Olivier Désert, directeur général de Mutuelle de Poitiers assurances : « La Mutuelle de Poitiers reste très jalouse de son indépendance »

Olivier Désert, directeur général de Mutuelle de Poitiers assurances : « La Mutuelle de Poitiers reste très jalouse de son indépendance »
Olivier Désert © ©HERVÉ BOUTET

Malgré les tempêtes de 2009 et de 2010 qui ont eu un impact majeur sur les résultats de l'entreprise, et la mise en oeuvre des nouvelles normes prudentielles qui implique de nombreux changements et d'importants investissements, Olivier Désert affiche sa sérénité quant à l'avenir de la mutuelle.

Après deux années déficitaires, vous avez renoué avec les bénéfices en 2011. Comment l'exercice 2012 s'annonce-t-il ?

Nous avons terminé 2011 sur un petit bénéfice [2,1 M€, NDLR] et nous espérons faire un peu mieux cette année, malgré une série d'événements lourds au niveau de la sinistralité. Le gel du mois de février nous coûte autour de 7 M€ nets, puisque la réas-surance n'intervient pas. La sécheresse de 2011, dont les arrêtés sont sortis en juin 2012, représente quant à elle, un sinistre de 5 à 6 M€ nets. 2012 a aussi été marquée par une recrudescence des incendies, dont certains de forte ampleur, chez les particuliers. Nous avons eu à gérer une dizaine de sinistres supérieurs à 500 000 €, au lieu de deux ou trois les autres années, dont deux dossiers dépassant 3 M€. Et puis il y a le sinistre causé par l'État sur nos provisions...

SON PARCOURS

Diplômé de l'Institut de contrôle de gestion et de l'Institut des hautes études de défense nationale, Olivier Désert est entré en 1973 à la Mutuelle de Poitiers assurances qu'il dirige depuis 2005.

En 2011, il a été élu président de la Réunion des organismes d'assurance mutuelle (Roam).

  • 1973 Intègre le bureau de Paris de la Mutuelle de Poitiers assurances.
  • 1985 Directeur du service immobilier de la Mutuelle de Poitiers assurances.
  • 1987 Directeur financier. 
  • 1991 Directeur général adjoint.
  • 2005 Directeur général.

« Le sinistre »... Que voulez-vous dire ?

L'État va ponctionner une fois de plus sur notre réserve de capitalisation. Après l'exit tax de 10% instaurée en 2011, on nous annonce une nouvelle ponction de 7% sur la réserve de capitalisation telle qu'elle était avant d'être amputée une première fois. Il s'agit d'une taxe sur une taxe. C'est inadmissible. À titre indicatif, ce nouveau prélèvement qui n'était pas prévu représente 2,5 M€, à peu près la moitié de notre résultat prévisionnel.

En matière commerciale, quelle est la tendance en 2012 ?

Le point positif est que nous avons retrouvé des niveaux de production que nous n'avions pas connus depuis cinq ou six ans. Nous pensons terminer l'année sur un solde net de résiliations de l'ordre de 23 000 contrats en IARD, dont 8 000 en automobile, 8 000 en habitation et 3 000 en santé. De quoi faire des envieux dans ce contexte difficile. La crise économique est rude. Les ménages sont particulièrement frappés, y compris dans leur budget assurance, les primes ayant augmenté dans toutes les branches, notamment en santé. La complémentaire est devenue une charge que les ménages ont du mal à assumer, d'où un nombre de plus en plus important de résiliations pour non-paiement. Dans cette branche, nous visons l'équilibre sans particulièrement faire de bénéfices afin de rester compétitifs.

Comment vont évoluer vos tarifs en 2013 ?

La tendance sera autour de 3% en automobile, de 4% en habitation et de 5% en santé. En automobile, nous appliquerons en deux temps l'augmentation relevant de la revalorisation des rentes estimée de 1,5 à 2%. Une partie est intégrée à la hausse de 3% de janvier 2013, le reste le sera une fois le montant de la revalorisation clairement défini.

Les tempêtes de 2009 et 2010 ont eu un impact important sur l'entreprise du fait de la prépondérance de l'assurance dommages. Une diversification de vos activités est-elle envisagée ?

Sur le marché des particuliers, nous opérons déjà dans tous les domaines, sauf en assurance vie, marché sur lequel nous sommes présents à travers un partenariat qui fonctionne bien avec AG2R-La Mondiale. Se lancer sur ce marché n'est pas envisageable dans le contexte actuel : l'autorité de contrôle ne laisserait pas une société d'assurance vie se créer aujourd'hui sous forme mutuelle, et monter une société anonyme nécessiterait des capitaux trop importants. Quant aux risques d'entreprise que nous pratiquons peu, ce n'est pas un axe de diversification intéressant en termes de résultats.

Et étendre votre présence au niveau géographique ?

Après avoir ouvert de nombreux points de vente, nous avons ralenti le rythme des créations ces deux dernières années. Mais nous entendons reprendre le développement de notre réseau sur de nouveaux territoires, notamment dans le nord de la France, en recrutant de jeunes agents que nous soutenons au démarrage. Aujourd'hui, nous sommes présents dans 57 départements avec 220 agents généraux et 30 bureaux salariés, des structures qui progressivement sont reprises par des agents généraux.

Comment envisagez-vous l'avenir de l'entreprise ?

À l'exception de la reprise de la société Xaar, en 1998, la Mutuelle de Poitiers s'est toujours développée par croissance interne. Cela reste notre stratégie. Quant à se faire absorber par plus gros que nous, nous n'en avons aucune envie. La Mutuelle de Poitiers reste très jalouse de son indépendance. Il s'agit d'une entreprise saine, grâce notamment au travail de réduction des coûts entamé il y a une trentaine d'années. Nous pensons finir l'année 2012 sur un taux de frais généraux de l'ordre de 23,5%, un des plus bas du marché pour une société traditionnelle. Nos coûts de distribution restent très contenus, autour de 14%, alors que la profession est à deux, voire quatre, points de plus. Notre exemple est, à mon sens, une affirmation de ce que l'on appelle « l'effet de taille », ce que j'interprète par « plus on est petit, moins on dépense ».

Où en êtes-vous de la mise en oeuvre de Solvabilité 2 ?

Nous serons totalement prêts d'ici à un an. Actuellement, nous en sommes au pilier 3 et à la réalisation des rapports, une tâche qui me semble disproportionnée. Le formalisme est devenu le mal du siècle. Pour la Mutuelle de Poitiers, Solvabilité 2 représente des travaux considérables et des dépenses importantes que nous parvenons à contenir en réalisant un maximum de choses en interne. Au total, nous aurons investi 1 M€ en 2012 et autant en 2013, pour l'achat de logiciels, le temps consacré aux développements informatiques et le recrutement de cinq personnes.

Vous passerez le relais fin 2013. Quel conseil donnerez-vous à votre successeur ?

2013 sera effectivement mon dernier exercice. Je passerai ensuite la main, si le conseil d'administration le veut bien, à mon neveu, Stéphane Désert, actuel directeur général adjoint avec qui je travaille depuis dix ans. Il connaît parfaitement l'assurance et la culture de l'entreprise. Ma succession s'effectuera donc sans inquiétude. Le seul message que j'aurai à lui transmettre, s'il me le demande, c'est de veiller à la concertation dans les relations avec le personnel et avec les agents généraux, de garder une ouverture d'esprit, le sens du dialogue et de l'écoute. Les relations sociales, c'est primordial.

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