Sabine Schimel (ACMN Vie) : « Nous recentrons notre distribution sur les réseaux du groupe »

Sabine Schimel (ACMN Vie) : « Nous recentrons notre distribution sur les réseaux du groupe »
Sabine Schimel Directrice générale
d’ACMN Vie et présidente du directoire
de Nord Europe Assurances (NEA)

La compagnie vie de Nord Europe Assurances (groupe Crédit mutuel Nord Europe) assume une stratégie d’équipement des clients du groupe bancaire. Pour cela, ACMN Vie travaille sur une nouvelle offre en assurance emprunteur après avoir revu sa gamme en assurance vie.

Argus de l'Assurance : Comment s’est déroulée l’année 2016 ?

Sabine Schimel (ACMN Vie) : L’année 2016 a été une très bonne année dans un contexte financier de taux bas. ACMN Vie a dégagé un CA de 700 M€. Le groupe Nord Europe Assurances (NEA), dont ACMN Vie est la filiale, a enregistré 1 Md€ de CA et 70 M€ de résultat. En 2016, 80 % du chiffre d’affaires a été réalisé par les réseaux du groupe Crédit mutuel Nord Europe (les agences CMNE, les agences de la banque de détail Beobank en Belgique et les conseillers en gestion de patrimoine via CD Partenaires, société du groupe La Française). Ceci conforte pleinement la stratégie de recentrage de notre distribution sur les réseaux du groupe qui s’est traduite par l’arrêt de l’activité Internet et courtage.

Ces résultats sont-ils en ligne avec votre plan à moyen terme 2020 ?

Nous sommes en phase avec notre plan à échéance 2020 qui vise à apporter à nos assurés et distributeurs des produits et services innovants s’appuyant sur les outils numériques. Notre lien avec le Crédit mutuel et le partenariat avec les ACM nous permettent de bénéficier des innovations majeures qui ont été engagées par le groupe, ce que nous n’aurions pu développer seul du fait de notre taille.

De quels types de projets s’agit-il ?

Un pan important de notre plan stratégique concerne l’excellence du service apporté à nos clients et nos réseaux distributeurs ainsi que la transformation digitale. En parallèle, nous déployons en interne une démarche collaborative pour améliorer continûment notre fonctionnement.

Quelle est la part d’unités de compte (UC) dans votre activité ?

Le développement des UC est un grand succès puisqu’en 2016, pour NEA, moins de 50 % du chiffre d’affaires est réalisé en euros. Pour ACMN Vie, le taux d’UC est de 32 % dans la collecte (contre 22 % en 2015) et de 17 % dans les encours. Pour cela, nous avons arrêté la commercialisation de notre ancienne gamme pour lancer les contrats Opale et Opale Patrimoine avec une nouvelle gamme d’unités de compte de très bonne qualité (immobilière, etc.) et différents modes de gestion qui correspondent davantage aux attentes du réseau.

SON PARCOURS

Diplômée de l’École Polytechnique et de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), Sabine Schimel a débuté sa carrière comme chargée d’études et de prévisions économiques au ministère de l’Économie et des Finances.

  • 1994 Responsable du contrôle de gestion de la direction grand public – CNP Assurances.
  • 1996 Directrice de l’actuariat central – CNP Assurances.
  • 2000 Responsable des clientèles bancaires et de l’animation des assurances collectives –CNP Assurances.
  • 2005 Directrice du pilotage de la performance des filiales internationales de CNP Assurances.
  • 2009 Directrice du développement, filiales et participations à la Caisse des dépôts.
  • 2016 Directrice générale d’ACMN Vie et présidente du directoire de Nord Europe Assurances.

Comment comptez-vous progresser sur les unités de compte ?

Cette stratégie de développement de la gamme en UC est fortement portée par notre actionnaire, le Crédit mutuel Nord Europe qui est notre principal distributeur. Les ­succès sont visibles, avec 50 % environ du chiffre d’affaires réalisé en UC sur la nouvelle gamme Opale. L’allocation de capital est optimisée. La transition de l’euro vers les UC a été réalisée largement grâce à notre offre profilée et pilotée. Des réflexions sont également en cours autour des garanties à horizon. Et sur nos fonds en euros nous continuons à ce stade à offrir une garantie à 100 %. L’important pour nous est d’avoir une offre qui s’adapte à la clientèle très diversifiée du groupe CMNE.

