Résultats Macif 2015 : « Nous avons redressé les fondamentaux techniques »

Résultats Macif 2015 : « Nous avons redressé  les fondamentaux techniques »
Alain Montarant, président du groupe Macif et Jean-Marc Raby, directeur général du groupe (à droite).

De la défense à l’attaque. Après trois années consacrées à la restauration de sa santé financière, le groupe Macif parachève son plan stratégique Moyen terme (2013-2015) sur un sentiment de réussite. Sur la période, l’assureur mutualiste n’aura pas ménagé ses efforts pour renouer avec le triptyque croissance, rentabilité et solvabilité : résorption des foyers de perte (cession de Macifilia, de Macif Portugal, d’Altima…), réduction des frais généraux (en-deçà de 25 %) et travail sur les marges techniques (ratio combiné à 99,2 % à fin 2015). Le tout en veillant à la diversification de ses activités et en demeurant vigilant sur ses principaux voyants financiers. Ainsi, le groupe peut s’atteler aux deux chantiers qui l’attendent dans les quatre ans : en interne, d’une part, avec l’industrialisation de son modèle d’assurance dommages – levier puissant de compétitivité – d’autre part en externe, avec la préparation de la mise en oeuvre opérationnelle de la Sgam de Sgam prudentielle Sferen, commune avec Matmut, au 1er janvier 2018.

Vos résultats 2015 revêtent une double lecture en cela qu’ils parachèvent aussi votre plan Moyen terme, entamé en 2013. Les résultats sont-ils à la hauteur de vos attentes ?
Alain Montarant :
2015 a, en effet, été une année forte et un tournant majeur pour la Macif avec la fin du plan Moyen terme qui est, globalement, une réussite. Nous avons redressé les fondamentaux techniques et je salue, à ce titre, le pilotage de la direction générale et l’implication des élus et des collaborateurs. Il est essentiel de gérer ce succès dans le temps, d’aller plus loin dans les efforts, le rythme et l’intensité. L’excellence technique doit nous guider. Enfin, 2015, c’est aussi la fin de mon premier mandat, marqué par le congrès de Lille où le projet d’entreprise a obtenu 86 % de votes favo­rables, un taux d’adhésion supérieur à celui du précédent projet d’entreprise que portait Gérard Andreck en 2009. La démarche est donc très largement comprise en interne, même politiquement. Il s’agit d’entrer dans une nouvelle ère et de redonner une nouvelle dynamique à la Macif.

Jean-Marc Raby : Le premier pilier de notre plan a consisté à rétablir la rentabilité de l’entreprise en résorbant les foyers de perte, en se séparant de certaines activités (ndlr : IDMacif, Altima, Macif Portugal…) et en rétablissant la marge technique sur l’assurance dommages qui nous offre nos meilleurs résultats depuis 10 ans (voir infographies). Au global, notre résultat net part du groupe affiche une progression à deux chiffres. Les marges de manœu­vres économiques ainsi dégagées vont nous permettre de financer les investissements nécessaires à la transformation de notre groupe.

  • 179 % Marge sans Solvabilité 2 en 2015 contre 149 % à fin 2012 lors du démarrage du plan stratégique moyen terme. Elle est calculée sur la base des fonds propres et des passifs subordonnés.
  • 3,178 Md€ Montant des fonds propres, en hausse de 5 %.
  • 600 M€ Collecte nette 2015 en assurance vie (+5 %) pour 20,7 Md€ d’épargne gérée.
  • 5,26 millions Nombre de sociétaires et clients du groupe Macif en 2015 (+1,2 %).

Arrivez-vous vraiment à peser dans le paysage de l’assurance santé ?
J.-M. R. :
Avec un chiffre d’affaires de 795 M€ dont près de 500 M€ en santé individuelle, l’activité de santé-prévoyance a progressé de 4 % et contribue à hauteur de 34 M€ au résultat net. Nous nous étions fixé 1 Md€ que nous venons d’atteindre avec un léger retard, car nous misions sur la croissance externe plutôt que sur l’équipement de nos sociétaires, et l’apport d’Apivia Mutuelle (NDLR : fusion de Smam Mutuelle et Smip) n’a pu être intégré dans les comptes consolidés qu’à partir de novembre 2015.

A. M. : Nous protégeons 1,3 million de personnes en santé et nous en assurons 600 000 en prévoyance. L’UMG (NDLR : Union mutualiste de groupe) que nous allons créer le 1er janvier 2018 facilitera l’arrivée de nouveaux partenaires externes. Nous misons aussi sur les professionnels et les TPE en primo-équipement pour accroître notre portefeuille de contrats collectifs qui ne représente pour le moment que 20 % de nos contrats. Le point positif, l’an dernier, c’est que la moitié des souscripteurs a retenu une garantie supérieure au panier de base. Mais sur l’ANI, le match n’est pas terminé : l’industrialisation et la compétitivité seront, là aussi, des leviers fondamentaux.

On devine que le plan Moyen terme visait déjà à préparer le coup d’après ! Comment démarre Macifutur, votre nouveau plan stratégique 2016-2020 ?
A. M. :
Totalement tourné vers le sociétaire-client, ce plan vise la transformation complète du groupe en se concentrant sur l’unification de l’ensemble de nos règles métier et processus.

