Interview d'Olivier Jaillon, président de Protegys Group

Interview d'Olivier Jaillon, président de Protegys Group
© LUC PÉRÉNOM
" Internet n'offre que des avantages dans la gestion d'un réseau "En faisant le pari d'Internet, Protegys Group a pris un risque... visiblement calculé. Le groupe, qui réunit Netcourtier et Assurdiscount, a su rebondir dans une e-économie à bout de souffle en créant une présence terrain et en acquérant une société d'assurances.

Comment vous positionnez-vous sur le marché de l'assurance ?

Protegys Group est un " one stop center " qui s'adresse à une multitude d'acteurs du monde de l'assurance à travers plusieurs pôles. Le pôle courtage a pour objectif de constituer des réseaux et de distribuer des produits portés par des compagnies n'appartenant pas au groupe. Le pôle assurances, avec La Parisienne, propose une gamme de produits simple et compétitive, et travaille avec le réseau existant. Le pôle gestion, Massaï, gère pour compte de tiers en assurance IARD. Ses premiers clients sont les diverses entités de Protegys mais, dans quelques mois, Massaï proposera ses services à l'extérieur du groupe. Enfin, le pôle technologique constitué en GIE interne travaille également pour nos partenaires.

Vous suivez les traces de groupes comme April ou Solly Azar...

Notre philosophie est plus proche de celle d'April. À une différence près : April est très ancré dans l'assurance de personnes, alors que nous sommes essentiellement présents dans le dommage.

N'est-il pas dangereux d'investir un marché très saturé ?

Mature, le marché de l'IARD est aussi en mutation. Les modes de distribution changent. Ils sont de plus en plus alternatifs et les acteurs traditionnels détiennent davantage de pouvoir de souscription. Des sociétés comme la nôtre, modestes mais réactives, ont une carte à jouer. À condition d'apporter une valeur ajoutée et de véritables services à nos partenaires.

Quelles sont vos cartes maîtresses ?

Nous avons internalisé la gestion des sinistres pour mieux la maîtriser : Massaï, plate-forme de gestion de type " web call center ", compte une soixantaine de personnes. Parmi nos autres avantages, figurent le recours aux nouvelles technologies et une conception originale des chargements. Nous sommes très attentifs à notre ratio de frais généraux. Ainsi nous raisonnons en termes de prime de risque chargée compagnie, et nous laissons libres nos différents réseaux et partenaires, qui varient leur commission de 0 % à 30 %. Nous n'avons aucune raison de les influencer - sauf à limiter les abus.

Comment considérez-vous les nouvelles technologies ?

Cette ressource doit être mutualisée au niveau du groupe, d'autant plus qu'elle nous permet de réduire nos frais généraux. Nous avons entamé une refonte informatique dans un souci d'efficacité en migrant sur un système cible unique nos différents systèmes d'information.

Quelle solution avez-vous développée ?

Nous avons choisi Globalis, d'IMR Global, que nous avons adapté pendant huit mois avant de l'utiliser comme " back office " général. Nous avons ensuite greffé nos différents modes de déploiement, site Web, extranet, logiciel off line, sur ce back office. L'architecture que nous avons bâtie autour de Globalis permet par ailleurs de déployer des front offices et des extranets en marque blanche collant aux nouveaux circuits de distribution. Grâce à l'acquisition de l'atelier de génie logiciel ayant servi au développement de Globalis, nous avons conservé toute la maîtrise des déploiements et du back office, afin de réaliser la maintenance évolutive et corrective du système d'information.

Vous alliez Globalis et CRM ? Dans quelle mesure s'agit-il de développement propriétaire, et quel est le montant total de votre investissement ?

Sur la partie CRM, Globalis offre certaines fonctions que nous testons. Nous souhaitons aider nos courtiers à améliorer leur approche clientèle en leur proposant des analyses de leur portefeuille. La partie Ged workflow est déjà installée. Nous avons greffé sur Globalis la solution Documentum. Sur la partie couplage téléphonie-informatique de notre centre d'appels, nous avons adopté la solution de marché, Vocalcom. Pour toutes ces évolutions, nous avons déjà investi 2,3 M€.

Vous avez fait le pari du 100 % Internet. Or, le Web n'a pas décollé...

Nous avons considéré dès le départ Internet comme un outil au service de la réduction des coûts de structure, non comme une fin en soi. C'est pourquoi Protegys Group a d'abord créé netcourtier.com pour mieux communiquer avec nos correspondants. Nous nous sommes ensuite lancés dans le B to C avec assurdiscount.com. Ces expériences nous ont été utiles pour la mise en place de la-parisienne.fr.

De combien peut-on espérer réduire les coûts ?