Avez-vous une politique restrictive sur les versements en euros ?

Nous n’avons pas de restrictions fermes sur l’euro. Nos rendements sur l’euro sont plutôt raisonnables au regard de l’environnement de taux bas. Ceci nous permet de constituer des réserves pour protéger durablement l’épargne de nos assurés. Nous servons des bonus incitatifs sur l’euro en fonction de la part investie en unités de compte et veillons à apporter le conseil adapté à la stratégie de placement en unités de compte.

Le développement de la gamme en unités de compte est fortement porté par notre actionnaire, le Crédit mutuel Nord Europe qui est notre principal distributeur.

Pourquoi avoir transféré vos contrats d’assurance vie en ligne à Suravenir ?

Le canal Internet ne faisait plus partie de notre stratégie de développement autour des réseaux distributeurs du groupe, notamment en termes de rentabilité. Cela suppose des investissements lourds, de servir des rendements élevés, coûteux en capital, avec une structure tarifaire très compétitive.

Quelle part représente la prévoyance dans votre activité ?

Sur le périmètre ACMN Vie, 90 % du chiffre d’affaires est orienté vers l’épargne et 10 % vers la prévoyance. Le développement de la prévoyance est une priorité du réseau CMNE en 2017. En parallèle, nous refondons notre offre en assurance emprunteur afin de se préparer pour janvier 2018 aux nouvelles règles du jeu. Notre objectif est de proposer une offre adaptée aux conditions de la résiliation annuelle tout en protégeant les clients et surtout en les accompagnant dans l’obtention de leur prêt. La réglementation va conduire à une démutualisation et une segmentation plus importantes qu’aujourd’hui.

Vous allez donc revoir votre offre actuelle ?

Effectivement. Nous souhaitons que cette offre porte les valeurs du groupe et reflète un accompagnement des clients tout au long du cycle de vie, notamment en termes d’acceptation médicale. Nous recherchons le bon équilibre prix garanties pour protéger correctement l’emprunteur et assurer une bonne prise en charge des sinistres.

Nos rendements sur l’euro sont plutôt raisonnables au regard de l’environnement de taux bas. Ceci nous permet de constituer des réserves pour protéger durablement l’épargne de nos assurés. Nous servons des bonus incitatifs sur l’euro, en fonction de la part investie en unités de compte et veillons à apporter le conseil adapté à la stratégie de placement en unités de compte.

Qu’en est-il des autres segments en prévoyance ?

La prévoyance en général est une des priorités commerciales du groupe. Outre notre offre décès, nous avons revu la gamme « garantie des accidents de la vie » qui est distribuée par la compagnie ACMN IARD, en partenariat avec les ACM. De même pour notre offre santé. Notre volonté est d’équiper principalement les clients bancaires du groupe CMNE qui ouvre un champ très large à la fois en France et en Belgique. Par ailleurs, nous nous appuyons sur les conseillers en gestion de patrimoine liés à La Française. Nous n’avons pas de politique commerciale de conquête de clients à l’extérieur du groupe.

La retraite est-elle un segment stratégique ?

Nous proposons essentiellement une offre ­retraite Madelin, la préparation à la retraite passant principalement par notre offre en assurance vie. Le développement de ce marché, comme celui de la dépendance, pourrait bénéficier ­utilement d’un accompagnement fiscal adapté.

Justement, en matière de fiscalité, le président de la République nouvellement élu avait envisagé, lors de sa campagne, de modifier la fiscalité de l’assurance vie. Qu’en pensez-vous ?

Nous avons déjà, aujourd’hui, un millefeuille de règles fiscales, de moins en moins lisibles et nous pouvons souhaiter, si des modifications étaient mises en œuvre, des mesures simples laissant le stock de contrats en dehors du périmètre. Nous sommes déjà très mobilisés par la mise en place du règlement PRIIP’s ainsi que de la Directive distribution.

Comment avez-vous intégré les nouvelles contraintes de Solvabilité 2 ?

Nous nous sommes adaptés à la réglementation Solvabilité 2 en désensibilisant notre actif et en révisant notre offre produits. Nous avons pu répondre aux exigences quantitatives. Dans ce nouveau cadre, nous essayons de trouver l’équilibre entre des actifs peu consommateurs en capital et des investissements favorisant le financement des entreprises. Il serait souhaitable que les investissements « bas carbone » de qualité puissent bénéficier d’un cadre ­réglementaire plus favorable.

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