Philippe Rocard, directeur général d'Axa Corporate Solutions : « Des relais de croissance existent dans les pays en développement »

Le directeur général de la filiale dédiée aux grands risques d'Axa revient sur ses bons résultats 2012 ainsi que sur ses ambitions de croissance à l'international et l'impact qu'a réellement eu l'ouragan Sandy sur son activité.

Alors que 2012 a été une année agitée par la crise, notamment en Europe, comment Axa Corporate Solutions a-t-il fini cet exercice délicat ?

Nous avons connu une nouvelle année de crise économique mondiale. Néanmoins, cette dernière ne frappe pas de la même manière tous les continents. Des relais de croissance importants existent dans les pays en développement où nous avons accompagné nos clients grands comptes. Axa Corporate Solutions (Axa CS) a réussi à s'adapter à cette nouvelle donne et a enregistré un exercice en progression de 4% en 2012, soit un chiffre d'affaires de 2,069 Md€. Nous avons également affiché un résultat net en hausse de 17% par rapport à l'exercice précédent, à 166 M€.

Comment expliquez-vous qu'une nouvelle fois en 2012 vous affichiez un exercice en hausse ? Quels sont vos objectifs pour 2013 ?

Nous devons notre croissance 2012 à trois segments qui contribuent à part égale à notre développement : les grands comptes, les entreprises de taille intermédiaire, et les pays émergents. Concernant notre activité dans ces derniers, nous comptons qu'elle représente 20% de notre chiffre d'affaires d'ici à 2015, contre 10% en 2010 et 14% en 2012. De fait, nous avons enregistré une forte croissance à l'international sur des marchés comme l'Amérique latine ou l'Asie grâce, notamment, au développement de 17 partenariats signés avec les autres structures du groupe actives dans ces territoires. En ce qui concerne l'upper-middle market, nous nous adressons aux entreprises réalisant un chiffre d'affaires compris entre 600 M€ (5 000 salariés en France) et 2 Md€. En France, nous avons réussi à pénétrer ce segment de marché à hauteur de 30%. Enfin, s'agissant des grands comptes, nous avons continué à bien intégrer le segment de type Cac 40 à hauteur de 90%. Notre défi sur ce dernier marché réside davantage dans le cross-selling (1).

Son parcours

  • 1992 Directeur IARD entreprise de Groupama-Gan.
  • 1999 Directeur général de la région Sud-Ouest d'Axa assurance.
  • 2008 Directeur marketing et directeur actuariat d'Axa France.
  • 2009 Directeur général d'Axa Corporate Solutions.

En matière de sinistralité, comment définiriez-vous l'année d'Axa CS ?

L'année dernière a été lourde en catastrophes naturelles, avec Sandy et deux tremblements de terre en Italie. Tout comme nos concurrents, nous sommes très attentifs à l'exposition de nos clients. En pratique, Solvabilité 2 nous oblige à avoir une visibilité au niveau des risques souscrits sur cette branche, où les capacités déployées sont importantes et la volatilité forte. Au niveau de l'activité marine, l'année a été fortement perturbée par plusieurs sinistres, comme le Concordia ou le Napoléon-Bonaparte. Au total, le ratio combiné global s'élève à 97,9% en 2012, moins favorable que l'objectif.

Quel a été l'impact de Sandy sur votre activité ?

Du côté de Sandy, l'ouragan en tant que tel n'a eu qu'un impact limité pour nos clients industriels. Ce sont principalement les galeries d'art du sud de Manhattan et les stockages sur les ports de New York qui ont souffert des inondations. En revanche, pour nos équipes sur place, cela a été aussi un test grandeur nature. Étant installées au sud de Manhattan, elles avaient littéra-lement les pieds dans l'eau. En plein coeur de la catastrophe, nos collaborateurs ont mis en pratique un plan de continuité de l'activité, car il leur fallait également gérer les sinistres de nos clients et, pour nos collègues d'Axa art, ceux des galeries d'art concernées.

" Pour les nouveaux risques, avant d'attaquer de front le marché, nous voulons mieux les appréhender avec les risk-managers. "
" Nous avons mis l'international au centre de notre coeur de métier. La vision globale du client en est facilitée. "

Quelle a été votre stratégie pour vous adapter aux changements réglementaires ?

Effectivement, plusieurs changements sont intervenus dans le monde des placements. Nous avons essayé de transformer ces bouleversements en opportunités de croissance. Nous avons ainsi trouvé de nouvelles solutions financières en matière d'obligations et avons significativement investi dans des obligations d'entreprise. De plus, le groupe investit dans des réseaux d'infrastructures, notamment énergétiques, qui nous permettent également de trouver des rendements sur la durée. Outre l'aspect financier, l'impact des événements naturels sur le marché en 2011 nous a amenés à changer notre manière d'aborder, notamment, les risques liés à la supply chain (2). Notre ambition a été de proposer des solutions préventives afin de limiter les répercussions de telles catastrophes sur l'activité de nos entreprises clientes. D'autres risques émergents deviennent de plus en plus une réalité pour nos assurés et, du coup, de nouveaux relais de croissance pour nous, assureurs. Tel est le cas du cyber-risque.

En cyber-risques, pourquoi, contrairement à vos concurrents, vous êtes-vous positionnés au niveau de la prévention ?

Nous voulions prendre le cyber-risque dans le bon sens, car il s'agit d'un risque complexe, qui ne peut, selon nous, se résumer par l'intermédiaire d'une offre packagée unique. Nous intervenons d'ores et déjà pour le compte de nos clients grands comptes, notamment dans des programmes de coassurance. Pour autant, avant d'attaquer de front le marché avec une offre assurantielle compétitive, nous avons décidé de prendre les choses dans l'ordre. La première étape consiste à appréhender et à comprendre cette typologie de risques avec les risk-managers. C'est pour cette raison que nous servons le marché avec une offre dédiée à la prévention, en partenariat avec Cassidian. En juin, nous sortirons une offre assurantielle qui servira de base pour nos équipes, lesquelles l'étofferont en fonction des problématiques propres à chaque client.

Qu'en est-il de la nouvelle organisation que vous avez mise en place en 2012 ?

Opérationnelle depuis mai 2012, elle nous a permis de gagner en visibilité et de mettre l'activité internationale au centre de notre coeur de métier. Avant, nous étions organisés par branches d'activités. Avec cette nouvelle ossature, nous nous tournons vers une structure axée sur l'international et organisée autour des fonctions importantes de l'entreprise. Les responsables ont un terrain de jeu au niveau mondial, tant en souscription qu'en services ou en traitement des sinistres. La vision globale du client en est facilitée, ainsi que l'amélioration de la productivité.

1. Ventes croisées ou additionnelles.

2. Chaîne logistique, d'approvisionnement.

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