quelles raisons ?
C'est avant tout une continuité stratégique. Nous avions déjà un portefeuille de particuliers significatif, représentant près de 10 M€ de commissions, pour lequel il nous fallait de nouveaux leviers de croissance. Nous avons choisi de distribuer notre offre directement sur notre site Internet et, de ce fait, de pousser notre marque Aon, qui commence d'ailleurs à être connue du grand public. Parallèlement, nous avons tissé des liens privilégiés avec un comparateur, lesfurets.com.

Quel est votre premier bilan et vos objectifs après un an d'exploitation ?
Notre produit dédié à l'assurance automobile a connu une belle réussite, avec 4 000 affaires nouvelles en 2013. Pour autant, nous n'avons pas souhaité démarrer trop rapidement, car nous devions avoir les équipes nécessaires pour gérer ces contrats, mais aussi répondre aux appels entrants de personnes désireuses d'approfondir leur analyse et demandeuses de devis. En revanche, nous allons accélérer notre développement en 2014 en sortant de nouveaux produits. Le premier concerne la multirisque habitation. Par l'intermédiaire du même canal de distribution, le Web, nos perspectives sont aussi de nous adresser, à terme, aux très petites entreprises. Nous avons aussi une expertise à apporter au niveau de la multirisque professionnelle ou encore de contrats packagés en assurance santé.

« Nos perspectives sont aussi de nous adresser via Internet aux très petites entreprises en multirisque professionnelle et en assurance santé. »

Concernant les risques d'entreprise, qu'en est-il de vos velléités de croissance en régions ?
Je n'en fais pas une priorité. Pour autant, nous souhaitons, cette fois-ci, y intervenir de manière durable. Du coup, nous prenons notre temps pour développer des portefeuilles de clients locaux. Nous sommes aujourd'hui présents en risques d'entreprise dans quatre villes françaises : Bordeaux, Lyon, Strasbourg et Toulouse. Angoulême et Marseille sont, comme je l'ai évoqué, davantage dédiées à nos activités nationales que tournées vers le développement régional. Pour les quatre localités où nous sommes actifs au niveau commercial, nous avons à chaque fois basé une personne connue dans la région. Ces collaborateurs permettent ainsi de développer notre savoir-faire en IARD et en assurance de personnes auprès d'entreprises régionales.

Quels sont vos objectifs pour 2014 ?
Notre réorganisation est opérationnelle à tous les niveaux : équipes de commerciaux, brokers, équipes dédiées à la gestion. Pour toutes ces raisons, nous sommes sur une tendance de croissance de 5% par an. Forts des ressources techniques du groupe et du réseau international, nous nous fixons d'être toujours à la pointe de l'innovation et dans la qualité d'exécution. Et nous poursuivrons nos initiatives dans le domaine des assurances de particuliers et, plus généralement, dans le domaine affinitaire. Mais nos grands métiers restent attachés aux risques d'entreprise, avec notre double expertise, en IARD et en assurances de personnes.

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