J.-M. R. : Nous ambitionnons de faire progresser toutes nos activités en maintenant notre excellence technique et opérationnelle. Dans un secteur en mutation, la Macif entend affirmer son leadership sur la couverture des besoins des particuliers en France. Nous travaillons donc à l’accessibilité de nos offres sur tous les canaux de distribution, à l’amélioration de la compétitivité, comme en témoignent déjà nos choix de positionnement tarifaire en 2016.

Outre la croissance et la restauration de la rentabilité technique et opérationnelle, le groupe Macif dispose-t-il d’une solvabilité confortable ?
J.-M. R. :
La marge de solvabilité du groupe, dans le référentiel S1, ressort à 143 % à fin 2015 avec les seuls fonds propres durs, alors que nous visions un objectif cible de 150 %. Il devrait être atteint à fin 2016. Nous avons, durant la période, émis des titres subordonnés pour 525 M€ (NDLR : une première émission de 400 M€ en 2013, une seconde de 125 M€ en 2014) compte-tenu des opportunités des marchés financiers. Nous n’avions pas de besoins particuliers de recourir à ces outils de financement, mais nous avons préféré sécuriser le dispositif pendant la phase de transformation du groupe et profiter de taux avantageux. En les intégrant, la couverture de la marge ressort à 179 %. L’ambition 2020 est d’atteindre ce niveau de solvabilité cible sur la base des seuls fonds propres.

La loi Hamon vous impacte-t-elle ?
A. M. :
Nous avons observé des tendances variables de nos portefeuilles auto et MRH. À ce stade, une chose est sûre : les mouvements sont plus importants et la loi Hamon agit comme un accélérateur de temps et de coût. Le marché va s’habituer à une certaine volatilité des portefeuilles.

J.-M. R. : Les bancassureurs et des acteurs comme Covéa captent le marché de manière croissante grâce à une démarche industrielle et à leur performance commerciale. C’est pour cela que l’industrialisation est au cœur du plan Macifutur, pour compléter notre excellence technique.

La conquête passe par la souscription. Misez-vous sur le digital pour optimiser le coût de conquête de clients ?
J.-M. R. :
L’investissement sur le numérique est un des objectifs prioritaires de notre plan stratégique. Nous recevons chaque année 5 millions de contacts dans nos points d’accueil, 12 millions par téléphone et plus de 26 millions via le Web. Notre plateforme de Nantes accompagne les internautes dans leurs demandes de devis. Nous unifions nos process pour que nos conseillers, à Marseille, puissent suivre un client lillois par exemple, quand la régionalisation des activités ne le permettait pas. Nous tablons toujours sur 10 % de souscriptions en ligne d’ici à 4 ans pour, en effet, optimiser le coût de conquête clients, mais surtout répon­dre à leurs besoins essentiels dans les délais attendus.

Depuis 2014, la Macif et la Matmut ont créé Inter Mutuelles Entreprises (IME) en vue de cibler des TPE-PME en assurance dommages. Ce rapprochement porte-t-il ses fruits ?
A. M. :
À fin 2015, IME comptabilisait 68 000 sociétaires et 100 000 contrats en portefeuille pour un résultat net de près de 8 M€. On note une augmentation significative du nombre de demandes d’assurances formulées auprès d’IME (+30 %), dont 40 % ont trouvé leur origine dans le réseau Macif. Avec la disparition de Macifilia, nous n’étions plus en capa­cité de délivrer une solution d’assurance pour les professionnels. IME a constitué une alternative simple, rapide et rentable.

J.-M. R. : Nous poursuivons une réflexion aujourd’hui sur l’approche des professionnels sur la santé, la gestion de flottes de véhicules et les nouveaux risques qui entourent les TPE-PME. L’idée étant qu’en dehors du cœur historique de l’assurance dommages, tout ce qui nécessite offre et distribution adaptées puisse trouver une réponse commune avec nos partenaires, Matmut et Mapa notamment. La Macif n’a pas vocation à porter seule ces risques.

Compte tenu du contexte de taux bas durable, quels objectifs de diversification des placements des épargnants en assurance vie vous êtes-vous fixés ?
J.-M. R. :
La problématique des taux bas constitue un vrai sujet pour la profession. Même si nous disposons encore de réserves pour servir la rémunération de nos contrats euros, nous avons suivi les préconisations de la Banque de France en matière de redistribution. Une diversification sage consisterait à viser, d’ici 2020, une juste répartition entre de l’épargne bancaire (1/3), de l’assurance vie en euros (1/3) et des unités de compte (1/3). Nous avons raisonnablement le temps d’agir mais il faut être vigilant dans la mesure où nous ne voyons pas les taux remonter. Ainsi, pour y parvenir, nous comptons notam­ment sur le nouveau contrat multisupport Multi Vie, lancé en février dernier (15 000 contrats d’ores et déjà souscrits) par Muta­vie. Sa réussite dépendra de la capacité des réseaux de distribution, dont la Matmut à partir de juillet 2016, à délivrer les conseils et une information qualifiés aux souscripteurs. À ce stade, nous ne jugeons pas pertinent de proposer de contrat eurocroissance.

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