Pierre de Villeneuve (BNP Paribas Cardif) : «Notre modèle est d'être ouvert à tous les modes de distribution»

Pierre de Villeneuve (BNP Paribas Cardif) : «Notre modèle est d'être ouvert à tous les modes de distribution»
photos : LUC PERENOM Pierre de Villeneuve Président exécutif de BNP Paribas Cardif

Après une année 2015 jugée comme « un excellent cru », Pierre de Villeneuve revient sur la stratégie globale du groupe BNP Paribas Cardif, toujours très orientée vers l’international. Et avec pour leitmotiv, la diversification.

Le modèle de BNP Paribas Cardif est basé sur de nombreux partenariats de distribution. Continuez-vous à défendre cette voie par rapport à un modèle de bancassurance intégré ?
BNP Paribas Cardif s’est développé dès son origine sur la base du partenariat. Notre démar­che repose sur une cocréation entre les partenaires et les spécialistes de l’assurance que nous sommes, pour placer le client au centre des préoccupations. Notre modèle est basé sur l’optimisation des ressources de chacun. Nous nous sommes adaptés au contexte actuel et nous avons développé nos partenariats de distribution pour l’étendre au courta­ge, aux CGPI, ainsi qu’à des acteurs de secteurs variés comme les télécoms ou l’automobile. Notre modèle est d’être ouvert à tous les modes de distribution. En parallèle, nous avons étendu notre maillage géographique depuis plusieurs années.

Justement, l’international représente près de 60 % de votre chiffre d’affaires. Vers quels pays s’oriente votre stratégie ?
Nous sommes basés dans 36 pays et nous souhaitons être présents là où les besoins d’assurance nous paraissent les plus importants. Bien sûr en premier lieu sur le marché européen, dont la France qui constitue aujourd’hui 41 % de notre chiffre d’affaires, mais aussi en Asie et en Amérique latine. L’international a généré, en 2015, 16,4 Md€ de chiffre d’affaires. Notre objectif est de construire des partenariats de long terme notamment pour le développement de l’activité d’épargne/retraite comme c’est le cas en Europe et en Asie. En Amérique latine, notre stratégie est de nous développer, non sur l’épargne, mais sur des produits de protection. Et cela fonctionne bien puisque nous avons affiché une progression de 21 % de notre activité par rapport à 2014.

Avez-vous des inquiétudes quant à la situation économique au Brésil ?
Le Brésil connaît aujourd’hui des difficultés financières et politiques mais nous avons la chance d’y avoir des partenariats fiables comme avec Magazine Luiza, une grande chaîne de magasins. Et si la devise locale (le réal) s’est certes dévalorisée, les marchés en ont pris acte et nous ne voyons pas de raison d’agir à contre temps. Encore une fois, nous sommes dans une logique de partenariat durable.

SON PARCOURS

Né en 1948, Pierre de Villeneuve, membre de l’Institut des actuaires, a exercé toute sa carrière au sein de BNP Paribas Cardif.
  • 1972 Diplômé de l’Institut de science financière et d’assurances (Isfa) de Lyon
  • 1973-1992 Participe au développement de Cardif chargé des grandes fonctions du métier
  • 1992-2005 DG de Cardif Assurance vie
  • 2005 Directeur général délégué de Cardif Assurance vie et directeur général de Cardif Assurance risques divers
  • 1996-2013 Président du comité technique puis du comité vie des assurances de personnes de la FFSA
  • 2004-2013 Administrateur directeur général délégué de BNP Paribas Cardif et membre du comité exécutif 
  • Octobre 2013 PDG de BNP Paribas Cardif et vice-président du Groupement français des bancassureurs
  • Depuis juin 2015 Président du groupement français des bancassureurs
  • Depuis janvier 2016 Président exécutif de BNP Paribas Cardif

Comment se développe votre activité sur les marchés chinois et indien ?
En termes d’offre, en Chine, l’approche est différente de celle des marchés européens. Il n’y a pas la même distinction entre l’épargne et la protection, ce qui nous pousse à concevoir des produits mixtes. En Inde, notre activité se développe bien. Le chiffre d’affaires de notre filiale commune avec notre grand partenaire State Bank of India, s’élève à 2 Md€ en 2015. Nous sommes en discussion pour accroître notre participation qui est aujourd’hui de 26 %.

