Olivier Muraire (Liberty France) : « Nous avons la volonté de travailler avec de nouveaux courtiers spécialisés »

Olivier Muraire (Liberty France) : « Nous avons la volonté de travailler avec de nouveaux courtiers spécialisés »

Brexit ou pas, le discret assureur en risques d’entreprise Liberty poursuit son développement sur le marché français. À sa tête, Olivier Muraire détaille les ambitions d’un acteur plébiscité par 150 courtiers.

Argus de l'Assurance : Comment definiriez-vous le positionnement de Liberty ?

Olivier Muraire (Liberty France) : Liberty est une compagnie mutuelle d’origine nord-américaine qui, par sa nature mutualis­te, bénéficie d’une vision et d’un engagement de développement à long terme qui lui a permis de devenir le 2e assureur améri­cain à l’international, et le 5e assureur mondial en IARD.

Pouvez-vous revenir sur la genèse de son essor en France ?

C’est sous le nom Liberty Mutual Insurance, que l’entité européenne a vu le jour, tout d’abord, à Dublin, puis à Londres, où le groupe a aussi repris, en parallèle, un syndicat du Lloyd’s. À Paris, un premier bureau, consacré à la réassurance, a ouvert à la fin des années 1990. Depuis 2003, la réassurance est opérée par le syndicat, et l’assurance directe par la succursale française Liberty Mutual Insuran­ce Europe. Progressivement, des succur­sales ont suivi en Allemagne, Espagne, Hollande, Suisse et Italie. Enfin, en 2013, a été créé Liberty Specialty Markets par l’intégration de la Compagnie Liberty Mutual Insuran­ce Europe, du Syndicat du Lloyd’s et de Liberty Mutual Reinsurance.

La France, où nous intervenons sous ce nom commercial, est notre premier marché, hors du Royaume-Uni, avec toujours les activités de réassurance et de souscription pour le Syndicat, d’une part, et la succursale de la compagnie, d’autre part. Dans ce cadre, nos activités suivent le droit et la réglementation française même si elles sont contrôlées par le régulateur britannique.

La France est notre premier marché, hors du Royaume-Uni, avec toujours les activités de réassurance et de souscription pour le syndicat, d’une part, et la succursale de la compagnie, d’autre part.

Vous êtes fatalement touchés par le Brexit. Comment gérez-vous cette nouvelle donne ?

Aujourd’hui, rien n’est encore décidé. Le point-clé, pour les assureurs, sera le maintien ou non du passporting (ndlr : pratique qui permet aux compagnies d’assurances de souscrire des activités dans n’importe quel pays européen sans y implanter de filiales) pour les sociétés enregistrées en Grande-Bretagne. Peut-être faudra-t-il mettre en place une structu­re spécifiquement européenne ? Dans le premier cas, cela ne changerait que peu de chose pour nous. Dans le second, le Brexit ajouterait un niveau de complexité administrative et réglementaire exigeant sans doute des investissements importants. Mais nous enregistrons, en Europe, plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous adapterons donc les structures et saurons comment nous y prendre fin 2019.

Comment se porte Liberty en France ?

Pas mal ! Nous sommes passés de 3 M€ de chiffre d’affaires souscrits en direct en 2003 à 157 M€ en 2015. Cette belle progression organique se partage entre 50 % de risques d’entreprise (RCMS, assurance des risques financiers, risques politiques et crédits, dommages, construction…) et 50 % de risques affinitaires (téléphonie mobile, moyens de paiement…).

Vous êtes plus spécifiquement concentrés sur les risques financiers… Ceux-ci représentaient, en 2007, 90 % de votre chiffre d’affaires. Pourquoi ce choix ?

En 2004, ces risques étaient développés à Londres. Mais peu en France. Nous avons donc positionné notre offre (RC pro, risques fraude et détournement, vol en coffre, assurance des fonds de pension, RCMS et risques sociaux…) avec des équipes de souscripteurs spécialisés. Aujourd’hui, cette activité représente encore 40 % de notre CA. Mais excepté l’automobile, nous couvrons désormais l’ensem­ble des risques d’entreprise. Dernière en date depuis cette année : l’assurance des objets d’art et de valeurs.

Le Brexit pourrait ajouter un niveau de complexité administrative et réglementaire, exigeant, sans doute, des investissements importants.

Vous êtes concurrencés par plusieurs acteurs selon les lignes de risques couvertes. Quel regard portez-vous sur cette compétition ?

Nous affrontons des compétiteurs à la fois généralistes et hyperspécialistes. En matiè­re de dommages, nous concurrençons, par exemple, les compagnies traditionnelles. Sur les risques d’entreprise spécifiques, nous sommes très peu d’acteurs (ndlr : AIG, Ace-Chubb en risques financiers ; Euler Hermès ou Altradius en risques crédit ; Helvetia en risques transport…). Notre force, c’est d’être un groupe international doté d’une expertise technique éprouvée et d’avoir su rassembler, en France, une équipe qui a un sens du suivi et du service auprès des courtiers.

