[DOSSIER] Le Top 30 de la mutualité (26 novembre 2010) 3/5

Interview : Thierry Beaudet, président de la MGEN "élargissons nos principes solidaires"

Interview : Thierry Beaudet, président de la MGEN
Thierry beaudet, président de la MGEN
Le président de la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN) revient sur le projet de création d'une union mutualiste de groupe (UMG) avec quatre autres de la fonctiomutuelles n publique et explique que la première mutuelle française a vocation à se développer au-delà de son périmètre d'origine.

Un an après votre arrivée à la tête de la MGEN, comment abordez-vous les mutations de votre environnement ?

J'ai le sentiment de m'inscrire dans les perspectives qu'avait tracées mon prédécesseur, Jean-Michel Laxalt, à savoir que notre projet est double. Nous voulons renforcer notre ancrage dans notre communauté socioprofessionnelle de l'éducation, de l'enseignement supérieur, de la recherche, de la culture, de la communication, de la jeunesse et des sports, tout en travaillant avec d'autres. Sur ce dernier point, il s'agit à la fois de poursuivre et d'approfondir les partenariats engagés avec nos partenaires de la grande famille de l'éducation, comme la Maif ou la Casden. Parallèlement, nous allons concrétiser le partenariat avec les mutuelles de l'union de représentation Unités - MAEE, MGET, MNH et MNT (1) -, qui représentent les trois fonctions publiques, par la création d'une Union mutualiste de groupe au premier trimestre 2011.

Quel sera l'objet précis de cette UMG ?

Le premier est de créer un périmètre nouveau de solidarité financière. Nous avons aussi l'intention d'approfondir nos relations opérationnelles, notamment par des stratégies de développement coordonnées, concernant l'achat de soins par conventionnement avec les professionnels de santé ou encore la prévoyance, afin de conforter ce que nous faisons déjà. Au sein de l'UMG, nous pourrons aussi mettre en place des partenariats spécifiques à géométrie variable qui ne concerneront que deux ou trois mutuelles Je pense notamment à la couverture à l'international des personnels expatriés, qui concernera la MAEE et la MGEN.

En matière de conventionnement, la MGEN possède son propre réseau optique, tandis que la MNT travaille avec Santéclair. Les mutuelles d'Unités ont aussi des structures et des offres différentes en prévoyance. Y aura-t-il des remises en cause ?

Nous nous inscrivons sur le long terme. Chacune de nos mutuelles à son histoire, ses partenariats et ses réalisations propres. Il ne s'agit donc pas de tirer un trait sur l'existant. Mais lorsque des échéances nouvelles se présenteront, nous chercherons des solutions communes.

Quant à la prévoyance, il faut distinguer les offres proposées à nos adhérents des montages assurantiels qui les portent. Là aussi, nous travaillerons ensemble dans la durée. Nous avons d'ailleurs commencé à le faire, puisque nous avons bâti avec la MGET et la MNT une proposition commune que nous présenterons aux personnels des conseils généraux et régionaux, lorsque les décrets concernant la labellisation des offres seront publiés.

Quand les entités du groupe Harmonie mutuelles auront fusionné, la nouvelle structure dépassera la MGEN. Ce partenariat vise-t-il aussi à vous permettre de rester la première mutuelle française ?

La taille n'est pas une fin en soi. Les dinosaures avaient atteint la taille critique, mais ils ont disparu ! Il faut faire preuve de souplesse, d'agilité et de réactivité. Les effets de taille sont, bien sûr, importants, par exemple dans les négociations avec les professionnels de santé, mais notre parti pris n'est pas celui de la fusion. Aujourd'hui, les identités fortes de chacune de nos mutuelles nous paraissent être nos meilleurs atouts.

L'UMG a-t-elle vocation à s'ouvrir à d'autres mutuelles de la fonction publique, voire au-delà, puisque, dans l'autre sens, des mutuelles de fonctionnaires ont rejoint des groupes interprofessionnels ?

Elle aura en effet vocation à s'ouvrir à ceux qui se reconnaîtront dans le modèle et le projet que nous proposons, au sein des fonctions publiques mais également au-delà, si certains le souhaitent. Rien n'est exclu.

Vous faites des campagnes de publicité grand public. L'avenir de la MGEN pourrait-il aller au-delà de la fonction publique ?

Nous sommes convaincus que nos principes solidaires dont bénéficient déjà près de 3,5 millions de personnes, ont vocation à être élargis au plus grand nombre, tout particulièrement alors que la Sécurité sociale se désengage un peu plus chaque année. MGEN Filia, que nous avons créée avec la Maif, compte plus de 110 000 adhérents. Nous allons donner un nouvel élan à cette mutuelle ouverte à tous les Français. L'offre, qui était unique, va s'enrichir à compter du 1er janvier 2011. Elle passe dans une logique de gamme avec trois formules.

La MGEN essuie parfois des critiques en raison de fonds propres et de ratios de solvabilité élevés. Que répondez-vous à cela ?

Les fonds propres, c'est ce qui a fait défaut aux banques. Les mêmes qui ont expliqué aux Français qu'il fallait voler au secours des banques pour les recapitaliser nous adressent aujourd'hui des reproches quant à nos fonds propres. C'est inacceptable. Les fonds propres de la MGEN sont le résultat de soixante ans de gestion saine et prudente. Nous sommes une société à but non lucratif, et nos excédents n'ont pas été reversés à des actionnaires, mais ont permis de constituer ces réserves qui sont la meilleure garantie d'avenir de nos adhérents. Cela nous permettra de faire face à nos engagements.

Je rappelle que la MGEN n'est pas uniquement une mutuelle santé : elle est aussi présente sur le terrain de la prévoyance et de la dépendance. Je rappelle aussi que nous serons soumis à Solvabilité 2 dès le 1er janvier 2013. L'exigence de fonds propres s'en trouvera fortement augmentée, et vous verrez qu'un certain nombre d'organismes à but non lucratif auront peut-être du mal à passer ce cap. Quant au fait que nous ayons reversé l'an dernier un peu plus de 95€ de prestations pour 100€ de cotisations, cela ne signifie pas que nos frais de gestion sont inférieurs à 5%. Nous avons des coûts de gestion serrés, mais si nous pouvons atteindre un taux de redistribution maximal, c'est grâce aux produits financiers de nos fonds propres. Le schéma est assez simple.

1. Mutuelle des Affaires étrangères et européennes (MAEE), Mutuelle générale Environnement et Territoires (MGET), Mutuelle nationale des hospitaliers et des professionnels de la santé et du social (MNH), Mutuelle nationale territoriale (MNT).

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