Interview de Grégoire Dupont et Alain Morichon (respectivement le secrétaire général et le président d'Orias) : la notoriété de l'Orias reste à construire »

Interview de Grégoire Dupont et Alain Morichon (respectivement le secrétaire général et le président d'Orias) : la notoriété de l'Orias reste à construire »
Grégoire Dupont (à gauche) et Alain Morichon © RAPHAEL DAUTIGNY
Le registre des intermédiaires en assurance est en passe de muer en registre unique des intermédiaires financiers. Président de l'Orias depuis janvier, Alain Morichon précise sa feuille de route pour les deux ans à venir, avec les éclairages de Grégoire Dupont, secrétaire général de l'Orias.

Quelles sont les priorités de votre présidence ?

Alain Morichon - Mon mandat à la présidence de l'Organisme pour le registre des intermédiaires en assurance (Orias), entamé au 1er janvier, s'étale sur deux ans. Avec les six administrateurs (deux Agéa, deux CSCA, un FFSA et un Gema), tous là depuis la création du registre, nous avons donné une ligne directrice à ces deux années : promouvoir l'Orias auprès des consommateurs. La mission première du registre reste, bien sûr, d'enregistrer les intermédiaires, mais mon objectif est de rendre l'outil davantage visible aux consommateurs.

La qualité du travail mené depuis 2007 par Grégoire Dupont et ses équipes a été saluée par la ministre de l'Économie, qui confie aujourd'hui à l'Orias l'immatriculation des intermédiaires en opérations de banque (IOB) et des conseillers en investissement financier (CIF). Avec la promotion du registre, son élargissement est l'autre ligne directrice de mon mandat.

Grégoire Dupont - Il reste à l'Orias une notoriété à construire vis-à-vis des consom-mateurs. Pour ce faire, nous sommes actuellement en relation avec les principales associations de consommateurs, et le principe d'une campagne de promotion média est décidé. Notre politique de communication grand public reste à construire.

Où en êtes-vous aujourd'hui ? Les clients finaux consultent-ils le registre ?

G. D. - Le site de l'Orias est consulté à plus de 450 000 reprises par an. Dans cette masse, il nous est impossible de savoir s'il s'agit de consultations de professionnels ou de consommateurs. On sait seulement que 160 000 connexions aboutissent in fine à la page d'un intermédiaire enregistré.

A. M. - Mon sentiment est que l'Orias reste assez peu connu des consommateurs finaux. D'abord et avant tout parce qu'il a fallu, à la création, immatriculer quelque 43 000 intermédiaires. Maintenant que l'outil fonctionne, il est temps d'informer le grand public que le registre est à sa disposition. C'est notre mission aujourd'hui, à laquelle s'ajoute la nécessité que les clients sachent à quoi les différents statuts des intermédiaires correspondent : courtier, agent général, IOB, CIF...

BEAUCOUP D'INSCRIPTIONS ÉMANENT D'INTERMÉDIAIRES À LA FOIS AGENT GÉNÉRAL ET COURTIER

Quel bilan dressez-vous de la campagne 2011 ?

A. M. - En termes de volume, la progression du nombre d'intermédiaires est de l'ordre de 3%. D'une part, des réseaux assez éloignés du secteur continuent de s'inscrire pour équiper leur client en produit d'assurance. D'autre part, la catégorie des courtiers continue de croître, avec près de 19 800 personnes inscrites (+ 7% sur la dernière année). Toutefois, beaucoup d'inscriptions dans cette catégorie émanent d'intermédiaires à la fois agent général et courtier. Ainsi, 60% des agents généraux français sont également inscrits en tant que courtier, soit près de 7 200 personnes. À titre de comparaison, Opcassur, l'organisme collecteur des fonds formation des entreprises du secteur dès lors qu'elles ont des salariés, reçoit des fonds de 3 265 courtiers.