Au dernier baromètre Golder & Partners en dommages, vous avez, en effet, obtenu la meilleure note en qualité de service auprès

des courtiers français. Quel est votre secret ?

Nous sommes fiers, mais aussi attentifs à cette étude, dont nous essayons de mettre en œuvre les enseignements. Nous nous attachons à trois services-clés : la rapidité de la réponse, positive ou négative, des réponses détaillées qui tiennent plus du projet de contrat que de la cotation brute, et la flexibi­lité permettant de faire du sur-mesure. Le suivi des dossiers sinistres est aussi apprécié. Nous serons, enfin, le premier assureur à leur proposer, dans les prochaines semaines, une applica­tion mobile Liberty. Ils disposeront, entre autres, d’un annuaire interactif, de la possibilité de télécharger des documents, l’explication de chaque assurance et du souscripteur qui s’en occupe... Cela complétera l’Extranet liberty-integrale.com.

Quelle est votre vision de l’évolution du marché français de l’assurance ?

Il est technique, mais facile d’implantation et nous souhaitons continuer à nous y développer, d’autant qu’en IARD, la sinistralité reste maîtrisée. Mais je ne suis pas le seul à remarquer qu’il souffre de la difficulté à trouver une rémunération raisonnable pour les capitaux. Il y a donc une abondance de liquidités difficiles à rentabiliser. Cela impose une grande attention technique.

Après la croissance organique, l’heure de la croissance externe a-t-elle sonné ?

Nous restons attentifs, notamment en France, à toutes les opportunités. Avec Solvabilité 2, le coût du capital exigé, notamment pour les risques d’entreprise, peut conduire certains acteurs à souhaiter s’en démettre. Nous sommes intéressés à reprendre ces portefeuilles, qui compléteraient les nôtres en nous permettant de souscrire des risques plus importants ou de servir des entreprises de tailles plus petites. Ce fut le cas récemment à Madrid où nous avons repris une équipe et les contrats dommages de Tokio Marine et, en Italie, avec le rachat du grossiste WBA spécia­lisé en IARD auprès des TPE.

SON PARCOURS

Olivier Muraire est titulaire d’une maîtrise de gestion (Paris-Dauphine), d’un doctorat de gestion (Sorbonne) et diplômé du CHEA (Centre de hautes études de l’assurance).

  • 1980 Intègre le cabinet d’expertise Gélis & Ruèche.
  • 1985 Directeur unité spécialisée en risques industriels de SGCA (1).
  • 1991 Directeur du cabinet de courtage Gavial Alexander à Madrid et en Espagne du Sud.
  • 1992 Directeur IARD souscription et sinistres chez Commercial Union Assurances en France.
  • 1998 DG de CGU (2).
  • 2003 DG France de l’assureur Ace.
  • 2007 DG de Sogecore (gestionnaire de captives).
  • 2008 DG France et Europe du Sud de l’assureur Liberty.

Vous reportez à Kadidja Sinz, ancienne DG France de XL Catlin qui a pris, en août dernier, la responsabilité de Liberty Specialty Markets Europe. Que change ce mouvement de direction majeur ?

Nous avons le plaisir de bien nous connaître avec Kadidja, nous avons travaillé ensemble chez Ace. Sa présence va donner du poids à Liberty Specialty Markets, tant auprès des clients européens qu’en matière de négociation interne pour doper notre développement.

Vous venez de lancer, après maintes réflexions, un produit de risques cyber. Pourquoi autant d’hésitation ?

Nous avons passé du temps à analyser le marché, encore naissant, et nos propres couver­tures. En fraude, nous garantissions déjà la malveillance informatique, assurances informatiques ou les RC qui excluent rarement les dommages immatériels causés aux tiers. La diffusion accidentelle de données était donc convertie par ce biais. Finalement, pour les entreprises qui gèrent beaucoup de données sensibles, nous référons aujourd’hui à notre équipe londonienne de souscripteurs qui a construit une assurance cyber « lourd » sur-mesure. Pour les ETI et PME, nous avons choisi d’enrichir notre multirisque financière (RCMS, fraude, risques sociaux, garantie homme clé…) d’une couvertu­re cyber. Ce packa­ge, Integr@le 2.0., a été lancé aux derniè­res « Journées du courtage ». Enfin, pour les entreprises importantes, mais dont l’activité est moins exposée, nous proposons Cyber-Secu­re, qui englobe la fraude et les risques cyber. C’est un marché en forte croissance qui crée de la matière assurable.

Côté distribution, vous êtes passés de 30 à 150 courtiers entre 2008 et 2015. Quels sont vos objectifs de maillage ?

Nous avons encore la volonté de travailler avec de nouveaux courtiers spécialisés en risques d’entreprise. Aujourd’hui, nous avons 1 500 clients. C’est en augmentant le nombre de nos partenaires, à raison de 10 clients par courtier que nous espérons continuer à grandir.

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