Interview de Jean-Laurent Granier, DG de la région Méditerranée et Amérique latine et PDG d’Axa Global P&C « Être plus sélectif pour gagner en simplicité, et donc en productivité »

À la tête depuis 2012 d'Axa Global P et C, l'activité assurances dommages qui pèse près d'un tiers du chiffre d'affaires du groupe, Jean-Laurent Granier fait le point sur les synergies déployées au sein de la branche et les objectifs de développement et de réduction des coûts à l'horizon 2015. Il évoque également la situation d'Axa en Europe du Sud.

Quelle est la vocation de la ligne de métier dommages ?

Fin 2009, le groupe a mis en place deux lignes de métier transversales - assurance vie et assurance dommages -, avec pour objectif de créer, dans chaque branche, une communauté agissante d'experts capables de se mobiliser pour résoudre des problèmes complexes et faire profiter l'ensemble des équipes des bonnes pratiques mises en oeuvre localement. Cette dynamique permet de mettre en commun des investissements réalisés dans le domaine de la lutte contre la fraude, par exemple, ou la géolocalisation des risques. La ligne de métier a pour vocation d'être le catalyseur des initiatives du groupe dans une activité essentielle, l'assurance dommages, qui, dans un environnement de crise, démontre sa solidité.

Comment se décline le plan stratégique Ambition Axa en assurance dommages ?

En termes de sélectivité sur les marchés matures, l'idée est de porter nos efforts sur des segments de clients ou de risques nous permettant de gagner en profitabilité et d'améliorer notre ratio combiné, sans renoncer à la croissance. En parallèle, le groupe ambitionne d'accélérer son développement dans les marchés à forte croissance comme les pays émergents, mais aussi la vente directe. Par le passé, nous avons ainsi investi au Mexique et en Turquie et y sommes à présent leaders. Depuis janvier 2012, nous sommes opérationnels en Algérie et nous venons de renforcer nos positions en Asie et au Mexique, en rachetant une partie des activités d'assurance dommages d'HSBC.

Pourquoi ne pas avoir repris aussi les activités d'HSBC en Argentine ?

Les opérations de croissance externe que nous menons doivent répondre à des critères de rendement et de retour sur fonds propres très exigeants. Investir sur ces marchés où nous étions déjà implantés pour accroître notre taille correspondait à ces critères. En Argentine, pays plus fragile économiquement où nous ne sommes pas présents, nos critères n'étaient pas satisfaits.

En matière de vente directe, quels sont vos objectifs ?

Notre objectif est de faire croître cette activité de 12% par an. Nous avons créé une plate-forme mondiale, baptisée Axa Global Direct, dans le but de mettre en commun les procédures, les outils et les savoir-faire qui ont déjà fait leurs preuves dans des pays comme la France ou l'Espagne, afin de gagner en efficacité dans les pays où se développe cette activité : Pologne, Corée, Japon... Et dans le cadre d'Ambition Axa, la vente directe contribuera positivement à la rentabilité moyenne de l'assurance dommages.

Comment la branche dommages contribue-t-elle au plan de réduction des coûts de 1,5 Md€ ?

Nous prévoyons de réaliser 1 Md€ d'économies sur cinq ans en gagnant quatre points sur notre ratio de frais généraux, ce qui passe par la réduction de nos coûts de gestion - automatisation des procédures, mise en commun d'outils, optimisation des tâches -, ou encore de nos coûts d'acquisition des clients, en améliorant la productivité des réseaux de distribution et des fonctions supports. L'intégration d'internet dans une approche multi-accès est un moyen de gagner en efficacité. La complexité coûte cher. En étant plus sélectifs dans les pays matures, ce qui peut nous amener à abandonner des segments de marché aux performances insuffisantes, nous gagnerons en simplicité et donc en productivité.

Quelle est la situation d'Axa en Grèce ?

Nous y sommes un assureur en « milieu de tableau » par la taille, mais un des rares acteurs qui dégagent des profits chaque année. Nous avons enregistré une baisse de notre chiffre d'affaires en risques d'entreprises - de l'ordre de 10% -, compensée par la diversification vers les risques des particuliers et une approche tarifaire très segmentée. Aujourd'hui, les pertes sur les titres grecs ont été provisionnées. La situation économique reste très fragile mais notre présence dans ce pays n'est pas remise en cause.

Qu'en est-il dans les autres pays d'Europe du Sud ?

En Italie, nous continuons à gagner des parts de marché, notre profitabilité est bonne et notre partenariat avec la troisième banque, Monte dei Paschi, nous offre des perspectives intéressantes. L'Espagne traverse une récession plus dure. En 2011, nous avons enregistré une baisse d'activité de 5%, mais nous avons réussi à améliorer fortement notre profitabilité en réduisant nos dépenses et en prenant une série de mesures : refonte de l'offre auto, proposition de contrats plus dépouillés, révision des tarifs et du portefeuille en flotte auto et risques d'entreprises, etc. Au Portugal, la situation est plus préoccupante : nous faisons face à une forte réduction de la matière assurable, à une dérive de la sinistralité et à un accroissement du déficit sur des branches spécifiques à ce pays, comme la garantie arrêt de travail. Nous avons pris des mesures techniques comme en Espagne mais le marché étant plus étroit, il nous faut, pour regagner en profitabilité, procéder à un plan de réduction des dépenses et d'amaigrissement de l'entreprise.

Quelle est votre vision de la distribution sur le périmètre du groupe ?

Une des grandes forces d'Axa est d'avoir des réseaux d'agents de très grande qualité, non seulement dans ses implantations historiques, mais aussi dans les pays émergents. Certes, la réalité du métier n'est pas la même partout : dans certains pays, nos agents sont des vendeurs à temps partiel qui s'ouvrent à l'assurance pour exercer leurs talents commerciaux, alors qu'au Mexique, en Turquie ou au Maroc, les agents les plus développés ont, comme en Europe, pignon sur rue, et gèrent une équipe de collaborateurs. Mais globalement, nos agents font face aux mêmes problématiques partout : élargir la gamme de produits vendus, diversifier leur activité vers la prévoyance, la santé et les PME, et intégrer internet dans la relation avec leurs clients.

 

La plate-forme mondiale Axa Global Direct permettra de mettre en commun des savoir-faire qui ont fait leurs preuves.

 

 

SON PARCOURS

Jean-Laurent Granier, 46 ans, diplômé de Polytechnique et de l'Ensae, est membre du comité de direction d'Axa.

  • 1990-1997 Occupe différentes fonctions à l'UAP.
  • 1998-2001 Exerce des fonctions de direction au sein de diverses entités d'Axa France.
  • 2002-2009 Directeur général d'Axa particuliers professionnels.
  • 2010 Directeur général de la région Méditerranée et Amérique latine (15 pays, 13,6 Md€ de chiffre d'affaires).
  • 2012 PDG d'Axa Global P et C et responsable d'Axa Corporate Solutions.

 

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