UNMI : «Il y a un avenir pour les mutuelles de proximité»

UNMI : «Il y a un avenir pour les mutuelles de proximité»
photos : Laetitia Duarte Michel Mottet et Michel Liautard,
respectivement directeur général et président
de l’Union nationale des mutuelles
interprofessionnelles (l’UNMI).

Après un divorce à l’amiable avec Malakoff Médéric, l’Union nationale des mutuelles interprofessionnelles (UNMI) vole de ses propres ailes. Son président et son directeur nous expliquent d’une même voix la stratégie de développement de l’Union.

Quelles sont les principales activités de l’UNMI ?
Michel Liautard et Michel Mottet :
L’UNMI est née en 1929 dans le giron du groupe Médé­ric. C’est d’abord, et avant tout, une union technique, qui a vocation à ­répondre aux besoins de ses adhérents. Notre première activité est ainsi de proposer en marque blanche des produits de prévoyance en individuel et en collectif. Nous réalisons aussi un peu d’épargne à la demande des ­mutuelles, mais ce n’est pas objectivement une piste de développement. Et plus récemment nous avons investi le terrain de la santé, puisque nous sommes assureur de Proxime Santé, une des onze offres labellisées dans le cadre de l’Aide à la complémentaire santé (ACS).

... et au-delà des produits ?
M. L. et M. M. :
L’Union propose aussi à ses adhérents toute une gamme de services  en matière juridique, de gestion, d’actuariat… Nous sommes, par exemple, en capacité ­d’aider les mutuelles à remplir la centaine d’états ­exigés par l’ACPR. Solvabilité 2 a changé beaucoup de choses pour les mutuelles : cette nouvelle réglementation constitue un véritable saut d’obstacles pour elles. L’UNMI a vocation, à terme, à être un véritable pôle de compétences techniques et réglementaires. Nous avons réinternalisé beaucoup de fonctions, ce qui nous permet d’être réellement compétitifs.

Justement, pourquoi avoir quitté le groupe Malakoff Médéric qui vous fournissait toutes les fonctions supports ?
M. L. et M. M. :
Nous nous sommes rendu compte que nous nous contrarions l’un l’autre, en vendant les mêmes produits, par exemple. Ce fut donc un divorce par consentement mutuel : Malakoff Médéric Mutuelle fait d’ailleurs toujours partie de l’UNMI. Mais nous avons dû repartir de zéro, que ce soit pour les locaux, l’informatique ou les salariés, car les collaborateurs de Malakoff Médéric ont préféré rester dans leur groupe – ce qui est bien compréhensible. Aujourd’hui, 40 personnes travaillent désormais pour l’Union et nous sommes quasiment au complet. C’est une équipe très jeune, avec une moyenne d’âge de moins de 40 ans. L’UNMI est devenue une véritable entreprise ! L’indépendance est précieuse à tous les ­niveaux.

Michel Liautard, Président de l’UNMI

Michel Liautard a commencé sa carrière dans la Mutualité en 1975 : il a été à la genèse de la création de la mutuelle Sud–Rhône-Alpes, fruit de nombreux rapprochements entre des mutuelles du sud-est de la France.

  • 2003 Secrétaire général de l’union de groupe mutualiste (UGM) Médéric Mieux-Être.
  • 2005 Président de l’UNMI (réélu en 2016).
  • 2012 Administrateur de l’Institut de protection sociale européen (IPSE).

 

Et pour quels résultats ?
M. L. et M. M. :
Notre chiffre d’affaires s’est élevé, en 2015, à 29 M€ avec un ­résultat net de 1,9 M€, des fonds propres de 46 M€ et une marge de solvabilité de 425 % sous Solvabilité 1. Cette activité devrait croître significativement en 2016 avec l’ACS : le chiffre d’affaires devrait avoisiner les 60 M€.

Pourquoi s’être justement investi dans l’ACS alors que l’UNMI n’intervenait pas en santé ?
M. L. et M. M. :
Effectivement, l’UNMI s’était toujours refusée à proposer de la complémentaire santé pour ne pas faire de concurrence aux mutuelles adhérentes. Mais l’Union a été doublement sollicitée lors de l’appel à concurrence suite à la réforme de l’aide à la complémentaire santé. Par des mutuelles membres de l’UNMI qui n’avaient pas de solutions d’une part, et d’autre part par l’UGM-ACS (NDLR : union ­spécifiquement créée par la Fnim dans le cadre de l’appel à concurrence sur l’ACS fin 2014).

Êtes-vous satisfait des résultats de Proxime Santé ?
M. L. et M. M. :
Nous visions un minimum de 50 000 bénéficiaires sur la première ­année, mais Proxime Santé a déjà passé le cap des 100 000, dont 25 000 à La Réunion. L’offre était pourtant la plus chère de celles retenues dans le cadre de l’appel à concurrence. Elle était, en effet, la seule à proposer un tarif unique pour toutes les populations, séniors inclus. Seul le montant du chèque ACS variait en fonction de l’âge. Nous devrions être à l’équilibre technique sur cette offre, même si nous manquons encore de recul.

