PATRICK BROTHIER Président d'Adréa mutuelle et JACQUES VIALLET Président sortant : « Nous avons un projet de fusion avec une mutuelle interprofessionnelle »

PATRICK BROTHIER Président d'Adréa mutuelle et JACQUES VIALLET Président sortant : « Nous avons un projet de fusion avec une mutuelle interprofessionnelle »

Après l'échec du projet de fusion avec la mutuelle SMI, Adréa mutuelle annonce plusieurs projets qui devraient prendre forme avant la fin de l'année, et contribuer à adapter son modèle économique au choc de l'ANI.

Comment avez-vous digéré la décision de la SMI qui devait fusionner avec votre mutuelle et qui a préféré rejoindre la Sgam Covéa ?
Patrick Brothier - Nous avons eu le temps de nous préparer à cette décision. Au cours des travaux de préparation de la fusion, nous avons senti l'évolution de leur position et pris conscience que nos chemins allaient s'écarter. Maintenant, nous sommes sur d'autres dynamiques. Adréa mutuelle est issue d'une fusion qui a eu lieu il y a moins de deux ans, et nous avons beaucoup de projets, en particulier de nouveaux rapprochements.

S'agit-il de fusions ou d'unions ?
P. B. - Nous avons un projet de substitution, un deuxième de fusion avec une mutuelle interprofessionnelle et un troisième de constitution d'union mutualiste de groupe (UMG). Je ne les dévoilerai pas, car ils ne sont pas conclus. L'objectif est d'aboutir avant la fin de l'année. Par ailleurs, nous venons de créer une union de groupe mutualiste (UGM) avec Solimut (1), et l'assemblée générale constitutive s'est tenue le 8 juillet. Cette alliance nous permet d'optimiser notre présence sur nos territoires et de construire ensemble dans le respect de nos identités et des valeurs mutualistes. Nous prévoyons de travailler sur les offres, les services associés, les plates-formes de conventionnement, les systèmes d'information. Nous avons un certain nombre de points de convergence avec Solimut, car ils sont, comme nous, gestionnaires du Régime social des indépendants (RSI), et nous avons des coopérations sur des activités de livre III [NDLR : les services de soins et d'accompagnement mutualistes, ou SSAM].

La fusion d'Adréa est-elle totalement achevée ?
Jacques Viallet - Oui, tant d'un point de vue de la gouvernance que dans l'organisation opérationnelle. C'est à la fin des années 1990 que nous nous sommes rendu compte intuitivement qu'il fallait absolument construire quelque chose ensemble, car ce serait indispensable pour perdurer. Nous avons progressé petit à petit, menant près d'une trentaine de chantiers. Quand nous sommes arrivés au bout au mois de janvier 2012, j'ai annoncé que je mettrai fin à mon mandat en juin 2013, bien que je sois élu jusqu'en 2014, parce que je souhaite que nous marquions bien le nouvel élan que nous nous sommes donné. Nous avons pu montrer une mutuelle très unitaire, et, partant de là, nous donnons confiance à des partenaires. Nous avons par ailleurs une union de livre I, l'union Adréa mutuelles, qui peut faire office de sas d'entrée à des mutuelles qui souhaiteraient faire un bout de chemin avec nous avant d'aller plus loin si affinités.

Avez-vous regroupé vos SSAM ?
J. V. - Au moment de la fusion, nous avons fait le choix d'inscrire nos établissements dans la dynamique collégiale de la Mutualité française, en les transférant aux unions territoriales (UT). Ce n'est pas pour des raisons économiques, car nos structures sont à l'équilibre - même si l'équilibre des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ne dépend pas que de la mutualité, mais également des financements départementaux. Au sein des UT, Adréa est majoritaire dans certains territoires, comme par exemple dans mon département, en Isère, où la Mutualité gère un important centre hospitalier ainsi que douze Ehpad avec des projets d'ex-tensions et d'ouvertures. Rembourser des soins est nécessaire, mais les SSAM s'avèrent importants pour les adhérents, et c'est également ce qu'il y a de plus visible sur le terrain.

Leurs parcours

              Patrick Brothier, 50 ans, a été élu président d'Adréa mutuelle lors de l'AG du 26 juin 2013.

  • 1995-2008 Directeur adjoint puis directeur général de Mutuelles bourbonnaises à Moulins (devenues Adréa mutuelle Centre-Auvergne), puis secrétaire général de l'Union Adréa. 
  • Depuis 2006 Président de l'UNPMF, devenue Mutex union.
  • Depuis 2009 Trésorier général de la Mutualité française.

    Jacques Viallet, 72 ans, président sortant d'Adréa mutuelle, compte près de 50 ans d'engagement mutualiste. 
  • 1964 Adhésion à la Caisse chirurgicale mutualiste de l'Isère et des Hautes-Alpes (CCMIHA) de Grenoble.
  • 1990-2011 Président d'Adréa mutuelle Alpes-Dauphiné.
  • 1965-2013 Mandats mutualistes locaux et nationaux, dont administrateur de la FNMF de 2003 à 2009.

Avez-vous des projets en matière de réseaux de professionnels de santé ?
J. V. - Oui, nous sommes dans la finalisation du choix d'un opérateur. Cette démarche a été menée de manière très professionnelle, en impliquant non seulement les responsables opérationnels, mais aussi les élus, car nous considérons qu'il s'agit d'un enjeu stratégique pour la mutuelle.