Les coûts de structure liés à la distribution peuvent diminuer de 30%. C'est sans doute pourquoi les assureurs traditionnels y viennent aussi en développant des extranets avec leur réseau. En fait, Internet réduit les coûts, améliore la communication avec le réseau, offre une meilleure réactivité sur les produits et sur les évolutions tarifaires, et n'a que des avantages dans la gestion d'un réseau.

Vous avez quand même dû constituer un corps d'inspecteurs sur le terrain pour motiver le réseau !

Je reconnais que les intermédiaires avaient besoin de sécurité et de confiance. En matérialisant la relation par un contact physique sur le terrain, le réseau d'inspecteurs a levé certaines angoisses. C'est encore plus vrai pour le réseau de La Parisienne. C'est pourquoi nos 10 inspecteurs visitent chacun de nos 3000 courtiers avant de leur attribuer leur code sur le site. Le déploiement est donc plus lent.

Quelles sont vos ambitions pour La Parisienne ?

Nous avons racheté une compagnie qui était monoproduit, mais qui était agréée dans la plupart des branches traditionnelles de l'IARD. Nous voulons proposer une gamme qui correspond à celle d'un assureur généraliste traditionnel, mais toujours avec une innovation produits et exclusivement par le Web. Nous avons débuté par l'auto et l'habitation, et nous étendrons prochainement notre offre à la complémentaire maladie. Pour mieux asseoir notre développement, nous mettrons nos moyens technologiques à la disposition de nos partenaires et leur proposerons de concevoir des produits sur mesure pour répondre à leur volonté de différenciation.

Quel premier bilan faites-vous pour Netcourtier ?

Sur l'exercice 2000, nous avions atteint la place de 33e courtier français. Les objectifs de 2001 étaient différents. Nous souhaitions travailler sur le nombre de courtiers actifs tout en ouvrant encore des codes. Nous avons par ailleurs refondu et enrichi notre gamme, et consolidé nos process de gestion. Nous nous sommes développés dans la rentabilité et espérons augmenter notre chiffre d'affaires de 10 % en 2001.

Votre stratégie sur Assurdiscount paraît moins dynamique...

Si nous avons effectivement supprimé les investissements publicitaires, nous continuons à travailler sur l'ergonomie et les attentes des consommateurs. Nous venons de lancer la quatrième version du site et avons même simplifié la gamme de produits. Nous entendons rester sur ce marché du B to C. Assurdiscount constitue un bon observatoire de l'évolution des mentalités que nous pourrons transmettre à nos partenaires si le marché décolle un jour. Et, même si cette filiale n'est pas rentable, elle génère des coûts de plus en plus minimes depuis sa migration sur notre système d'information. Nous gérons 4 500 contrats actifs sur Assurdiscount.

Vous multipliez les investissements en tout genre. De quels moyens financiers disposez-vous ?

Nous ne visons pas un retour sur investissement immédiat. Nos deux fonds d'investissement actionnaires (Alpha et Galileo) ont une vision à long terme et se sont donné cinq ans. Cela fait un peu plus de deux ans que nous sommes avec eux, nous disposons donc d'une marge de développement. Ensuite, le troisième partenaire est le groupe General Electric qui considère sa participation comme un investissement industriel. Il est notre partenaire métier, un actionnaire de référence triple A. Il n'a pas de volonté de sortie. Le reste du capital est détenu, pour majorité, par le management et les salariés. Nous ne rencontrons aucun problème de financement. et Rodolphe Helderlé

SA CARRIÈRE

  • 1989-1992 EM Lyon
  • 1991-1992 SDA Bocconi-Master in International Economics and Management (Programme double diplôme EM Lyon)
  • 1992 Au Centre des entrepreneurs (EM Lyon), Olivier Jaillon participe aux qualifications pour le Mootcorp(c), concours mondial de business plan et de fund raising américain
  • 1993 à 1997 Il entre comme directeur commercial chez Europa assurances
  • 1998 Olivier Jaillon crée Protegys group, et lance Netcourtier
  • 1999 Lancement d'Assurdiscount
  • 2000 Rachat de La Parisienne

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 23 avril 2021

ÉDITION DU 23 avril 2021 Je consulte

Emploi

Cabinet DAUBRIAC ET LETRON

Gestionnaire Sinistres H/F

Postuler

Futur Associé H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Missions de commissaire aux comptes

Occitanie en Scène

23 avril

34 - Montpellier

Prestations de service d'assurance Responsabilité et risques annexes

Ville de La Couarde sur Mer

23 avril

17 - La Couarde-sur-Mer

Fourniture de titres spéciaux de paiement..

CCAS de la Ville de Pau

23 avril

64 - PAU

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Interview d'Olivier Jaillon, président de Protegys Group

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié