Le directeur général du pôle assurance de la banque « verte » : « Nous ne prévoyons pas de proposer des " variable annuities " »

Le directeur général du pôle assurance de la banque « verte » : « Nous ne prévoyons pas de proposer des
Le directeur général du pôle assurance de la banque « verte » se montre très serein quant à la baisse de la collecte en assurance vie. Une activité qu'il entend bien également développer en Italie, tout en précisant qu'il ne cherche pas comme Groupama à prendre le contrôle d'un assureur italien.

La collecte nette de l'assurance vie a chuté de 48 % sur les quatre premiers mois de l'année. Quel impact a cette baisse sur Crédit agricole assurances ?

Tout ce que je peux dire à l'heure actuelle, c'est que Crédit agricole assurances a enregistré un repli du chiffre d'affaires de l'activité assurance vie en France de 11% au premier trimestre 2011. C'est mieux que le marché, qui a enregistré une baisse de 13%. Le marché français de l'assurance vie du premier trimestre est marqué par un certain attentisme, qui s'explique, notamment, par l'inquiétude fiscale consécutive à la réforme de la fiscalité du patrimoine.

 

Que pensez-vous de la thèse selon laquelle la baisse de la collecte serait due à la priorité donnée par les bancassureurs à l'épargne bilantielle afin de répondre aux exigences de liquidité de Bâle 3 ?

Je suis un ancien banquier. Je comprends très bien cette problématique. Lorsque l'on pilote une activité bancaire, il faut veiller au ratio de liquidité. Pour autant, au sein du groupe Crédit agricole, nous ne cherchons pas à privilégier un produit d'épargne au détriment d'un autre. Nous conseillons à nos clients des produits qui répondent à leurs besoins, et non pas à nos propres priorités.

 

Envisagez-vous, comme certains de vos concurrents, de mettre en avant les unités de compte (UC), aux rendements plus élevés que les fonds en euros ?

Les Français sont réticents à l'idée d'investir dans des supports en UC. Ils considèrent l'assurance vie comme une poche sécuritaire. C'est pourquoi les fonds en euros représentent 85% du marché. Encore une fois, nous sommes là pour répondre aux besoins de nos clients. Pour ceux qui demandent des UC, nous en proposons de trois types, plus ou moins sécurisées : des obligations d'entreprise (dont des obligations du groupe Crédit agricole), des fonds à formules combinant une indexation sur les actions et une garantie sur 80 à 100% du capital versé, et des UC en actions ou diversifiées aux rendements potentiellement plus élevés mais plus risqués.

 

Prévoyez-vous de vous lancer dans les « variable annuities » ?

Nous ne prévoyons pas de proposer des variable annuities. Ce sont des produits très compliqués à gérer et à vendre. Sur ce thème comme sur d'autres, nous ne fermons pas la porte pour autant. Il est indispensable de garder une capacité d'innovation.

 

Comment comptez-vous, alors, faire face à la baisse de la collecte de l'assurance vie, qui pourrait s'accélérer avec le vieillissement de la population ?

Il est vrai que ce phénomène constitue une donnée importante. Une population qui vieillit est davantage tentée de puiser dans son épargne. A fortiori depuis que les Français ont pris conscience que les régimes de retraite par répartition ne pourront plus assurer les mêmes niveaux de pension. Dans ce contexte, les Français ont compris l'importance de préparer leurs vieux jours. C'est à nous de mettre tous nos clients en situation d'épargner, y compris avec des montants modestes. L'important est de les inciter à épargner le plus tôt possible pour réduire le taux d'effort. Parmi d'autres solutions, nous proposons ainsi Cap Découverte, un contrat d'assurance vie dont les cotisations démarrent à 20€ par mois.

 

Quels autres leviers comptez-vous utiliser ?

Notre réseau de distribution, composé, notamment, des caisses régionales de Crédit agricole et de LCL, nous permet d'atteindre une taille critique, d'industrialiser notre gestion et, ainsi, de réduire nos coûts. Notre diversification nous permet aussi de compenser la baisse de la collecte de l'assurance vie. Le chiffre d'affaires de Pacifica, notre compagnie d'assurances dommages, qui comptent 8,5 millions de contrats, a d'ailleurs progressé de 17% au premier trimestre, 9% à périmètre constant. Nous avons enregistré de bonnes performances en auto, avec une hausse de 26% sur un marché en progression de 5%, et en MRH, avec une hausse de 25% sur un marché à + 7%.

 

Comment avez-vous réussi à obtenir ces résultats ?

En IARD, nous veillons à ce que nos tarifs soient toujours en deçà des niveaux du marché. L'an dernier, Pacifica a limité ses augmentations entre 2 et 4% seulement. Cette performance résulte de notre recherche permanente de réduction des coûts. C'est cette quête qui nous a conduits, par exemple, à rejoindre Kareo. En effet, ce GIE, auquel adhèrent également Aviva France, Generali France, Sogessur et Thélem assurances, vise à mutualiser les prestations auprès des réparateurs d'automobiles.

 

Face à cette stratégie de « mass market », pourquoi avoir acquis Axéria vie et April patrimoine en décembre 2010 ?

Récemment rebaptisés Spirica et LifeSide patrimoine, ces deux compagnies sont positionnées sur le marché de niche des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) et des courtiers vie. Avec une collecte de 402 M€ en 2010, Spirica pèse peu, comparé aux 20 Md€ de collecte enregistrée l'an passé par les caisses régionales et LCL. Il n'empêche, même si les bancassureurs, dont nous sommes le premier acteur, réalisent 62% de la collecte de l'assurance vie en France, nous ne devons pas ignorer les 38% restants. Il nous est apparu important de comprendre cette clientèle qui préfère aller voir un CGPI ou un courtier, plutôt que de pousser la porte d'une agence bancaire. Spirica et LifeSide patrimoine constituent un véritable laboratoire en matière d'innovation, qui a vocation à trouver sa rentabilité et son développement.

 

Souhaitez-vous renforcer votre présence en Italie ?

L'Italie constitue notre deuxième marché. Nous attendons une accélération de nos activités là-bas, notamment en assurance vie, grâce, en partie, à l'accroissement récent de la taille du réseau bancaire du groupe. En revanche, nous ne cherchons pas à prendre le contrôle d'un assureur local.

 

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