Votre activité est-elle suffisamment diversifiée aujourd'hui ?
P. B. - Nous estimons que nous avons des marges de progrès substantielles en assurance de personnes, tant en propre qu'avec Mutex. Adréa est aussi en cours de négociation avec un partenaire pour expérimenter la distribution en IARD avant la fin de l'année, ou au plus tard au début 2014. Nous allons lancer cette expérimentation sur une région, et si nous démontrons notre capacité à produire des contrats, nous généraliserons sur tout le périmètre de la mutuelle. La diversification est d'autant plus importante que l'ANI induit pour une mutuelle comme la nôtre une déformation de notre modèle économique. Nous devons en concevoir un nouveau au-delà de notre coeur de métier qui reste la santé.

Justement, avez-vous mesuré l'impact de l'ANI sur votre activité ? Comment se compose votre portefeuille ?
P. B. - En contrats individuels, nous avons, comme toutes les mutuelles interprofessionnelles, une part relative de retraités plus élevée que les autres familles d'opérateurs de la complémentaire santé. 25% de notre portefeuille ont plus de 65 ans. Nous gérons aussi le régime obligatoire des travailleurs non salariés, que nous équipons souvent en complémentaire santé, en prévoyance avec Mutex, parfois en retraite dans le cadre de la loi « Madelin ». Outre ces catégories, nous quantifions actuellement la part d'adhérents susceptible d'être volatile, et réfléchissons à la manière de les cibler. Quoi qu'il arrive, il y a une évidence pour nous, la couverture collective va devenir dominante. Notre modèle économique, qui reposait sur une part dominante de la santé individuelle, va être modifié. Cela va influencer notre modèle industriel, car les tâches de gestion - cotisations, affiliations, etc. - changent aussi.

Comment allez-vous gérer ces évolutions des métiers ?
P. B. - Il y aura des redéploiements. Nous calibrons les hypothèses en fonction des configurations de marché qui nous semblent réalistes, et nous en analysons les conséquences, dont celle de savoir si nous aurons des réseaux de commerciaux « debout », itinérants plus importants qu'en agence. Nous avons aussi des commerciaux dédiés aux professionnels, artisans et commerçants, mais, dans un certain nombre de territoires, cette force de vente allait aussi auprès des TPE.

Aujourd'hui, le collectif représente 40% de votre activité, et cette part va donc augmenter. Comment cela va-t-il s'articuler avec Mutex ?
P. B. - Il faut rester prudent, car il reste des points d'interrogation même après la décision du Conseil constitutionnel. Je ne pense pas que tout va se discuter au niveau de l'entreprise au motif qu'il n'y aura plus de désignations, et j'ai la conviction qu'une partie du marché se traitera tout de même au niveau de la branche. Nous devons donc examiner différents scénarios pour envisager d'une part les enjeux propres à notre mutuelle, d'autre part les évolutions du modèle de Mutex, qui est l'entité assurantielle dans laquelle nous mutualisons des intérêts avec d'autres mutuelles dans les accords de branche en santé et en prévoyance, ainsi qu'avec les grandes entreprises. Nous avons la chance de disposer d'un maillage territorial très fin, puisque les 5 grandes mutuelles actionnaires de Mutex ont près de 700 agences, ce qui est un atout en matière de distribution. Tout n'est pas encore configuré, mais nous avançons très vite tant au niveau de Mutex que dans Adréa même.

Vous conserverez donc une part de collectif en propre.
J. 0V. - C'est un sujet qui a fait l'objet d'une mobilisation forte de la Mutualité, car les enjeux économiques sont importants. La coassurance inter et intra codes devrait être introduite dans le cadre de la loi sur l'économie sociale. À ce jour, en assurance complémentaire santé, nous étions en général en partage de sort entre Mutex et les mutuelles, et nous gardions ainsi une activité en collective. Quand il s'agit de prévoyance, c'est Mutex qui intervient en propre, et qui est porteur de l'intégralité du risque. Au-delà de nos décisions, il reste aujourd'hui beaucoup d'inconnues, concernant les révisions du contrat responsable, les éventuelles modifications en matière d'exonérations fiscales et sociales, ce qui se produira en matière de dépassements d'honoraires... Tous les paramètres sont liés.

1. Solimut est une union mutualiste de groupe (UMG) composée de 6 mutuelles : Mutami, Mutuelle Familiale de la Corse, La Mutuelle de France 04 et 05, Mutuelle de France Bretagne-Centre-Océan, Mutuelles de France Plus, Mutuelle de France prévoyance.

" L'UMG avec Solimut nous permet d'optimiser notre présence sur nos territoires. " Patrick Brothier, président d'Adréa mutuelle
" Nous sommes dans la finalisation du choix d'un opérateur en matière de réseaux de professionnels de santé. " Jacques Viallet, président sortant d'Adréa mutuelle
" Il reste aujourd'hui beaucoup d'inconnues, concernant notamment les révisions du contrat responsable. " Jacques Viallet
" Nous avons des marges de progrès substantielles en assurance de personnes, tant en propre qu'avec Mutex. " Patrick Brothier

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Assurance dommages aux biens

Cachan Habitat OPH

16 septembre

94 - Cachan

Acquisition d'un véhicule neuf.

Comité Martiniquais du Tourisme

15 septembre

972 - FORT DE FRANCE

Lac de la Sorme - assistance à l'élaboration d'un programme de travaux d'ingénierie...

Communauté Urbaine Le Creusot-Montceau (CUCM)

15 septembre

71 - CU LE CREUSOT MONTCEAU

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

PATRICK BROTHIER Président d'Adréa mutuelle et JACQUES VIALLET Président sortant : « Nous avons un projet de fusion avec une mutuelle interprofessionnelle »

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié