Jean-Paul Jacamon, président du Gaipare : « Nous avons besoin d'un plus grand dynamisme commercial »

Le président du Groupement associatif interprofessionnel pour l'amélioration de la retraite et de l'épargne (Gaipare) annonce que l'association va davantage communiquer sur son affiliation à Allianz, pour rassurer les clients. Il espère aussi que les équipes commerciales de son partenaire auront davantage d'entrain à vendre les produits du Gaipare.

Vous avez annoncé un rendement 2011 de 3,51% pour votre fonds en euros. Êtes-vous satisfait de ce résultat ?

Oui, après avoir servi un taux de 3,83% en 2010, nous restons dans la fourchette haute. Peu de contrats en euros dépassent les 3,50%. À titre d'exemple, l'Afer, une référence du marché, présente un taux de 3,43% en 2011. Je tiens à souligner que nous n'avons pas eu recours à la provision pour participation aux excédents. Avec ses 8 M€, nous aurions pu aller jusqu'à 3,75%. Nous ne l'avons pas fait pour ne pas donner un message erroné à nos adhérents. Il est normal que le taux soit réduit, compte tenu de la baisse générale des taux d'intérêt.

Quelle est la composition de votre fonds en euros ?

Tout d'abord, je rappelle que, comme toutes les associations d'épargnants, nous communiquons tous les ans à nos 55 000 adhérents la composition de notre portefeuille. Le fonds Gaipare possède un actif de plus de 3,2 Md€. Il est composé, à l'image des autres fonds en euros, de beaucoup d'obligations. Cela dit, nous avons toujours mené une politique favorable aux actions. Notre portefeuille en a contenu jusqu'à 10%. Aujourd'hui, compte tenu de la chute des marchés financiers, nous sommes descendus aux alentours de 7%. Nous avons également réduit notre exposition aux obligations d'État des pays périphériques. Au 1er janvier 2010, nous avions 16,7% investis dans les dettes grecque, irlandaise, portugaise, espagnole et italienne. Fin 2011, notre portefeuille comprenait 0% d'obligations de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal, 1,7% de l'Espagne et 2,8% de l'Italie.

En vendant de la sorte, n'avez-vous pas essuyé des moins-values ?

Le taux de 3,51% tient compte des pertes qui ont découlé des désinvestissements sur ces pays. Heureusement, nous avons enregistré des plus-values sur les ventes d'autres obligations.

Moins d'actions, moins d'obligations d'État : alors, où avez-vous investi ?

Nous avons augmenté notre exposition sur les obligations des grandes entreprises, qui offrent un bon rapport risque-rendement.

Et les obligations d'État françaises ?

Elles représentent 15% de nos actifs. Nous avons un petit peu réduit notre exposition sur le Bund allemand au profit des bons du Trésor français. Nous avons considéré que le spread [NDLR : l'écart des taux d'intérêt] entre l'Allemagne et la France était à certains moments trop important et qu'il y avait là une opportunité. Et puis, il est de bonne politique de privilégier les obligations du pays où vivent ses assurés.

Que pensez-vous de la perte du triple A français ?

Tout le monde savait que la France allait perdre sa note AAA. La décision de Standard et Poor's a eu le mérite de supprimer une incertitude qui planait sur les marchés. D'ailleurs, la perte du triple A n'a pas eu l'impact négatif sur les Bourses que l'on pouvait craindre.

Toutefois, n'a-t-elle pas attisé les inquiétudes chez les épargnants ?

Il est vrai que nos adhérents nous posent davantage de questions. C'est pourquoi, nous avons décidé de communiquer, dans les mois à venir, sur notre partenaire Allianz, l'assureur de notre fonds en euros, ce que nous avons très peu fait jusqu'ici. Plus que jamais, pouvoir s'appuyer sur un grand groupe, leader européen de son secteur, constitue aujourd'hui un argument commercial de poids.

Quelle a été votre collecte en 2011 ?

Notre collecte brute a enregistré une croissance de 8%. Il s'agit d'une bonne performance, dans un marché en baisse de 14% l'an dernier. Cela fait deux ans que nous affichons une collecte brute en hausse. En 2010 et 2011, nos taux ont figuré parmi les meilleurs du marché. Nous étions également, il faut bien le dire, tombés assez bas. Le rachat des AGF par Allianz n'a pas été une bonne chose pour nous. Avant cette acquisition, nous étions partenaires d'Allianz France, avec qui nous avions de bonnes relations. Nous nous sommes ensuite retrouvés en face d'AGF, qui distribuait de nombreux autres contrats d'assurance vie et qui nous percevait comme un concurrent. S'en est suivie une période difficile pour notre association, qui, en outre, a subi les réorganisations, notamment informatiques, d'AGF-Allianz avec de fréquents blocages de dossiers. La fusion définitive et l'arrivée de Jacques Richier a la présidence d'Allianz ont été pour nous très favorables.

Que voulez-vous dire ?

Au départ, j'ai eu des craintes, car le système de contrats associatifs, comme le nôtre, n'existe pas en Allemagne. Jacques Richier et son équipe ont, au contraire, saisi tout le potentiel de Gaipare et affichent la volonté de développer cette activité.

Comment se traduit cette impulsion nouvelle ?

Allianz a accepté d'aligner les frais de gestion du contrat Gaipare Selectissimo sur ceux des autres contrats du Gaipare (baisse de 0,85% à 0,60%). Je ne vous cache pas que j'ai dépensé beaucoup de salive pour y arriver, mais j'ai réussi : ce multisupport de grande qualité est maintenant très compétitif. Je suis persuadé que les équipes commerciales d'Allianz, qui distribuent ce produit chez les courtiers et les conseillers en gestion de patrimoine indépendants et qui ont, dans le passé, un peu manqué d'entrain à nos yeux, vont pouvoir maintenant réaliser de très belles performances.

Est-ce ce manque d'entrain qui explique votre décollecte ?

Il est vrai que si notre collecte brute est en hausse, notre collecte nette, quant à elle, est négative. Les retraits dépassent de 100 M€ environ les versements. Pour l'instant, cette décollecte n'est pas un problème, puisqu'elle est compensée par les produits financiers, et l'encours du fonds en euros demeure stable. Reste que cette situation ne doit pas durer. Nous devons nous appuyer sur un plus grand dynamisme commercial.

C'est à cause de ce manque de dynamisme du réseau Allianz que vous avez lancé votre produit dépendance avec un autre assureur ?

Non, l'association Gaipare est indépendante d'Allianz, et la compagnie le comprend très bien. D'ailleurs, nous proposons déjà un Perp avec Ageas (ex-Fortis). Dans le cas de l'assurance dépendance, c'est François Nocaudie, un courtier Gaipare et ancien agent AGF, plus connu comme courtier Afer, qui nous a proposé le produit. Nous avons présenté le projet à Allianz, mais la compagnie n'a pas donné suite en raison des développements informatiques nécessaires alors qu'elle n'était pas sûre que le produit rencontre le succès. Non seulement la dépendance constitue une niche, mais notre contrat est très original, puisqu'il est le premier à proposer une sortie en capital et non en rente. Au final, c'est Scor qui réassure le produit et Miel mutuelle qui porte le risque.

SON PARCOURS

Né en 1947, Jean-Paul Jacamon est diplômé de Polytechnique et de l'École nationale supérieure des mines de Paris.

  • 1972-1981 Diverses missions au ministère de l'Industrie.
  • 1981-1983 Attaché de direction chez Empain Schneider.
  • 1983-1995 Fonctions de direction générale au sein du groupe Spie Batignolles.
  • 1995 -2002 Rejoint Schneider Electric, dont il devient vice-PDG.
  • Depuis 2002 Consultant auprès de plusieurs fonds de « private equity ».
  • Depuis 2006 Président du Gaipare.

 

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