Un succès assombri par l’exclusion de CCMO...
M. L. et M. M. :
La réponse à l’appel d’offres ACS, dont la force était la simplicité, prévoyait bien un seul assureur et un seul ­gestionnaire de prestations, iGestion. Nous avons eu la faiblesse de faire une exception pour CCMO, dans la mesure où elle a aussitôt démarché une première mutuelle afin de gérer ses bénéficiaires ACS. Malgré notre mise en garde par lettre recommandée, CCMO a récidivé, portant ainsi préjudice à l’Union. Ce qui a amené le vote de son exclusion par le conseil d’administration de l’UNMI, décision entérinée en assemblée générale.

Michel Mottet, Directeur général de l’UNMI

Michel Mottet a mené une grande partie de sa carrière dans le monde de la retraite paritaire, débutée en 1976, au sein des groupes Malakoff Médéric et CRC.

  • 2003 Directeur des prestations retraite pour le groupe Médéric, puis Malakoff Médéric.
  • 2012 Directeur en charge de la désimbrication Retraite/Prévoyance au sein du groupe Malakoff Médéric.
  • 2013 Directeur général de l’UNMI.

 

Nous avons signé un protocole sur les ­aspects techniques avec CCMO et pris toutes les ­dispositions, en lien avec l’ACPR, pour ­préserver les intérêts des adhérents de la mutuelle.

Quel avenir pour l’UNMI, en pleine concentration mutualiste ?
M. L. et M. M. :
L’Union est passée de 53 à 79 mutuelles adhérentes, grâce à l’ACS, à son émancipation du groupe Malakoff Médéric, mais également à la prise de conscience par le monde mutualiste de la nécessité de distribuer de la prévoyance, afin de proposer une offre complète aux entreprises, sous peine d’être concurrencées sur la santé. En 2015, nous avons dispensé 346 formations sur la prévoyance aux équipes commerciales ­mutualistes.

Dans le même temps, les assemblées générales de l’Union Lorraine Mutualité (ULM) prévoyance et de l’UNMI ont voté leur fusion au 1er janvier 2016. L’ULM regroupe 11 mutuelles et ses 5 salariés intégreront l’UNMI tout en restant basés à Nancy. Nous sommes ­d’ailleurs ouverts à d’autres opérations de ce type.

Mais le nombre de mutuelles est en réduction permanente…
M. L. et M. M. :
Nous sommes convaincus qu’il y a un avenir pour toutes ces petites et moyennes mutuelles, implantées dans les villes, les départements, les régions, et qui souhaitent demeurer indépendantes. Notre objectif est de leur fournir les moyens de se développer. Leur proximité avec le tissu écono­mique est un atout essentiel, elles sont une relation directe avec les chefs d’entreprise avec des coûts de gestion très maîtrisés. Leur avenir, ce ne sont pas les grandes sociétés, mais les petites entreprises, les ­travailleurs indépendants qui ont quelques salariés. Et de fait, on voit d’ailleurs bien que sur l’ANI santé, les mutuelles régionales s’en sont ­finalement plutôt bien sorties…

Et sur le développement de la prévoyance ?
M. L. et M. M. :
Les mutuelles ont encore des difficultés à distribuer la prévoyance. Notre stratégie est de concevoir les produits les plus simples afin que les commerciaux puissent démarcher les entrepreneurs. Nous visons, par ailleurs, des premières recommandations, cette année et surtout en 2017, au sein des branches professionnelles. Des offres spécifi­ques à ­certaines CCN (conventions collectives nationales) ont déjà été lancées, mais nous visons surtout les branches avec un ancrage régional marqué, ainsi que celles de taille modeste (autour de 20 000 salariés). Nous avons, pour cela, à la fois la légitimité, les compé­tences… et le maillage territorial de nos mutuelles. Nous sommes résolument ­optimistes.

Et quelle est la nature de votre projet sur la dépendance ?
M. L. et M. M. :
Le financement de la dépendance n’est pas satisfaisant, c’est pourquoi nous avons créé le dispositif ACPA – Agir contre la perte d’autonomie – qui nous ­permet d’acquérir des biens en viager afin de permettre aux personnes âgées de rester chez elles. Nous avons débuté en juin et nous ­cherchons un partenaire mutualiste car nous n’arrivons pas à répondre à l’ensemble des demandes. Cette offre d’achat de viager non-­traditionnel peut être complétée par un contrat dépendance que nous avons conçu avec l’Ocirp.

Propos recueillis par François Limoge et Gwendal Perrin

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