Mondialement, la répartition de votre mix produit est aujourd’hui de 75 % en épargne retraite et 25 % en dommages et produits dits de protection. Est-ce conforme aux objectifs que vous vous étiez fixés ?
Notre objectif est toujours clairement la diver­sification et l’élargissement de la gamme de nos offres. Dans les pays, comme les marchés domestiques, où l’épargne est historiquement implantée, nous développons les offres de protection et dans les pays où nous avons démarré sur l’assurance emprunteur comme le Chili ou la Colombie, nous souhaitons accroitre notre présence sur l’assurance habitation et l’assurance automobile.

Pourtant en assurances de dommages en France, l’activité de BNP Paribas Cardif connaît une croissance plus faible que sur d’autres segments. Comment l’expliquez-vous ?
Nous réfléchissons aux moyens de développer ce segment. Mais les activités dommages se développent bien dans tous les réseaux de bancassurance car elles correspondent à un besoin des clients et à une stratégie de fidélisation par le multi-équipement. Chez BNP Paribas Cardif, le chiffre d’affaires de cette activité est stable.

Vous êtes actionnaire depuis fin 2014 d’Icare, spécialiste de la garantie panne mécanique. Comment allez-vous développer cette activité ?
Nous sommes en phase de développement progressif de l’offre d’Icare, notamment hors de France. Nous avons pour ambition d’être présents dans les marchés où l’extension de garantie peut s’intégrer dans l’offre d’assurance.

Sur l’assurance emprunteur, avez-vous déjà ressenti des effets de la loi Hamon qui vise à renforcer la déliaison entre le crédit et l’assurance ?
BNP Paribas Cardif est présent sur les deux marchés : l’assurance emprunteur collective et individuelle. En France, nous avons réalisé, à fin 2015, 812 M€ de chiffre d’affaires et nous sommes leader au niveau mondial. Nous n’avons pas encore constaté d’évolution impor­tante entre la part d’activité réalisée en individuel et en collectif, mais de plus en plus, les offres collectives tendent à se rapprocher des offres individuelles. Or, il faut faire attention à ne pas aller trop loin. Sur le fond, la réforme introduite par la loi Hamon pose tout de même la question de ce qui doit être mutualisé et personnalisé. Ces dispositions encouragent la personnalisation des offres avec le risque qu’une partie des emprun­teurs ne puisse plus se couvrir à des conditions raisonnables.

En assurance vie, quelle est votre position sur les rendements des fonds euros ?
Pour l’année 2015, la rémunération de nos fonds euros a baissé de 0,24 point. En parallè­le, nous avons doté la provision pour participation aux bénéfices à hauteur de 614 M€. Aujourd’hui nous ne pouvons plus nous satisfaire des deux moteurs traditionnels de l’assurance vie française que sont les fonds euros et les unités de compte. Ce sont deux types de valorisa­tion intéressants mais insuffisants dans le contexte financier actuel.

Pensez-vous que l’eurocroissance puisse être une solution ?
Il faut proposer des produits qui s’appuient sur des actifs diversifiés tout en offrant des garanties en capital. L’eurocroissance fait partie des solutions. La réforme en cours sur le transfert des plus-values latentes va justement permettre une plus grande diversification des actifs des fonds eurocroissance tout en préservant l’intérêt des souscripteurs des fonds euros. Mais encore faut-il que le produit soit bien expliqué aux épargnants car il comporte une forte volatilité à court terme qu’il ne faut pas taire aux clients.

Comment se passe le démarrage de votre offre en assurance santé collective ?
En santé collective, le taux d’affiliation est plus faible que ce à quoi nous nous étions attendus. En revanche, cette légère déception n’est absolument pas à mettre sur le compte de notre partenariat avec Mutuelle Mieux-Être. Nous sommes convaincus de proposer une offre et des services de qualité. Ce que l’on constate sur ce segment, c’est que le marché a finalement assez peu évolué comme le montre la stabilité de notre chiffre d’affaires à 43 M€. S’il évolue, il le fera progressivement. Globalement, nous constatons un effet retard au niveau des entreprises qui ont mis du temps à s’emparer du sujet ANI.

Le projet de loi Sapin 2 prévoit d’introduire la possibilité de créer des fonds de retraite professionnelle supplémentaire. Quel est votre avis sur ce projet ?
Nous sommes favorables à tout ce qui permet­tra de développer des offres purement retraite en France. Cependant, on peut déjà faire beaucoup pour la préparation de sa retrai­te dans le cadre prudentiel de l’assurance vie. Contrairement à une idée répandue, l’épargne longue existe en France avec des formules similaires aux fonds de pension. Chez BNP Paribas Cardif, la retraite représente près de 700 M€ de cotisations par an.

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