Il n'empêche que la catégorie des courtiers est celle qui croît le plus vite, et outre les « bi-appartenant », il y a, bien entendu, des courtiers qui n'ont pas de salarié, ainsi que des professionnels, consultants ou autres, qui, au titre d'une activité accessoire, s'inscrivent en tant courtier pour, à un moment ou à un autre, avoir la capacité de vendre des produits d'assurance. Par exemple un consultant en ressources humaines qui distribuerait des garanties prévoyance.

Quel sera le calendrier de la transformation de l'actuel registre des intermédiaires en assurances en registre unique des intermédiaires financiers ?

A. M. - Faire évoluer l'outil pour immatriculer les IOB et les CIF constitue un gros travail de développement informatique et d'organisation. Selon nous, l'inscription des IOB et CIF ne pourra débuter qu'au 1er janvier 2013. D'abord et avant tout parce que les deux décrets, qui vont d'une part fixer le fonctionnement du registre unique et d'autre part l'immatriculation des IOB, ne sont pas encore parus au JO et ne le seront, probablement, pas avant la fin juin.

G. D. - Le décret relatif au fonctionnement du registre unique a été soumis à la consultation du marché en mars. Nous en sommes satisfaits, puisqu'il s'agit, pour l'essentiel, des mécanismes actuels de l'Orias.

A. M. - Ce texte prend acte d'une demande formulée par le conseil d'administration depuis 2007 et relative au contrôle de l'honorabilité des intermédiaires. Si le décret est publié en l'état, l'Orias sera habilité à interroger systématiquement le casier judiciaire, donc les services du ministère de la Justice. L'Orias va gagner en efficacité et en sécurité sur le thème des capacités d'exercice des intermédiaires.

G. D. - L'autre texte, que l'on désigne comme le décret IOB, est soumis à consultation depuis mi-mai. Il est important puisqu'il va, d'un point de vue juridique, définir, pour les professionnels de la banque, s'ils sont ou non qualifiés d'IOB. Pour l'Orias, cette qualification d'IOB permettra d'estimer le nombre de personnes à immatriculer. Le texte doit aussi préciser les conditions d'exercice de la profession d'IOB, notamment la condition de capacité professionnelle ; enfin, ce même décret va fixer l'équivalent, pour les IOB, des catégories d'intermédiaires en assurances.

IL Y A LA VOLONTÉ DE SÉCURISER LES CONSOMMATEURS ET DE SIMPLIFIER L'ACCÈS À L'INFORMATION

Au-delà du satisfecit de se voir confier une nouvelle mission, qu'est-ce que cet élargissement vous inspire ?

A. M. - Il y a la volonté de sécuriser les consommateurs et de simplifier l'accès à l'information. Pour y parvenir, cela passe par un registre unique. En outre, les intermédiaires intègrent un mouvement d'ensemble qui a vu naître l'ACP, un seul et même contrôleur de l'assurance et de la banque, puis le pôle commun ACP-AMF. Enfin, au moment où de plus en plus de professionnels se positionnent comme distributeurs des trois types de produits (assurance, banque et finance), il apparaît légitime d'avoir un registre unique.

LEUR PARCOURS
  • GRÉGOIRE DUPONT, 36 ans, est diplômé de l'IEP de Lille et titulaire d'un DEA de droit social.

1999-2002 Chargé de mission à l'Institut français des experts-comptables et commissaires aux comptes (Ifec).

2002-2003 Responsable des études et des relations institutionnelles de la FNIM.

2003-2006 Délégué général de l'Ifec.

Depuis 2007 Secrétaire général de l'Orias.

  • ALAIN MORICHON, 57 ans, est gérant de Socape et directeur au sein de la société De Clarens.

Depuis 2007

- Président du Syndicat français des assureurs conseils (Sfac).

- Président délégué de la Chambre syndicale des courtiers d'assurances (CSCA), en charge des questions sociales. À ce titre, il préside la Commission paritaire nationale de négociation de la convention collective.

- Vice-président d'Opcassur, organisme collecteur des fonds de formation de l'assurance.

Janvier 2011 Président de l'Orias.

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